La Femme du métro de Ménīs Koumantaréas

La Femme du métro de Ménīs Koumantaréas
(Ἡ κυρία Κούλα : [διήγημα])

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par CC.RIDER, le 12 mai 2012 (Inscrit le 31 octobre 2005, 66 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 406ème position).
Visites : 3 861 

Une histoire simple...

Koula est une athénienne de quarante ans. Elle a un mari, deux filles, une maison en banlieue et elle exerce un bon métier, comptable à la perception. Mimis a vingt ans. Il est étudiant en architecture et tous les soirs il prend le métro pour rentrer chez lui quelques stations avant celle de Koula. Un soir, à force de se rencontrer, ils finissent par se parler d'abord de choses futiles puis de plus sérieuses. Il lui propose de poursuivre leur conversation dans une taverne, puis dans sa garçonnière. Koula acceptera-t-elle ? Iront-ils plus loin si affinités ? Quel peut être l'avenir d'une liaison entre deux êtres ayant une aussi importante différence d'âge.
Ce très court roman (70 pages) raconte avec une minutie d'orfèvre une rencontre éphémère entre deux êtres que le simple hasard rapproche un moment. Un étudiant qui n'aime pas trop les filles de son âge et préfère les femmes mures et une femme délaissée par son mari et qui veut se prouver qu'elle peut encore plaire. Son personnage est certainement le mieux décrit et le plus attachant. En quelques pages et descriptions subtiles, l'auteur arrive à faire vivre une époque (les années 70 avec la libération de la sexualité), une ambiance (la vie quotidienne des gens ordinaires dans toute sa grise monotonie) et un lieu (le métro d'Athènes). Il aborde le thème de l'amour, de la jeunesse, du bonheur et de la hantise du déclin et du vieillissement. Un livre très bien écrit et qui donne à réfléchir malgré une intrigue d'une simplicité biblique et une thématique mille fois abordée dans bien des romans d'amour.

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brève rencontre

9 étoiles

Critique de Cyclo (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 78 ans) - 28 mai 2013

On a affaire ici à l'improbable rencontre (mais "il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous", disait Éluard), dans un métro, entre un étudiant à la jeunesse insolente et une femme mariée, respectable, et qui a le double de son âge. Alors, amour impossible ? Koùla, l'héroïne, est mariée (mal), a deux grandes filles de dix et treize ans, et traîne une mélancolie, accentuée sans doute par la routine de sa vie de famille et de son travail de comptable aux impôts, dont elle pourrait pourtant se passer, son mari gagnant très bien sa vie. Oh, un jour, elle avait bien pensé à divorcer, mais l'ami avocat, qu'elle avait consulté, lui avait rétorqué : "Allez, Koùla, ne joue pas les oies blanches, personne n'aime son mari ou sa femme suffisamment, ce n'est qu'une affaire d'habitude, adapte-toi ; c'est ça le bonheur, bécasse, tu ne comprends, tu ne l'as pas encore appris ?"
Chaque jour donc, pour aller au travail, elle s'installe dans le métro, toujours à la même place, dans la même rame, et c'est comme ça qu'un jour, elle se trouve en face du jeune Mìmis, un bel étudiant charmeur. Elle n'imagine même pas que quelque chose puisse arriver. Ils mettent plusieurs semaines à s'observer, puis à se parler : "Presque rien au début : « Bonjour », « Bonne soirée », puis ils se lancèrent dans des petites phrases, du genre « Ça se rafraîchit », Beaucoup de monde aujourd'hui »." Cependant, même si elle sait l'issue incertaine, Koùla se laisse séduire, accepte d'être tutoyée, d'aller boire un verre, puis de manger dans un boui-boui où il l'entraîne, et enfin dans sa garçonnière en sous-sol. Elle dépasse les conventions de la différence d'âge et de la peur de l'adultère (après tout, son mari qui ne la touche plus depuis des années, n'a-t-il pas des liaisons ?). Malgré sa brièveté, le texte est lent (on doit le savourer avec la même lenteur), comme si pour Koùla, le temps s'était arrêté. "La Femme du métro" dresse un magnifique portrait de femme. Tout est vu de son point de vue, elle sait qu'il n'y a pas d'avenir dans cette liaison, mais ça ne fait rien, elle accepte et assume la fragilité d'une aventure qui sera brève. Et c'est elle qui décide d'arrêter : "Elle avait toujours été ferme comme un roc dans ses décisions."
L'écriture (traduction excellente de Michel Volkovitch) est fluide et rend bien les fluctuations des sentiments de Koùla qui s'émancipe, tout en n'étant pas le jouet de cette passion, ni des circonstances qui l'y ont menée. Au fond, elle devient une femme libre : "On ne naît pas libre, on le devient" (Alexandre Jollien).

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