L'homme qui aimait les îles de David Herbert Lawrence

L'homme qui aimait les îles de David Herbert Lawrence
(The man who loved islands)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par CC.RIDER, le 28 octobre 2012 (Inscrit le 31 octobre 2005, 64 ans)
La note : 10 étoiles
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Un petit chef d'oeuvre

Un homme assez riche possédait plusieurs îles qu'on suppose situées au large de l'Ecosse. Il commence par s'établir sur la plus grande. Il y dépense beaucoup d'argent pour améliorer les condition de vie des habitants. Mais quand il s'aperçoit qu'en retour il ne reçoit pas grand chose et qu'au rythme où vont les choses, il risque d'y laisser toute sa fortune, il la revend et part s'établir sur une plus petite, dans une maison plus modeste et avec le minimum de serviteurs. Il y écrit un livre de botanique, couche avec une jeune servante sans ressentir ni amour ni attirance. Quand elle lui apprend qu'elle attend un enfant, il prend la décision de s'enfuir à nouveau pour aller s'installer complètement seul sur une île encore plus petite. Y trouvera-t-il le bonheur et l'apaisement qu'il n'a pas pu trouver dans les deux premières ?
Ce texte assez court (65 pages) est une des dernières nouvelles écrites par D.H.Lawrence, écrivain connu surtout pour son chef d'oeuvre « L'amant de Lady Chatterley ». Il relève de la fable, du conte philosophique et même de la parabole un tantinet nihiliste. Que veut nous dire Lawrence avec cet histoire d'homme qui change trois fois de cadre de vie ? Veut-il nous faire partager sa vision pessimiste de la société, l'idée selon laquelle les rapports humains sont faussés par l'intérêt l'hypocrisie et l'envie et l'amour lui-même n'est qu'un leurre, une pitoyable illusion ? Sans doute. Mais il nous semble qu'il faut aller au-delà de cette figure d'égocentrique doublé de misanthrope qui finit quasi paranoïaque fuyant la moindre présence animale et humaine pour considérer que chacune des îles correspond à une phase, à une étape de l'existence humaine. Première île : c'est celle de la socialisation, des contacts humains, de l'idéalisme, de l'activisme et d'une certaine forme d'expansion.. Le temps de la jeunesse Deuxième île : c'est celui de la réalisation, de l'accomplissement, de la matérialisation des possibles. L'homme écrit un livre et fait un enfant. Le lecteur pensera immanquablement au fameux proverbe arabe : « Plante un arbre, écris un livre et fais un fils et tu auras réussi ta vie » (sans l'idée de réussite bien sûr). L'âge adulte Troisième île : L'homme déçu de tout se replie sur lui-même, semble ne plus rien attendre de la vie et n'a plus envie de réaliser quoique ce soit. Il en est arrivé au stade de la contemplation, du renoncement, de la vieillesse et de la mort. Vue sous l'angle symbolique, cette nouvelle est un petit chef d'oeuvre même si l'on n'approuve pas le pessimisme noir qui l'inspire.

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