Une double famille de Honoré de Balzac

Une double famille de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Exarkun1979, le 22 octobre 2011 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 42 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (22 580ème position).
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Une Double Famille

C'est l'histoire d'une jeune fille nommée Caroline qui rencontre un homme dont elle tombera amoureuse. Le couple file le parfait amour jusqu'à ce qu'elle découvre la vraie vie de celui-ci.

Dans ce roman, Balzac s'insurge contre la bigoterie. Pour lui, un excès de religion et de vertu peut tuer un couple comme c'est le cas dans ce court roman.

Ce roman se retrouve dans les scènes de la vie privée dans la Comédie Humaine.

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Une double vie double les malheurs

10 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 50 ans) - 13 novembre 2020

Après avoir lu « Gobseck », je suis passé à « Une double famille » puisque ces deux nouvelles formaient la même édition GF Flammarion de 1984. « Une double famille » a été écrit à peu près à la même époque que « Gobseck ». Les deux histoires sont complètement différentes, mais la qualité de l’écriture (excellente) ne varie pas d’une nouvelle à l’autre, et surtout la force d’évocation déployée dans ces deux nouvelles est semblable. Ce sont les deux meilleures nouvelles lues de Balzac jusqu’ici, avec toutefois un petit plus pour « Gobseck ». « Une double famille » mérite pourtant autant que l’autre d’être lu et découvert, et je vous les conseille tous deux si vous ne les connaissez pas encore.

« Une double famille » porte bien son nom, car c’est l’histoire d’un homme qui a une double famille, avec femmes et enfants, laissées volontairement dans l’ignorance l’une de l’autre. Comment l’homme, un magistrat nommé Roger de Grandville, a-t-il pu se laisser installer dans une telle double vie ? C’est ce que Balzac raconte, et il le fait fort bien ! Balzac s’intéresse à narrer les situations humaines nées des contraintes psychologiques et socio-économiques pas toujours heureuses de sa société qu’il fait subir à ses personnages. C’est une histoire bien ancrée dans la réalité, un roman (une nouvelle de 71 pages plutôt) réaliste. C’est aussi une charge féroce contre la religion instrumentalisée pour l’ambition de certains hommes d’église et la bigoterie crédule et bornée de certaines ouailles, contre les pressions familiales sur les jeunes gens et les mariages imposés qui n’ont d’autres objectifs que l’argent. Tout cela mêlé ne pouvait qu’apporter souffrances et malheurs comme conséquences.

Balzac, l’homme qui scrute les âmes des hommes et des femmes au plus près. C’est passionnant et impressionnant. 5 étoiles aussi pour « Une double famille », allez !

Et pour agrémenter le tout, il faut lire la préface de Philippe Berthier, extrêmement éclairante et superbement écrite, qui met à jour les sens cachés du texte de Balzac, qui démontre qu’il n’est pas écrit au hasard mais est bien le produit d’une composition mûrement réfléchie, aux objectifs bien définis. Une excellente et très intéressante préface qui rend honneur à l’écrivain de génie qu’était Balzac.

Le lit ou le crucifix !

7 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 62 ans) - 27 août 2020

Roger de Grandville a épousé une bigote bien dotée. Au bout de quelques années sans joie il emménage avec sa maîtresse, dont il aura deux enfants, dans un joli petit appartement où ils vécurent heureux jusqu'au jour où...

Balzac nous fait ici un sévère réquisitoire contre l'intrusion de l'exercice d'une religion stricte dans la vie des couples. Très acerbe, il signe des pages venimeuses et particulièrement bien construites.
pour exemple :

" Chacun peut avoir observé que les bigots ne marchent pas, ne s'asseyent pas, ne parlent pas comme marchent, s'asseyent et parlent les gens du monde ; chez eux l'on est gêné, chez eux l'on ne rit pas, chez eux la raideur, la symétrie règnent en tout, depuis le bonnet de la maîtresse de la maison jusqu'à sa pelote aux épingles ; les regards n'y sont pas francs, les gens y semblent des ombres, et la dame du logis paraît assise sur un trône de glace. "

" Un grand crucifix placé entre le lit de sa femme et le sien était là comme le symbole de sa destinée. Ne représente-t-il pas une divinité mise à mort, un homme-Dieu tué dans toute la beauté de la vie et de la jeunesse ? L'ivoire de cette croix avait moins de froideur qu'Angélique crucifiant son mari au nom de la vertu. "

" A gagner le ciel, ma chère. On ne peut-être à la fois l'épouse d'un homme et celle de Jésus-Christ, il y aurait bigamie : il faut savoir opter entre un mari et un couvent. "

Remarquable pamphlet, je regrette un peu la construction particulière de ce court roman. A plusieurs moments j'ai eu l'impression de vivre deux histoires sans pouvoir les relier entre elles. (il est vrai que le titre à lui tout seul en est la réponse)
Il n'en reste pas moins un très bon ouvrage littéraire.


Lieu supposé : Paris
Chronologie : de 1806 à 1835 ?
Les personnages : Personnages Roger de Granville, magistrat - Mme de Granville, sa femme - Caroline Crochard, sa maîtresse - Esther Gobseck, surnommée la Torpille



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