La vie triée de Christophe Spielberger

La vie triée de Christophe Spielberger

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Lucien, le 2 octobre 2002 (Inscrit le 13 mars 2001, 66 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (38 521ème position).
Visites : 3 083  (depuis Novembre 2007)

Pas une virgule à enlever...

C'est fou ce qu'on trouve chez Gibert jeune, place Saint-Michel. Tiens, récemment, je tombe sur un petit livre jaune. Pas la couverture, les pages. Safran, soufré. Les pensées d'un vieux chef d'Etat hépatique ? Non, «La vie triée» de Christophe Spielberger. Achevé d’imprimer le 6 août 2002, prix affiché 14 euros. Prix Gibert : 4 euros. Une aubaine. Je feuillette : l’exemplaire est dédicacé. A qui ? Je vous le donne en mille : Frédéric Beigbeder ! Juste à côté, un roman jaune (la couverture, cette fois & Grasset & d’un autre Christophe, «pour Frédéric» – sans doute le même). Flash-back 1 : ce cher Beigbeder fourguant chez Gibert des piles d'hommages non lus. Flash-back 2 : des foules d'auteurs émus dédicaçant leur prose au grand Frédéric…
Fin du flash-back. Ce petit livre jaune se présente comme un abécédaire : de «A bas les défilés» à «Zut un voyageur va passer sur les rails». Une rafale de phrases sans chichis, sans virgules.Une collection de propositions classées, triées comme la vie dans laquelle Spielberger tente de se retrouver, tantôt Thésée, tantôt rat dans un labyrinthe. Une théorie d’aphorismes cyniques où surnagent les pièces de puzzle d’une autobiographie : «ma femme», «la conne», «le directeur», «la secrétaire», «le con» , «ma sÏur», «ma mère»… «Le con n'ose pas se suicider de peur que l'on découvre que c'est lui l'assassin.» «Ma mère est une pipelette.» «Ma femme reste mon besoin préféré.»
Une vie mode d’emploi, en quelque sorte. Pas La vie, Une vie. Celle de Spielberger. Encore que. Comme toute littérature, celle de Spielberger nous tend souvent un miroir. Ce miroir qu'on promène le long d’une petite route. La si petite route de notre si petite vie : «Attention vivre provoque des maladies graves.» «Certains sont effrayés à l’idée d'avoir une idée.» «Ecrire un roman c'est pétrir de la glaise en terre inconnue.» «Je me suis fait vacciner contre la connerie mais il faut sans cesse faire des rappels.» «L'homme est une larve au cerveau surexcité.» «La littérature contemporaine est rassurante comme un bonnet d'âne.» «Les croyants pratiquent la foi du moindre effort.» «Nul homme n’est capable de déterminer l’instant précis où il a vécu plus de jours qu'il ne lui en reste à vivre.» «Si l’amour existait plus personne ne lirait de romans.»
C’est chez Nicolas Philippe, dans la collection «la Marelle», sous la belle houlette de Julio Cortázar : «Alors que très peu de joueurs ont eu le temps d’apprendre à porter le caillou jusqu’au Ciel, l'enfance s'achève brusquement et l'on tombe dans les romans, dans l’angoisse pour des prunes, dans la spéculation d’un autre Ciel où il faut aussi apprendre à arriver.»

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www.spielberger.net

7 étoiles

Critique de Lucien (, Inscrit le 13 mars 2001, 66 ans) - 4 octobre 2002

Si vous voulez en savoir plus sur ce jeune auteur, allez donc faire un tour sur son site. Un petit aperçu? Cet extrait du "Manifeste contre le roman d'élevage" : "1. Contre les histoires dont on devine la fin au bout de vingt pages. 2. Contre l'autobiographie déguisée, dont on a le culot d'essayer de faire un genre sous le terme décourageant d'«autofiction». 3. Contre le réalisme racoleur, où des personnages insipides nous font croire que leur existence présente un intérêt. 4. Contre l'érudition historique, à travers laquelle des premiers de la classe tentent de pallier leur manque d'imagination. 5. Contre le copier-coller, où l'on confond «avoir du style» et «posséder un ordinateur». 6. Contre le confort éditorial, où l'usage veut que l'on se conforme à la «couleur maison». Poser l'imagination c'est remettre l'exigence au coeur du roman, quitte à en publier moins et reconnaître enfin qu'écrire est une affaire rare."
En visitant le site de Christophe Spielberger, vous lui rendrez la politesse. Il vient en effet de découvrir "critiqueslibres", dont il dit : "de loin le plus fourni et le plus convivial que j'ai découvert jusqu'ici sur Internet."

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