De grandes espérances de Charles Dickens

De grandes espérances de Charles Dickens
(Great Expectations)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Nelle, le 19 septembre 2002 (Bonne, Inscrite le 9 janvier 2001, 47 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (912ème position).
Visites : 9 064  (depuis Novembre 2007)

un jour je serai riche

Le jeune Pip est orphelin et vit dans le Kent où il a été élevé "à la main" par sa "furie barde" de soeur.
Joe, le mari de celle-ci et Pip sont très proches et solidaires face à Mrs Joe qui prend l'un et l'autre comme des souffre-douleurs lors de ses fréquentes sautes d'humeur.
Pip est pauvre et son avenir est tout tracé, il sera forgeron, avec Joe.
Mais deux rencontres vont marquer sa vie : la première, celle d'un forçat évadé qu'il va rencontrer dans les marais et à qui il va rendre service, non sans remords. La seconde celle de la belle Estella, jeune fille riche qui va servir d'arme à sa mère adoptive, Miss Havisham, pour se venger de la gent masculine.
Et Pip va bientôt avoir de "Grandes espérances" grâce à un bienfaiteur anonyme qui va lui léguer une grosse fortune et lui permettre ainsi de s'extraire de la pauvreté, de l'ignorance. Dès lors, Pip va vivre à Londres, snober Joe et s'éloigner de son ancienne vie pour devenir un Gentleman et peut-être réussir à conquérir le coeur d'Estella.
Pip à la fois narrateur et personnage principal passe dans le roman de l'enfance à l'âge adulte, il va découvrir par lui même que parfois on possède un trésor sans s'en rendre compte, et qu'il faut s'en éloigner pour comprendre combien il est précieux.
La première partie du roman est brillante, comment ne pas sourire de Joe avec sa façon d'écorcher les mots, comment ne pas apprécier la description imagée et comique que fait Pip de cette soeur revêche qu'il ne comprend pas ?
Comment ne pas comprendre les peurs de cet enfant qui ne sait plus distinguer le bien du mal ?
Et lorsque Pip quitte sa "famille" pour se rendre à Londres et essayer de réaliser ses ambitions, le ton change, comme Pip, et j'ai un peu moins apprécié cette partie.
Malgré tout, un bon roman classique, que je recommande, ne serait-ce que pour que Joe vous apprenne de nouveaux mots !

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Agréable

8 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 63 ans) - 25 janvier 2023

LES GRANDES ESPERANCES de Charles Dickens "HACHETTE 1864 - traduit de l'anglais sous le titre Great Expectations 1862" 741.- pages


L'histoire commence vers 1812,comme la prime enfance de Dickens passée dans le même comté rural du Kent, pour se terminer vers 1846. D'emblée, le lecteur est « régalé » par la terrifiante rencontre entre le héros et le forçat évadé Abel Magwitch.
A noter qu'il s'agit du second roman où l'auteur emploie la première personne du singulier
Les Grandes Espérances présente une panoplie de personnages hauts en couleur, qui sont restés dans la conscience populaire : l'implacable Miss Havisham et Estelle à la beauté glacée ; Joe le forgeron tout de raison et de bonté ; l'oncle Pumblechook, à la fois débonnaire et desséché ; la figure coupante de l'avoué Jaggers ; celle, à deux facettes, de son double opposé Wemmick ; l'ami disert et sage Herbert Pocket.

La critique de l'époque ne fut pas tendre avec ce roman. Le principe du "pauvre orphelin qui veut sortir de sa condition" avait quelque chose de dérangeant pour l'ordre des choses dans cette Angleterre de tradition et d'usage.
Dickens, lui, avait l'impression d'avoir pondu son plus bel œuf et l'avenir lui donna raison car le roman fut traduit dans de nombreux pays.

Relire deux siècles plus tard cette œuvre a tout son intérêt malgré la longueur du texte. Une belle expérience.

Dés pipés

8 étoiles

Critique de Elko (Niort, Inscrit le 23 mars 2010, 46 ans) - 30 mai 2021

Mon premier Dickens. Je m’attendais à un auteur austère décrivant un univers misérabiliste. Et j’ai eu la surprise de le trouver drôle et émouvant. Sa galerie de personnages est savoureuse et l’histoire se lit comme le feuilleton qu’elle est, avec ses rebondissements et ses cliffhangers. Si le cadre et les dénouements restent très réalistes, les rapports entre les personnages, les coïncidences de leurs croisements sont plus difficiles à accréditer même s’ils apportent toutes les réponses nécessaires au lecteur.
Le thème de l’ascension d’un enfant pauvre dans la société anglaise du XIXème siècle, le charme daté de l’écriture, les mystères et les intrigues à tiroirs, tous ces éléments concourent à un très bon moment de lecture.

Dickens ce magicien !

