Noblesse déchirée, Tome 1 : Parfum de courtisane de Jennifer Ahern

Noblesse déchirée, Tome 1 : Parfum de courtisane de Jennifer Ahern

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Libris québécis, le 4 janvier 2013 (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 82 ans)
La note : 6 étoiles
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La Cour de Louis X1V

Grâce à ses jambes légères, Marguerite de Collibret assure la libération de son père de la Bastille, où il est emprisonné pour avoir été un fidèle agent de Fouquet, accusé d’avoir dilapidé l’argent de l’État. Louis X1V n’attend pas à rire quand ses coffres se dégarnissent.

Mœurs légères que reflètent les salons, où les péripatéticiennes de l’époque sont désignées sous le nom de courtisanes. Quelle élégance terminologique pour indiquer un bordel réservé aux nobles ! Marguerite profite de ce passage obligé pour découvrir le responsable des malheurs de son père. Un jour où l’autre, elle sait qu’elle réussira à mettre le grappin sur le beau Xavier, un noble filou de la pire espèce, avec qui elle troque son corps pour la Cour de Louis X1V.

Le roman baigne dans un univers de somptuosité et de luxure. L’auteure trentenaire souligne bien le caractère nobiliaire des fréquentations de ses personnages, qui vivent, en plus, à l’époque de la préciosité, que Molière ridiculise dans une pièce coiffée justement du titre de Précieuses ridicules. Femmes qui se doivent de l’être devant des hommes en quête de partenaires cultivées pour leur servir de faire valoir aux yeux des envieux. Mens bella in corpore bello aurait pu être leur devise. Ça n’a rien d’olympique, mais il faut tout de même que la courtisane soit une experte de l’alcôve. Faute d’érotisme, les performances sexuelles, empreintes souvent de sadisme, deviennent les conditions sine qua non pour satisfaire les beaux pourpoints et les beaux justaucorps. Le roman navigue davantage dans des eaux libidineuses que dans celles de la corruption administrative. Comme l’indique le titre de l’œuvre, ce sont surtout les hétaïres qui retiennent l’attention, reléguant ainsi l’administration des avoirs du royaume derrière les courbettes courtisanes.

En fait, le roman est un feuilleton plutôt mièvre, qui étale, en faisant du coq à l’âne, la vie des commettants anoblis. C’est un monde fermé, qui déborde, en de rares occasions, sur les insatisfactions populaires à travers des personnages tels que le « vieux » Jean de La Fontaine. C’est un peu jeune pour lui accoler l’étiquette de l’âge d’or à 40 ans. Il en est de même du salon de Ninon de Lenclos, qui a ouvert ses portes en 1667, alors que l’héroïne s’y retrouve dès 1661. Accrocs historiques excusables, mais, tout de même, la fiction s’accommode bien de la rigueur.

Ce projet ambitieux d’écriture souffre d’un manque de maîtrise de l’art romanesque. La plume, déjà alourdie par un abus de la caractérisation, s’embarrasse en plus du soin de restituer la manière d’écrire de l’époque, qui se transforme rapidement en une iconographie d’expressions vieillottes. Mieux vaut lire La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, qui abordait, en 1678, une thématique proche de celle de Jennifer Ahern, avec un verbe simple et captivant.

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