Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest

Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest
(Nervöse Fische)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Yeaker, le 28 juin 2011 (Blace (69), Inscrit le 10 mars 2010, 51 ans)
La note : 3 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (49 363ème position).
Visites : 4 386 

Un polar pour découvrir le Tracatus de Wittgenstein

Le bouquin a été repéré par le magazine lire qui l’évoque dans son dossier polar du mois de mai et lui attribue dans la partie intitulée « les autres contrées du polar » trois étoiles soit la note maximum donnée. Le livre a également reçu des prix en Allemagne. C’est bien une chance pour le petit éditeur Carnet Nord de se faire distinguer de cette manière lui qui publie peu de littérature. Voilà pour l’avis des professionnels. Maintenant ma critique à moi sera moins tendre.

On désigne ce polar comme étant autrichien, je veux bien, l’enquête se passe effectivement en Autriche et l’auteur a des origines dans ce pays, cependant il est né en Australie et vit en Allemagne.
L'enquête à proprement parlé est simplette, rapide et pour tout dire sans intérêt, l'auteur tente de compenser par un meurtre original pour vous accrocher (attaque de requins dans une piscine sur les toits de Vienne) et par une fin rocambolesque pour vous laisser un souvenir impérissable. Personnellement je considère que cela aggrave le cas de l'auteur.
L’inspecteur principal, est comme le veut la tendance actuelle du polar noir, souffreteux, mal aimé et souvent dans ses pensées. L’essentiel du livre est donc constitué des digressions dont beaucoup sont consacrées à la philosophie de Wittgenstein, mais aussi aux rituels, à ses connaissances en musicologie, à sa voiture, à sa famille, à ce qu’il pense du sport, des autres… commentaires plus ou moins instructifs mais qui évite l'achat du Tracatus, a moins que l'inverse soit plus profitable.

Un livre pour l’été, bien que la qualité de la colle risque de réduire votre livre en lambeaux avant de l’avoir terminé, cher payé pour 20 euros.

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Les éditions

  • Requins d'eau douce [Texte imprimé] Heinrich Steinfest traduit de l'allemand (Autriche) par Corinna Gepner
    de Steinfest, Heinrich Gepner, Corinna (Traducteur)
    Carnets nord
    ISBN : 9782355360473 ; 4,03 € ; 05/01/2011 ; 392 p. ; Broché
  • Requins d'eau douce [Texte imprimé], une enquête de l'inspecteur Lukastik Heinrich Steinfest traduit de l'allemand (Autriche) par Corinna Gepner
    de Steinfest, Heinrich Gepner, Corinna (Traducteur)
    Gallimard / Folio. Policier
    ISBN : 9782070444915 ; 5,00 € ; 17/11/2011 ; 420 p. ; Poche
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Y a-t-il une âme autrichienne ?

9 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 68 ans) - 29 mai 2021

Oui, la question se pose ; y aurait-il une âme autrichienne (qui s’attache à notre âme et la force d’aimer – sans pour autant être un objet inanimé cher à Lamartine) ?!
Oui, car ce Requins d’eau douce est un polar revendiqué – et c’en est un effectivement - mais un polar … comment dire ? Vous connaissez Thomas Bernhard ? Vous l’avez déjà lu ? Vous avez déjà subi ses obsessions, ses tocs, son écriture multi-répétitive le tout dans une atmosphère à tout coup désabusée si pas désespérée ?
Si oui alors imaginez un polar écrit par Thomas Bernhard. Parfaitement improbable, je sais, mais …
Richard Lukastik, à 47 ans, est un inspecteur de police reconnu même si considéré comme bizarre (à juste titre je dirais) à Vienne. Il est pourri de tocs, Entre autres il est fou furieux de Wittgenstein et trimballe son traité « Tractatus » avec lui partout comme d’autres en des temps pas si anciens le Petit Livre Rouge d’un autre fou furieux, Mao. Il a eu, jeune, une relation incestueuse avec sa sœur et ne s’en jamais vraiment remis, et vit toujours chez Papa et Maman, dans une famille guindée au possible, avec heure du dîner (une soupe pour lui) inamovible et respectée. Mais bon, à part ça, comme inspecteur de police, il assure.
Et voilà qu’un crime extraordinaire (en apparence, toujours les apparences !) est commis ; on retrouve dans une piscine sur le toit d’un immeuble de Vienne un cadavre manifestement déchiqueté par un requin.
Thomas Bernhard … euh non !, Heinrich Steinfest va nous faire suivre ceci dans des endroits bizarres (l’Autriche serait-elle aussi bizarre que cela ?) et nous aider à démêler l’écheveau.
Ce n’est pas un polar que je qualifierais de classique – d’ailleurs je l’ai pris un peu au hasard parce que je me suis lancé dans la lecture d’au moins un polar par pays et que pour l’Autriche c’est tombé sur Steinfest – mais à coup sûr, je reviendrai lire cet auteur.

