Une folle passion de Angela Huth

Une folle passion de Angela Huth
( Wanting)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Féline, le 29 mai 2003 (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 46 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (27 068ème position).
Visites : 5 637  (depuis Novembre 2007)

Chassé-croisé de coeurs déçus

Angela Huth surprend avec ce roman qui se différencie des autres livres que j'ai lu. La tendresse et la fraîcheur de "L'invitation à la vie conjugale" et "Les filles de Hollow Farm" cèdent la place à des passions plus virulentes. La romancière livre un récit où la violence des sentiments amoureux domine et conduit à des obsessions proches de la folie. Le lecteur retrouvera malgré tout la verve d'Angela Huth, notamment par une fin digne de ses autres romans, quoique teintée d'une pointe de désenchantement.
Bien que le talent d'Angela Huth soit toujours évident et que j'ai passé un très agréable moment à la lecture d' "Une folle passion", j'ai été déçue. Elle écrit toujours avec cet humour légèrement ironique mais la première partie m'a donné l'impression de lire un roman sentimental (de bonne qualité quand même) et la seconde partie sombre vaguement dans le thriller.
L'histoire centrale tourne autour de l'amour non partagé qu'éprouve Harry à l'égard de Viola, une jeune anglaise. Cette passion tourne rapidement à l'obsession et conduit Harry à commettre des actes complètement inconsidérés. Au-delà de l'intrigue, l'intérêt majeur du roman consiste en une étude psychologique des personnages, et particulièrement des tourments causés par des amours déçues.
Le personnage d'Harry est particulièrement intéressant à ce niveau. Cetainement un des personnages les plus détestables imaginés par la romancière britannique. Metteur en scène, Harry est un homme d'une quarantaine d'années doté d'un physique des plus disgracieux mais que sa relative célébrité fait oublier auprès des femmes. Lors de sa rencontre avec Viola, il ressent pour la première fois de sa vie un émoi amoureux de cette envergure et ne peut s'empêcher de penser à la jeune femme. Celle-ci, naïve et innocente, le repousse. Harry se persuade alors que les présents les plus extravagants feront succomber Viola et il ne doute pas un instant qu'ils finiront leurs jours ensemble. Il lui envoie des roses par centaines, lui offre des diamants mais ses efforts demeurent vains. Décontenancé, il alterne desespoir et aggressivité et adopte des comportements de plus en plus en manaçants à l'égard de la jeune femme. Harry représente un homme que l'amour a précipité dans la démence et dont les raisonnements sont complétement irrationnels et inadaptés à la réalité. Il se réfugie sans cesse dans la nourriture, seul chose capable d'apaiser provisoirement ses émotions. Par opposition, Viola incarne la normalité, la rationnalité et la fraîcheur. Amoureuse de Richard depuis son adolescente, elle souffre aussi d'un amour déçu mais partagé. En effet, suite à une erreur de jeunesse, le jeune homme a été contraint de se marier. Au fur et à mesure du roman, la jeune femme équilibrée devient une victime. Pourchassée sans moyen de fuir par un amoureux transi, elle s'effraye devant ses intrusions répétées dans son intimité.
Comme à son habitude Angela Huth offre une galerie de personnages, certains attachants, certains pathétiques et d'autres ignobles. Mon préféré fut sans conteste Alfred, le plus "Huthien" des personnages de ce roman. Veuf depuis peu, il se fait engager par Viola pour tenir l'intendance de la vieille demeure familiale, bercée par le vent et la mer. Ce petit vieux est terriblement attachant. Souffrant de la solitude, il est harcelé par la vision de sa défunte femme et par le rire de ses "filles", mannequins d'étalage qui avaient remplacés les enfants que Eileen et lui n'avaient pu avoir. Déchiré, il avait du s'en séparer à la mort de sa femme, lorsqu'il avait vendu leur mercerie. Les passages qui le concernent sont pour moi les plus réussis. C'est pourquoi, je mets 3,5 étoiles au lieu de 3.

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Entre tendresse et cruauté

8 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 15 août 2008

Inconditionnelle des romans de Angela Huth, je ne partage pas les réserves formulées dans les deux critiques précédentes .

J’ai surtout apprécié ici la manière dont l’auteur introduit successivement chaque personnage dans les premiers chapitres, en les présentant dans un lieu de vie nourri de leur passé, et comment elle installe tranquillement leur rencontre .
Elle brosse avec humour et gravité un portrait de groupe aux personnalités riches et distinctes, d’où émergent les figures de la victime et du bourreau .
L’une des mérites du roman est de donner vie aux lieux d’habitation, et , en mêlant morts et vivants, de ressusciter les fantômes du passé de certains personnages .

Un roman auquel j’ai trouvé beaucoup de charme et d’élégance en dépit de la présence de Harry, sorte de monstre repoussant

Pour les personnages

7 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 69 ans) - 8 décembre 2005

Je viens de terminer ce roman d'Angela Huth et je ne suis pas déçue mais pas emballée non plus. C'est le troisième livre que je lis de cette auteure dont j'apprécie l'écriture sensible qui dépeint d'une façon très juste l'âme humaine et ses petits travers mais aussi ses grandes passions.

La force du roman réside dans ses personnages. Deux ressortent plus que les autres : Harry Antlers, le metteur en scène véreux et Alfred Baxter, un veuf casanier qui a des visions de sa femme défunte Eilenn. À l'instar de Féline, c'est le personnage d'Alfred qui a ma préférence. J'aime la façon dont Angela Huth a décrit ses petites manies et ses angoisses de vieil homme seul, au prise avec des journées interminables à combler. J'aurais aimé qu'il soit plus développé car il possède une richesse de sentiments et les regards qu'il porte sur la vie et son passé sont touchants. Par contre, le personnage de Harry est à la limite de la caricature. Il est grotesque, minable, d'une laideur repoussante, sans âme, manipulateur et violent. Il aime le clinquant et les belles filles dont il se sert pour assouvir ses désirs immodérés. Il se console dans la nourriture et ses nombreuses visites au restaurant le condamne à l'embonpoint, le rendant encore plus repoussant. C'est un malade mental qui s'ignore. Il développe pour Viola une passion incontrôlable qui lui fera faire des actes insensés, la poursuivant sans relâche de son amour dont elle n'a que faire. Sa jalousie et son orgueuil démesurés le conduiront au bord du gouffre dont il se sortira de justesse par la manipulation et le mensonge. Certains passages le mettant en scène sont assez violents dont celui avec sa logeuse et aussi quand il blesse Viola et saccage son salon.

Pour l'action, j'ai trouvé que des passages sont assez répétitifs comme ceux où Harry se console dans la nourriture. L'intérêt du roman n'est pas dans l'histoire mais bien dans les personnages et leur caractère bien particulier. On reconnaît bien là le style d'Angela Huth. Enfin, je préfère ses autres livres à celui-ci et surtout "Tendres silences" qui est un petit chef d'oeuvre de finesse et de sensibilité.

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