Blonde de Joyce Carol Oates

Blonde de Joyce Carol Oates
( Blonde)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Echemane, le 6 août 2002 (Marseille, Inscrit le 12 juillet 2002, 43 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 509ème position).
Visites : 6 790  (depuis Novembre 2007)

Norma Jean Baker comme jamais

Ce "roman" est décrit par son auteure comme une oeuvre de pure fiction. Et pourtant, que d'éléments sont vrais!? Les reportages ressortis par la télévision à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Marilyn font état de nombreux faits relatés par le roman. Alors qu'y a-t-il de fictif dans ce livre? Peu importe en fait. Nul besoin de s'intéresser à Marilyn Monroe avant de lire ce livre, il reste probablement, au-delà du personnage décrit, un des monuments littéraires de ces dernières années. A travers une écriture brute et belle à la fois comme seule Oates peut le faire, on est plongé presque de force dans un monde où la quasi-folie de l'actrice le dispute aux soifs diverses des hommes qu'elle croise. c'est toute la vie d'une petite fille qu'on voit grandir sans toutefois percevoir le développement de sa maturité. Les évènements auront eu raison d'elle, depuis les incendies acres de Los Angeles où sa mère veut les précipiter jusqu'à l'aventure avec le Président, en passant par les "Gémeaux". Une vie marquée par les petites et grandes trahisons, le délire, le sexe, la peur des autres. Difficile de ne pas être pris dans ce chaos dont les jalons seront finalement les films qui marqueront la carrière de Marilyn, une Marilyn dans laquelle Norma Jean ne se reconnaîtra pourtant pas. La comparaison avec une tragédie grecque n'est pas usurpée. Espérons qu'avec ce roman Joyce Carol Oates aura su se faire connaître du public français, elle qui est acclamée de l'autre côté de l'océan. Nul doute qu'elle peut se comparer sans rougir aux grands du XXe siècle.

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Pauvre Norma

10 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 62 ans) - 22 juin 2022

Comment raconter la vie de Norma Jeane Mortenson (appelée aussi Norma Jean Baker), plus tard nommée Marilyn Monroe, l'enfant de l'Amérique ?
Fille de Gladys Pearl Baker Mortenson Monroe mais n'ayant jamais connu son père.
Elle qui cotoya les plus grands : ‎Joe DiMaggio, ‎Arthur Miller, Clark Gable, Robert Mitchum, Marlon Brando... jusqu'à la maison blanche.
Joyce Carol Oates a dû ruser en usant d'abréviations des noms de certains protagonistes et en escamotant de nombreuses rencontres car l'histoire est encore fraîche et les procès au pays de l'Oncle Sam se facturent en démesure.
Norma Jane était une pile, le jour et la nuit ne faisait qu'un et sa vitesse de croisière c'était le sprint.
Lire BLONDE n'est pas chose aisée car quand l'auteure fouille elle déterre l'inavouable.
Mais de tout ce que ce très épais ouvrage recèle c'est l'histoire d'une fille simple, certes d'une beauté renversante mais dotée d'une sensibilité démesurée.
Elle qui écrivit maladroitement
" Dans les cavernes des cieux
" Dorment les esprits des défunts.
" Mais c’est un leurre !
" Simplement… nous refusons qu’ils meurent !

Cette femme fut prise dans les filets de la machine Hollywood, déconsidérée, exploitée, soignée par le médecin de la compagnie qui ne voyait que les délais de tournage, droguée, violée et pourtant toujours debout.
Ce livre, que dis je, cette bible commence par l'enfance compliquée et puis les vagues de la vie emportent. Norma Jeane a été adulée mais aussi humiliée comme l'on n'oserait le faire à un chien. Carol Oates va nous faire participer à la descente aux enfers de cette jolie fille aux jolies fesses et à la poitrine délicieuse.
Il s'agit d'un livre dur, probablement un des plus choquant que j'ai eu dans ma longue vie de lecteur. Je pense qu'il FAUT le lire par respect pour cette pauvre jeune femme, si gaie, si souriante et pure qu'on a livré en pâture aux loups des studios Hollywood.
Au revoir Norma, j'aurai voulu te connaître et boire un thé vert avec toi. Rire un peu, papoter et ce dire que nous ne sommes que de passage.




Voici la première page... je l'ai relu à démesure jusqu'à pouvoir la réciter mot à mot. Un style parfait, une traduction extraordinaire et le talent fou de la grande Joyce Carol Oates.