Excellente découverte au rayon polar, quelque part entre Derrick et Vargas

10 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 64 ans) - 24 juillet 2012

Ah, voilà un moment qu'on attendait une bonne surprise au rayon polar.
Merci donc à Mr. Heinrich Steinfest pour son roman étrange : Requins d'eau douce.
Et si le roman relève du décalé, Heinrich Steinfest ne l'est pas moins : le bonhomme est d'origine autrichienne (son roman se passe à Vienne) mais il est né en Australie (d'où sont les requins) et il vit désormais en Allemagne...
Jugez un peu : l'histoire commence avec la découverte d'un cadavre à moitié bouffé par un requin, un cadavre qui flotte dans une piscine sur le toit d'une résidence du centre de Vienne ... un requin égaré loin de la Gold Coast ?
Le reste du bouquin et toute sa cohorte de personnages sont à la hauteur de cette entrée en matière un peu déjantée, en équilibre instable (mais parfaitement maîtrisé) sur la frontière ténue entre réalisme cru, insolite déluré et nonsense so british so germanique.
Quel plaisir que cette lecture où la kulture est évidente sans se prendre au sérieux, portée par l'humour pince sans rire et les associations d'idées, où le sel de l'esprit est si savoureux et si impertinent qu'on se dépêche de passer les détails de l'intrigue policière dans la hâte de se perdre dans une nouvelle digression à demi philosophique.
Une lecture où l'on retrouve un peu d'une ambiance entre l'inspecteur Derrick et Fred Vargas.
L'inspecteur Lukastik est misanthrope, obsessionnel, impertinent, prétentieux et arrogant, un vrai parisien.
Accessoirement il mange la soupe tous les soirs avec ses père et mère et il a couché avec sa soeur. Vraiment un personnage ambigu. Et passionnant. Une sorte de dandy-policier.
Délicieux, savoureux. Epicé et relevé, salé comme la soupe du père.
Pour finir on citera l'un des aphorismes du Tractatus Logico-philosophicus du penseur et logicien autrichien Ludwig Wittgenstein, abondamment utilisé par l'inspecteur Lukastik au fil de son enquête :
Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.
Alors taisons nous et découvrez vite ce nouvel inspecteur venu d'Autriche !

Un inspecteur de police atypique, une énigme étonnante...

6 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 85 ans) - 2 juillet 2012

L'inspecteur Lukastik, qui exerce à Vienne est pour le moins original et ne se rend guère sympathique à ses collègues, à ses chefs, ni à ses lecteurs. Il passe son temps à s'inspirer des oeuvres du célèbre (?) philosophe Wittgenstein pour conduire son enquête ou pour faire la leçon au monde entier...

Il est confronté à une énigme peu croyable : un cadavre est découvert dans une petite piscine sur le toit d'un immeuble élevé et les apparences semblent montrer qu'il a été dépecé par un requin !

L'auteur nous proposera en fin de volume des explications plus ou moins convaincantes...Nous nous en contenterons faute de mieux.

On peut s'abstenir.

A se noyer dans un verre d'eau

1 étoiles

Critique de Seb (, Inscrit le 24 août 2010, 47 ans) - 24 février 2012

Le personnage principal est -trop- torturé, arrogant et égocentrique.
L'intrigue est plus que bâclée.
Le mobile du meurtre est là parce que comme dans tout polar, il faut un mobile.
Ma seule source de consolation est venue du fait que l'histoire se passe en Autriche et surtout à Vienne... Encore que quelques descriptions de la capitale auraient pu donner plus de relief à ce livre lisse comme un étang gelé.
L'auteur enfin ne m'a pas non plus convaincu et je pense que lui-même s'est perdu dans la logique de sa trame puisqu'à plusieurs passages et notamment à la fin il a recours à une sorte d'épilogue....
Pas enthousiasmant

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