10 étoiles

Critique de JEANLEBLEU (Orange, Inscrit le 6 mars 2005, 54 ans) - 29 novembre 2014

La magie de Dickens, c'est avant tout son style humoristique et ses personnages (presque) tous (plus ou moins) déjantés !
Ce style permet à Dickens de raconter des histoires graves et profondes sans aucune lourdeur. On est happé dans ses romans dans lesquels on aime à se délecter, recoin par recoin, à la rencontre des nombreux personnages et des multiples sous-histoires.
Ce roman raconte le passage de l'enfance à l'adolescence et de l'adolescence à la maturité du narrateur (Pip).
Pip a une enfance modeste et pas très heureuse (orphelin élevé par sa soeur qui est dure avec lui) soutenue, quand même, par l'amour du mari de sa soeur (Joe), lui-même en proie au vexations de sa femme et à l'indifférence du reste de la famille.
Un concours de circonstances va amener Pip à partir pour Londres grâce à la générosité d'un donateur inconnu et mystérieux. Là-bas il va se hausser dans la société et tenter ainsi de conquérir Estella dont il est amoureux depuis l'adolescence (et qui n'a elle que du mépris pour lui).
A Londres Pip va mûrir, à la suite de nombreuses aventures et épreuves, et comprendre ce qui est réellement important pour lui...
Au-delà de son style évoqué en début de cette critique, ce roman réussit l'exploit de tenir à la fois du roman social, du roman d'aventures et du roman intime.
Dickens est vraiment un grand auteur à (re)découvrir !

Devenir gentleman : mode d’emploi

10 étoiles

Critique de Pierrequiroule (Paris, Inscrite le 13 avril 2006, 42 ans) - 2 mai 2013

L’existence de Pip, petit orphelin élevé par sa mégère de sœur, semble toute tracée : il est voué à devenir forgeron comme son beau-frère, dans un village misérable cerné de marécages. Mais une série de rencontres va bouleverser le destin de l’enfant. Il y a d’abord ce forçat évadé à qui Pip vient en aide. Puis Miss Havisham, une lady qui vit recluse, l’emploie comme compagnon de jeu de sa fille adoptive. Dans ce manoir sinistre, Pip découvre l’amour sous les traits de la fière Estella. Face aux moqueries de la fillette, il ressent durement l’infériorité de sa condition et rêve de devenir gentleman. Or voilà qu’un mystérieux bienfaiteur lègue à Pip sa fortune, en même temps que de grandes espérances. Lancé dans la société londonienne, le jeune homme va renier ses origines au nom de l’amour et de l’ambition.

Ce chef d’œuvre de Dickens tient à la fois du roman d’apprentissage, de la critique sociale et du roman à mystères, ... le tout teinté d’humour! L’atmosphère, tantôt onirique, tantôt terrifiante, entraîne le lecteur des marais aux bas-fonds de Londres . La construction de ce roman est assez simple, moins foisonnante que celle d’un « David Copperfield » par exemple, ce qui rend la lecture aisée.

Certes, Dickens donne par certains aspects dans le roman populaire en vogue à l’époque : destins qui se croisent dans des circonstances extraordinaires, meurtre, figure du brigand repenti… Mais le personnage de Pip et les grandes questions soulevées par sa destinée en font un roman intemporel.

L'adaptation télévisée de la BBC (2011) offre un très beau visuel dans l'esprit de Dickens, et un casting tout aussi réussi (Gilian Anderson, David Suchet, Douglas Booth ...).

gentleman frimeur

10 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 74 ans) - 7 août 2011

Roman de la maturité d'un Dickens déjà célèbre, "Les grandes espérances " puise largement dans la propre histoire de l'auteur. Il raconte l'ascension d'un jeune homme, pauvre et passablement maltraité par une soeur aînée qui se targue l'avoir élevé "à la cuillère" à la mort de leurs parents. Dans la forge de Joe le forgeron, Pip (tel est le surnom du jeune garçon) se morfond et rêve à une vie meilleure. Ce jusqu'au jour où il apprend qu'il est porteur de "grandes espérances", sous la forme d'un protecteur anonyme qui souhaite faire sa fortune par l'intermédiaire d'un officier de justice chargé d'administrer ses "espérances" et faire de lui un "gentleman". Curieusement, dans l'Angleterre encore passablement féodale du milieu du dix-neuvième siècle, la notion de "gentleman" associe étroitement honorabilité et fortune, la première dérivant de la seconde comme chacun l'aura compris. Lorsque notre jeune homme va apprendre d'où vient sa bonne fortune, il va perdre brusquement ses illusions et devenir ce qu'il aurait dû être depuis longtemps: un homme, pourvu de toutes les qualités devant lui permettre de conquérir par ses propres moyens la fierté d'exister. Roman initiatique, "Les grandes espérances" contient une belle galerie de "grotesques" aux noms savoureux: Pumblechook, Mlle Havisham, Mr et Mme Pocket, Bentley Drummle, et bien d'autres. Le délicieux humour si caractéristique de Charles Dickens, cette façon de dire les pires incongruités avec le plus grand sérieux (qu'on appelle à tort "humour anglais") est présent à toutes les pages. Un agréable moment de lecture, et une belle leçon de vie...

jubilatoire !

