La chute des princes de Robert Goolrick

La chute des princes de Robert Goolrick
(The Fall of Princes)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Sorcius, le 23 septembre 2014 (Bruxelles, Inscrite le 16 novembre 2000, 54 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 584ème position).
Visites : 4 203 

Du bonheur de livre un "vrai bon livre"

Les romans de Robert Goolrick possèdent un charme puissant auquel on a du mal à résister.

Après Féroces, roman auto-fiction bouleversant et Arrive un vagabond, terrible histoire d’amour, la Chute des princes nous emmène dans l’univers impitoyable de Wall Street.

C’est un roman sur la décadence, l’illusion de l’argent, l’ivresse du pouvoir, les mœurs dissolues.
La Chute des princes est un cri désespéré sur la vacuité de notre monde moderne, mais n’est pas désespérant pour autant. Il nous laisse entrevoir cette petite lueur d’espoir qui redonne à la vie tout son attrait, avec un prime un énorme clin d’œil sur le pouvoir cathartique de la littérature.
Certainement un des plus grands auteurs américains du moment.

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Superbe !

10 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 64 ans) - 18 juin 2023

Les USA découvrent avec horreur au début des années 1980 une maladie qu'on assimile à la peste... le SIDA.
Voici donc l'histoire d'un jeune trader pris dans une vie tourbillonnante. Le matin une limousine vient le chercher. Il est rasé de près, vêtu avec élégance et une journée à l'allure d'un long sprint commence. A dix heures du matin, la chemise sort du pantalon, la cravate est dénouée, les téléphones sonnent de partout. Et ce rythme dure jusqu'au soir.
Puis la nuit commence dans une orgie d'alcool, de sexe, et de cocaïne.
A quatre heures du mat, on rentre chez soi pour dormir une heure... et tout recommence.
L'argent coule à flots, tout est facile, tout lui réussit et il semble que tout pourrait continuer indéfiniment.
Mais cette vie à cent à l'heure peut-elle durer ? Tout est dans le titre et Robert Goolrick (le magicien qui écrivit QUAND ARRIVE LE VAGABOND) réussit à cerner la situation avec brio.
Voici notre héros devenu banni. Il lui reste ses souvenirs et son amour inconditionnel pour celle qui était son épouse.

Un livre exceptionnel. Une perle !
A lire absolument

Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois. Contemplez mes œuvres, ô Puissants, et désespérez!

7 étoiles

Critique de Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 56 ans) - 7 août 2017

Au début de l’histoire nous sommes à New York dans les années 80. Le narrateur dont nous ne saurons jamais le nom, juste le surnom que lui a donné sa femme « Rooney », est un jeune trader, avide de gloire et de reconnaissance, bien que tout juste fraichement sorti de son école de commerce.

Il a les dents longues et arrive à se faire embaucher par « la firme ». Extrêmement doué dans le métier, il ne tarde pas à force de travail et d’acharnement à se faire une belle place au soleil. Commence alors pour lui une vie « d’argent facile », avec tout ce qui va avec. Luxe, costumes italien sur mesure, chaussures de marque, loft dernier style, fêtes incroyables, voyages dans les plus beaux hôtels, restaurants hors de prix, week-ends à Las Vegas, draps de soie, l’argent qui coule comme le champagne…

Mais aussi alcool, drogue, les femmes, les hommes, la crise financière, la peur du licenciement, le burn out, le Karõshi, les beuveries, les soirées alcoolisées, overdose, solitude, surmenage, suicides…
Et la peur du SIDA qui plane au-dessus de tout ce beau monde…

Sur un thème aujourd’hui devenu un «classique » mainte fois exploité, - en livres, films et même BD -, celui de la grandeur et de la décadence d’un tradeur dans le New York des années 80, M. Robert GOOLRICK nous livre une histoire (en partie autobiographique ?), d’excellente facture, facile à lire et qui se « dévore » en quelques heures.
Même si le livre est bien écrit, l’écriture fluide, rapide, nerveuse, n’a ici rien d’original et semble plutôt être au service de l’histoire.

C’est un à peu près le même thème que le roman «American Psycho» de M. Breat Easton ELLIS, (ici : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/508), la violence gratuite, les meurtres, le serial killer et surtout le côté « fanfaron » et abominable de BEE en moins. Ce serait toutefois plus le livre «Trader fou : Autobiographie» de M. Nick LEESON (ici : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/16381). Il ressemble aussi d’ailleurs à s’y méprendre au livre de M. Denis B. LEVINE «Wall Street - Les Confessions d'un golden boy» (ici : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/17593) sur le même sujet et d’ailleurs avec plus ou moins la même fin… N’insistez toutefois pas, je ne vous la raconterai pas.!...

Le plus étrange c’est que tout le monde dit que cela sont des temps aujourd’hui révolus, et pourtant si l’on croit le livre de M. Jérôme KERVIEL (ici : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/23220) ce n’est pas du tout, du tout le cas!..

La chute des princes… le capitalisme sauvage est de retour

8 étoiles

Critique de Hcdahlem (, Inscrit le 9 novembre 2015, 65 ans) - 29 février 2016

Sexe, drogue et pas de rock-n-roll. Dans un style sans fioritures, le narrateur nous raconte comment il est devenu trader, subitement très riche et comment il a, tout aussi subitement, tout perdu. Entre «Wall Street» et «Le Bûcher des vanités», Robert Goolrick ajoute sa pierre à l’édification des «gens normaux», de ceux qui ne dépensent pas plusieurs milliers de dollars lors d’un repas avec des amis, qui conçoivent très bien que l’on peut s’amuser sans une ligne de coke et qu’une soirée peut se terminer agréablement sans avoir recours à l’amour tarifé.
J’imagine ici les cris d’orfraie de ceux qui pensent qu’une accumulation de clichés ne font pas un bon roman. Sauf que la réalité a ici dépassé la fiction et que l’auteur a pris bien soin de raconter l’histoire de manière très factuelle, sans vouloir ni jugement, ni considération morale. C’est ce qui le rend si terrifiant: un peu comme dans une spirale infernale, il n’y a guère moyen d’échapper à cette existence. Le jour où, après une partie de poker avec le patron, on signe son contrat, il faut se plier aux règles non écrites de la corporation: littéralement se tuer au travail pour gagner de plus en plus d’argent et ensuite se tuer dans les compensations pour dépenser de plus en plus d’argent. Le libéralisme dans tous ses excès peut faire rêver…
En refermant ce livre, on se dit qu’il tient avant tout du cauchemar. Un cauchemar aussi inéluctable que la fin promise à ses collègues flambeurs qui ont contracté le Sida. Osons du reste le parallèlle avec la crise financière. On n’ose pas imaginer que devant un tel carnage, le monde va rester les bras ballants. Mais après les belles déclarations d’intention, force est de constater que rien n’a vraiment changé. Un roman salutaire à mettre entre les mains des forcenés du capitalisme.
http://urlz.fr/39Tf

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