Peinture musée d'Orsay de Stéphane Guégan

Peinture musée d'Orsay de Stéphane Guégan

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Arts (peinture, sculpture, etc...)

Critiqué par Jlc, le 9 janvier 2012 (Inscrit le 6 décembre 2004, 79 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 2 593 

Histoire inachevée du regard.

« Tout musée constitue une histoire inachevée du regard » écrit l’auteur.
« Nous avons revu Orsay. Tout est à revoir » annoncent, en jouant sur les mots, les affiches de publicité.

Ce catalogue est le fruit de cette histoire recommencée et du nouveau regard qu’on y pose. Un travail considérable a été nécessaire pour présenter autrement les riches collections du musée venant plus de généreux collectionneurs que d’un Etat frileux ou désargenté. Ce livre est le miroir papier du résultat et l’un et l’autre sont splendides.

Le musée d’Orsay est le dépositaire artistique d’un temps très court qui va de 1840 à 1914, mais quelle époque époustouflante ! Gérard Guégan, le conservateur, a voulu nouer plus étroitement l’art et le monde contemporain de cette époque, mettre en valeur une histoire commune derrière des différences et des conflits. Sans sacrifier les plus grands (Courbet, Manet, Cézanne, Monet, Gauguin, Bonnard, Van Gogh) il fait une place importante à ceux qui ont moins bien traversé le temps (mais pour combien de temps ?), tels les Tissot, Puvis de Chavannes, Lepage ou Bouguereau. Il met en lumière le rôle des salons, qu’ils soient officiels ou indépendants citant Manet « Montrer est la question vitale ». Il souligne le tournant majeur qu’a été « Un enterrement à Ornans » où le trivial et le prosaïque de l’époque l’emporte sur l’académisme de la peinture d’histoire. Avec l’Impressionnisme, un peu plus tard, nous entrons dans le temps des « peintres de la vie moderne » et de la subjectivité.

L’ouvrage se compose de la reproduction d’œuvres majeures soit parce qu’elles sont passées à la postérité soit parce qu’elles ont été significatives de leur époque et s’achève sur quelques essais, clairs et courts, abordant quelques points clé, là aussi en prenant le parti pris d’un regard nouveau. Ainsi l’impressionnisme n’est pas abordé en tant que tel, il l’a été tant de fois, mais avant et après.

Je ne suis pas un spécialiste mais la qualité des reproductions m’a paru excellente, ce qui est essentiel pour ce qui est aussi un livre d’images. L’auteur ne commente pas bien sûr les quelques 300 tableaux et a choisi d’insérer de temps en temps un petit cartel, comme sur les murs de son musée. Là aussi on retrouve cette volonté de ne pas oublier des œuvres moins connues que les grands-chefs d’œuvre. Thomas Couture, Puvis de Chavannes ou Burne-Jones sont traités comme Seurat, Pissaro ou Millet. Et lorsque Gérard Guégan commente un de ces artistes passés à la prospérité populaire, il ne choisit pas nécessairement le tableau le plus connu, préférant nous parler de Degas via « Sémiramis construisant Babylone » plus que via la très célèbre « Famille Bellelli ». C’est ainsi que notre regard, plus actif, ne s’achève jamais, ayant toujours quelque chose à découvrir. Pour cela, allez revoir Orsay ou/et plongez vous dans ce catalogue parfaitement réussi.

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