"Alors vint la Mort à coup sûr. La Mort inévitable. La Mort pressée. La Mort pédalant à tout rompre. La Mort transportant, dans son solide panier grillagé derrière la selle, un paquet marqué LIVRAISON EXPRESS/FRAGILE. Alors vint la Mort, sur sa vilaine bicyclette, se frayant en experte son chemin dans le flot de la circulation à l’intersection de Wilshire et de La Brea où, en raison de travaux, les deux voies de Wilshire dans la direction ouest s’étranglaient en une. La Mort si preste ! La Mort qui faisait des pieds de nez à des klaxonneurs entre deux âges. La Mort en train de rire. Va te faire foutre, mec ! Et toi donc. C’était Bugs Bunny dépassant les rutilantes carrosseries d’onéreuses automobiles sorties tout droit de chez le concessionnaire. Alors vint la Mort pas gênée par l’air exsangue et brouillé de Los Angeles. L’air chaud et radioactif de la Californie du Sud où elle était née. Oui, j’ai vu la Mort. J’avais rêvé d’elle la veille. Et des nuits auparavant. Je n’avais pas peur. Alors vint la Mort ô combien prosaïque. La Mort courbée sur le guidon moucheté de rouille d’une bicyclette laide mais solide. Alors vint la Mort : en T-shirt Cal. Tech. lavé mais pas repassé, short kaki et mocassins sans socquettes. La Mort mollets galbés, jambes poilues. Colonne vertébrale sinueuse, vertèbres saillantes. La Mort aux boutons d’acné d’adolescent. La Mort choquée, chavirée par les coups de cimeterre du soleil qui ricochait sur les pare-brise et les chromes. Re-concert de klaxons dans le sillon flamboyant de la Mort. La Mort, cheveux en brosse hérissée. La Mort chewing-gum. La Mort, tellement routinière, cinq jours par semaine, samedi-dimanche moyennant supplément. Hollywood Messenger Service. La Mort livrant en personne ses paquets-cadeaux. Alors, sans prévenir, la Mort arriva à Brentwood ! La Mort fila dans les rues résidentielles de Brentwood, étroites, quasi désertes en août. Ici, à Brentwood, la touchante futilité des pelouses méticuleusement entretenues devant lesquelles la Mort pédalait ardemment. Alta Vista, Campo, Jacumba, Brideman, Los Olivos. Jusqu’à Fifth Helena Drive, un cul-de-sac. Palmiers, bougainvillées, rosiers grimpants floraison rouge. Une odeur de fleurs pourrissantes. Une odeur d’herbe brûlée par le soleil. Des jardins enclos, des glycines. Des rues en demi-cercle. Des fenêtres aux stores dont les lattes hermétiquement jointes repoussent les assauts du soleil. La Mort porteuse d’un paquet-cadeau sans réponse souhaitée, à l’intention de : « MM », occupante actuelle du 12305 FIFTH HELENA DRIVE BRENTWOOD CALIFORNIE USA « TERRE ». Une fois dans Fifth Helena, la Mort pédala plus lentement. La Mort loucha sur les numéros. La Mort n’avait accordé qu’un regard au paquet si bizarrement libellé… si bizarrement enveloppé dans un brillant paquet-cadeau à rayures type sucre d’orge, un paquet-cadeau du genre qui a déjà servi. Avec un nœud en satin blanc acheté tout fait scotché dessus. Le paquet, 25 × 20 × 20 centimètres, ne pesait presque rien. Vide ? Bourré de papier de soie ? Non, quand on le secouait, on sentait qu’il y avait quelque chose dedans. Quelque chose aux angles émoussés, en tissu peut-être ? Alors en début de soirée, en ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l’intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n’entend que les vibrations ronronnantes de l’air conditionné. Ou bien… est-ce qu’elle entend une radio, là ? La maison est de type espagnol, c’est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausses briques, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d’une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte. De la main de la Mort, j’acceptai ce cadeau. Je savais ce que c’était, je crois. Et de la part de qui c’était. En voyant le nom et l’adresse, j’ai ri et j’ai signé sans hésiter." (sic)

Meurs au bon moment, Norma Jeane!

8 étoiles

Critique de Paofaia (Moorea, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 13 novembre 2013

En exergue une phrase de Jean Paul Sartre : Le génie n’est pas un don, mais la façon dont on invente dans des circonstances désespérées.

Je ne sais pas si Marilyn Monroe, pseudonyme de Norma Jeane Baker était une actrice géniale. Elle est en tout cas un magnifique personnage de roman sous la plume d’une Joyce Carol Oates, ce qui n’a rien d’étonnant, finalement. Encore une fois, une histoire d’épaisseur de peau.

C’est dans la prime enfance qu’émerge l’acteur né, car c’est dans la prime enfance que l’on perçoit d’abord le monde comme mystérieux. A l’origine de toute interprétation, il y a l’improvisation face au Mystère T. Navarro The Paradox of Acting.

Tout le monde connaît la triste histoire de Marilyn Monroe, et JCO n’est pas la première à s’y intéresser. Mais je crois que sa faculté de se glisser dans la peau même des personnages qu’elle décrit fait que ce roman, basé sur une documentation très fouillée,et même si elle y invente beaucoup de choses, de comportements, de dialogues, etc, est certainement le plus vrai écrit sur cette artiste.