10 étoiles

Critique de Madame Charlotte (Argelès sur mer, Inscrite le 30 octobre 2008, 46 ans) - 30 octobre 2008

C’est à chaque fois une véritable délectation que la lecture d’un Dickens, mais là, ce roman dépasse mes espérances. Pip nous raconte sa vie depuis environ l’âge de sept ans, alors qu’il tombe sur un forçat évadé qui le pousse par intimidation à l’aider à trouver des vivres. Terrifié, Pip s’exécute, non sans passer par différents états psychologiques, le peur, la culpabilité, la soumission. On le découvre dans un environnement peu propice au bonheur. Sa sœur, qui se vante de l’élever “à la main” ne lui manifeste aucune tendresse. Le mari de sa sœur, Joe, forgeron de son état, lui apporte soutien, amitié et affection, mais n’est pas plus apte à se défendre que lui. Amené à rencontrer la curieuse miss Havisham et sa troublante fille adoptive, Pip sera vite fasciné par cette dernière, d’une beauté et d’une froideur égales. Ouvertement méprisé par Estella, il nourrira néanmoins pour elle un amour solide, sincère et durable. Le roman se scinde en deux principales parties. La seconde débute alors que Pip apprend d’un homme de loi qu’un mystérieux bienfaiteur souhaite le voir installé à Londres afin de parfaire son éducation et devenir un gentleman. Pip commence alors à nourrir de grandes espérances. Le jeune homme, une fois sorti de l’environnement de son enfance et de la pauvreté, verra son bien-aimé Joe d’un autre œil, toujours aimant, mais un peu honteux de son ignorance et de son manque d’éducation. Pip, déjà plus instruit que le forgeron, aura conscience de cet écart, et cette prise de conscience éveillera en lui un fort sentiment de culpabilité. Désormais libre, il se lie d’amitié avec le fils de son répétiteur, devient dépensier, s’offre un valet à qui il a du mal à trouver des occupations. Ignorant toujours l’identité de son bienfaiteur, ce qu’il sait et croit savoir alimente doublement ses espérances. Son amour pour Estella est toujours aussi fort, et bien qu’il ait conscience de l’absence de la jeune fille à son égard, il espère encore.

Dickens excelle dans la peinture de l’Angleterre du XIXème siècle. La misère, l’hypocrisie, la petitesse d’esprit des pauvres comme des nantis ne lui échappent pas. Lui-même issu d’une famille plus que modeste et ayant connu la misère avant d’accéder à la notoriété et l’aisance, tous les rangs sociaux lui sont familiers. Qu’ils soient principaux ou secondaires, tous les personnages sont fouillés, hauts en couleurs, nuancés. Il n’y a ni bon ni méchants, chaque protagoniste réserve des surprises, soit par son destin, sa psychologie, son comportement. Même le jeune Pip, que nous suivons sur plusieurs années, n’est pas dépourvu de “mauvais” sentiments. Comme lui, au fil de la lecture, nous avons quelques espérances le concernant, et son destin réserve bien des surprises et des rebondissements.

L’humour est aussi omniprésent chez Dickens. Certains personnages brillent par leur grotesque, d’autres par leur dignité sincère, d’autres encore par leur excentricité, ou même leur dualité. Le tout arrosé d’un humour à toute épreuve. La relation entre Pip et Joe est bouleversante, leur attachement réciproque est exemplaire. Les personnages de Dickens sont tous fascinants, les relations entre eux superbement dépeintes. L’aventure est aussi au rendez-vous. Forçats évadés, trahison, jeune orphelin au destin chaotique, une vieille riche proche de la sorcière, une beauté au cœur de glace, tout contribue à faire de ce roman un pur bonheur, un livre DÉVORABLE d’un bout à l’autre, grâce au style jubilatoire de Dickens, de sa parfaite connaissance de l’époque, des milieux sociaux, de la nature humaine. Un régal !!!

On ne renie pas ses origines

8 étoiles

Critique de Folfaerie (, Inscrite le 4 novembre 2002, 54 ans) - 9 mai 2004

Tel pourrait être le message de ce très bon Dickens, dont l'histoire relativement triste est contrebalancée par des scènes fort humoristiques. Pip apprendra à ses dépens qu'on ne peut renier sans quelques dommages le milieu d'où l'on vient, et aura fort à faire pour se débarrasser de son sentiment de honte chaque fois qu'il pense à ses modestes origines. Mais c'est un bon coeur, et la compassion et la générosité seront suffisamment fortes en lui pour qu'il ait le courage d'aider les gens qui l'aiment sans s'attacher à leur condition ( les passages où il tente d'aider son bienfaiteur sont plutôt pathétiques, de même que la scène où il accorde son pardon à la vieille Melle Havisham, et ses rapports avec Joe sont également très touchants). La plus belle réussite du roman, outre les descriptions de Londres, cité boueuse et malodorante où les pauvres gens sont légion, réside certainement dans la description des personnages. De Jaggers l'homme de loi et son étonnant clerc, Wemmick qui mène une double vie, en passant par la famille Pocket, un peu timbrée, et le forçat au grand coeur, les descriptions sont une réussite. On visualise les personnages sans peine, Dickens détaillant vêtements, apparence physiques, tics et manies avec un brio extraordinaire. L'oeuvre de Dickens mérite certainement qu'on s'y attarde et ces Grandes Espérances sont le roman idéal pour s'y replonger.

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