Daho L'homme qui chante de David Chauvel (Scénario), Alfred (Dessin)

Daho L'homme qui chante de David Chauvel (Scénario), Alfred (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Divers

Critiqué par Blue Boy, le 17 décembre 2015 (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 3 étoiles (51 439ème position).
Visites : 2 603 

Daho in Soho

Pendant trois ans, Alfred et Chauvel ont suivi Etienne Daho, de l’écriture de son album « Les chansons de l’innocence retrouvée » jusqu’à la tournée Diskönoir. Dans ce livre aux couleurs fauves, ils ont retranscrit de façon poétique l’univers de l’artiste et ses confidences sur la création, tout en y insérant les interviews de ses collaborateurs.

La BD elle-même est un très bel objet – avec embossage du profil de l’artiste, design sobre vaguement art nouveau – exquise invitation à pénétrer l’univers soft et épuré d’Etienne Daho. Cet « homme qui chante » est, comme on le découvre à travers ce reportage empreint de poésie, un artiste complet sous son apparente timidité, avec un souci du détail et du travail bien fait. Alfred au dessin et Chauvel à la plume ont suivi sur trois ans le making of de son dernier album jusqu’à la tournée qui s’en est suivie. Le livre s’ouvre sur des images de Londres, la ville fétiche qui coïncide parfaitement avec l’univers pop de Daho et où celui-ci aime à séjourner pour y puiser son inspiration. La suite, souvent ponctuée par la voix off du chanteur, alterne entre interviews des professionnels qui ont œuvré sur les chansons, séances de travail et d’enregistrement jusqu’à la tournée ponctuant la sortie de l’album, et les balades nostalgiques au cœur du Swinging London, le tout relié par le trait diaphane et les teintes discrètement chamarrées d’Alfred.

Une fois encore, l’auteur de « Come Prima » s’essaie à un style différent, révélant toute son empathie et sa capacité d’adaptation à un univers autre que le sien. On ressent le regard bienveillant qu’il a posé sur le dandy pop, personnage attachant, fragile et volontaire, tout au long des trois années qu’a duré le reportage. On ne manquera aussi pas de souligner la façon très originale avec laquelle il a représenté les sons des différents instruments. Son compère scénariste Chauvel a quant à lui conçu une narration légère et fluide, avec un bon équilibre entre les textes et les images, là où l’ouvrage aurait pu s’avérer fastidieux sous la conduite d’un autre.

On n’est donc pas obligé d’être fan d’Etienne Daho pour apprécier ce livre. Moi-même sceptique au départ car auditeur irrégulier bien que goûtant certains de ses tubes, j’ai fini par tomber sous le charme. Et en traversant ces pages, on comprend mieux pourquoi le « jeune premier en sweat marin » des années 80 a fini par obtenir la reconnaissance de ses pairs, et pourquoi sa carrière a connu une telle longévité. A la fois modeste et lucide, bourreau de travail, fonctionnant à l’intuition comme il le dit lui-même, vivant la musique comme un sacerdoce… autant de qualités qui ont fait de lui le leader de la pop à la française et plus généralement un incontournable du paysage musical de l’Hexagone.

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Trop lécheur

2 étoiles

Critique de Antihuman (Paris, Inscrit le 5 octobre 2011, 39 ans) - 6 février 2016

Rédigé sur le mode "sympa-je-suis-ton-copain" cet ouvrage se veut résumer la carrière de ce dandy en toc qu'est Daho, idole des années 80 et aujourd'hui reclus has-been à la pop faiblarde et chouchou des Inrockuptibles, ce canard trendy pour vieux-jeunes...

D'abord les images pastel empêchent toute émotion forte et aussi, bien qu'on puisse célébrer le talent d'un type qui a eu son temps, c'est de toute façon typiquement franchouillard d'idolâtrer des gens de ce genre (comme Renaud, le quasi-clodo qui ne boit pas que de l'eau) et de favoriser le copinage; au lieu de s'intéresser à des têtes inconnues, plus jeunes, plus flamboyantes, et peut-être plus audacieuses.

D'autant plus dommage que Daho, avant de sombrer dans le nombrilisme bêta parisien, a parfois écrit de vraies bonnes chansons qui pourraient donner des leçons à ce rock anglo-saxon qui est souvent toujours le même (sans même parler du rap débile aux paroles rebelles de retardés mentaux qui tourne sur la FM.) Mais était-ce la peine de préciser qu'il ch** vert ?

Non, de toute évidence, et par ailleurs ce roman graphique aurait été beaucoup plus valable en montrant la face cachée du music-business - chose qu'on ne voit nulle part dans cette bio.

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