Née d’une mère folle,qui a tenté de la supprimer, et d’un père inconnu qu’elle recherchera toute sa vie ( ah les très cruelles lettres écrites soit disant par son père, mais en fait par Cass Chaplin..), élevée dans un orphelinat, bombe sexuelle à 15 ans , mariée d’autorité à 16 et considérée apte au viol conjugal, elle ne va finalement jamais cesser de tenir un rôle. Celui que l’on voudra bien lui donner. Le plus souvent, celui d’une pute ( les derniers épisodes décrivant ses rapports avec les frères Kennedy sont terrifiants de violence.) Celle que les hommes veulent qu’elle soit. Tous ou presque. Pas Brando, qui lui offre les Pensées de Pascal. Ni Miller, la conscience morale du roman, qui apparaît trop tard dans sa vie .

Alors que c’était une enfant rongée par sa culpabilité, son complexe d'infériorité, en perpétuelle quête d'amour. Retournant constamment vers sa mère en espérant échanger de l’amour contre les preuves de succès qu’elle dépose à ses pieds. Pour exprimer les songes et les désillusions de celle qu' Hollywood traita comme un pur objet sexuel , celle qui fut condamnée à chercher dans les yeux des autres la confirmation de sa propre existence , celle qui, dit Oates, fut complice de sa propre exploitation, qui ne s'extirpa jamais de la machine à broyer, qui accepta son calvaire , la romancière donne libre cours à son style habituel, lyrique, exalté, avec des moments de colère et même de rage, et ponctué de quelques phrases en italique de réflexion, qui permettent de respirer un peu. Et dieu sait si on a besoin de respirer tout au long de ces 975 pages! C’est un livre très étouffant, dont on sort un peu sonné , et ce n’est pas étonnant d'apprendre JCO dire que l’écriture de ce roman l’avait littéralement tuée.. .

Mais elle dit aussi:

La vie de Marilyn a été plus noire encore que ce que j'ai raconté dans mon livre. Mais Norma Jean a réussi à sa manière. Quand Hollywood la prenait pour une grue, elle a prouvé contre tous son immense talent d'actrice. Elle a travaillé, elle s'est battue pour s'élever, se cultiver, aimer. J'espère qu'elle aurait été touchée que quelqu'un cherche à la comprendre, à dire qui elle était réellement.

La lectrice que je suis a été très touchée également.

Quelques extraits:


La voix de Gladys exprimait le respect et l’enthousiasme habituels, mais il y avait au dessous une rage calme, implacable. « Là..la plus célèbre de toutes: FALCON’S LAIR. La maison de feu Rudolph Valentino. Lui n’était absolument pas doué pour le cinéma. Il n’était pas doué pour la vie. Mais il était photogénique, et il est mort au bon moment. Rappelle-toi, Norma Jeane… meurs au bon moment.

Gladys est la mère de Norma Jeane. Peu de temps après, elle va essayer de la mettre de force dans un bain brûlant..


Norma Jeane était dans les bras d’Elsie.. Elsie pensait qu’elle ne s’était jamais sentie aussi mal de sa vie d’adulte.. Si elle avait pu ,elle aurait fichu Warren dehors à coups de pied dans le cul et gardé Norma Jeane.. mais bien sûr c’était impossible. « C’est un monde d’hommes et pour survivre une femme doit trahir ses pareilles. .. Arrête, Norma Jeane. Pleurer ne sert jamais à rien. Sinon, il y a longtemps que ça irait mieux pour tout le monde.

Norma Jeane a 15 ans. Elle a été placée par l’orphelinat chez ce couple qu’elle aime, oui, mais le mari commence à s’intéresser à elle de trop près..

Etre l’objet du désir masculin, c’est savoir « J’existe! » L’expression du regard. Le durcissement du sexe. Bien que bonne à rien, vous êtes désirée.
Bien que votre mère n’ait pas voulu de vous, vous êtes désirée.
Bien que votre père n’ait pas voulu de vous, vous êtes désirée.
« La vérité fondamentale de ma vie, que cela ait été la vérité ou une parodie de vérité: quand un homme vous désire, vous êtes en sécurité. »


Il vaut mieux ne pas contrarier I.E. Shinn, le réalisateur le sait. Il réfléchit à cela, et rumine, habitué à un silence respectueux, quand la fille dit soudain de cette voix voilée de bébé: « Oh! Je peux faire mieux que ça, laissez-moi recommencer. S’il vous plaît! »..
Si je l’ai laissée recommencer? Bien sûr. Elle était fascinante à regarder. Comme un malade mental, peut être. Elle ne jouait pas. Aucune technique. Elle se mettait en sommeil et apparaissait alors avec cette autre personnalité qui était et n’était pas elle.Des gens comme ça, on comprend pourquoi ce métier les attire. Parce que l’acteur, dans son rôle, sait toujours qui il est. Toute perte est réparée.


Et..

C’est juste que quelquefois, j’ai l’impression…que je n’ai pas de peau. Qu’une couche manque. Tout peut faire mal. Comme un coup de soleil.

Une bio romancée épaisse mais passionnante

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 44 ans) - 4 août 2007

Ce livre fictif se lit très bien, malgré ses 1100 pages. L'auteur file à partir de quelques éléments généraux connus de la bio de Marilyn. La trame est donc chronologique, et alimentée de manière haletante.

Je conçois bien que les éléments que rappelle CCRider aient pu la troubler, d'autant plus qu'il est difficile de départir la fiction des éléments réels.
Mais il n'est pas inintéressant de voir comment un personnage essaie de combattre ses démons, la folie, ses diverses dépendances, sa timidité maladive, son obsession pour les hommes.
Personnellement, j'ai adhéré.

indigeste

1 étoiles

Critique de Jemangeleslivres (, Inscrite le 25 mai 2004, 48 ans) - 5 juin 2004

Il s'agit là d'un énorme pavé lourd et indigeste... moi qui d'ordinaire mange les livres sans difficulté, j'avoue que celui-ci m'est resté sur l'estomac. l'écriture est touffue, peu agréable... les fans de Marilyn n'y trouvent pas leur compte,à mon humble avis. Ce livre est à fuir!!!!!

Pauvre Norma Jean !

6 étoiles

Critique de CCRIDER (OTHIS, Inscrit le 10 janvier 2004, 74 ans) - 13 janvier 2004

Triste bouquin que cette énorme fausse biographie de la malheureuse Marylin Monroe ...C'est lourd , indigeste , rempli de digressions fumeuses . L'auteur , dès le début prévient qu'il s'agit plutôt d'un roman , d'une sorte de biographie"rêvée" bien que reposant sur des faits établis . Il ressort de tout cela , la description d'une vie misérable , même dans le succès et la richesse . Quelle sinistre description de la pauvre Norma Jean , une sorte d'alcoolique ,droguée , nymphomane . Les hommes se succèdent dans sa vie . Miller l'aime sincèrement . La liaison avec Kennedy est totalement sordide : une cabine de bains protégée par une meute d'agents de la CIA ! Quand à sa mort , J C Oates opte pour l'assassinat par injection de nembutal en plein coeur par un agent de la CIA . On ressort de ce bouquin sonné , dégoûté , avec un sale goût dans la bouche et beaucoup d'illusions perdues . Livre à conseiller aux masos ...

Intéressant mais pas indispensable

7 étoiles

Critique de Virgile (Spy, Inscrit le 12 février 2001, 42 ans) - 24 octobre 2002

Dans ce pavé de mille pages il y a évidemment quelques longueurs mais l'ensemble tient plutôt bien la route.
Ce qui m'a principalement intéressé dans le livre c'est la façon de parler du métier d'acteur et les citations ou références à d'autres ouvrages qui m'ont donné envie de les découvrir (par exemple le journal de Nijinski).
Point de vue Marylin la façon dont elle est perçue par l'auteure c'est un peu une folle géniale. Plutôt que folle le terme instable conviendrait sans doute mieux.
Est ce un grand roman? Pas pour moi, mais il vaut tout de même la peine d'être lu...

Marilyn et son double

8 étoiles

Critique de Esperluette (*, Inscrite le 19 juin 2002, 50 ans) - 29 août 2002

C'est un conte de fée qui finit mal ; l'histoire d’une étoile née sous le signe des gémeaux. D’un côté, Marilyn Monroe, une star adulée dans le monde entier ; de l'autre, Norma Jean, une fille toute simple qui cherche désespérément le bonheur. Le roman de Joyce Carol Oates est construit autour de cette dualité identitaire. Il commence et s’achève le 5 août 1962 avec cette question lancinante : Qui a poussé Norma à assassiner Marilyn ?
Une biographie pour midinettes ? Certainement pas ! D'abord, parce que si on en croit l'auteur, ce pavé de 1000 pages ne contient pas deux phrases vraies : tout ne serait qu'extrapolation. Ensuite, à cause du style de JCO : elle nous offre ici un portrait intimiste et sans fausse pudeur. A propos de son héroïne, elle dit : "Son problème ce n'était pas qu’elle était une blonde idiote, c’était qu'elle n’était ni blonde ni idiote". Une phrase, qui à elle seule, résume bien le roman.
Quarante ans après la disparition de Marilyn, l’Amérique s'interroge encore sur son suicide. Pour ma part, et quoi qu’en dise Joyce Carol Oates, j'ai eu l'impression de toucher la vérité du doigt.

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