Les insoumises de Celia Levi

Les insoumises de Celia Levi

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Nymphette, le 6 février 2011 (Paris, Inscrite le 20 octobre 2010, 41 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 485ème position).
Visites : 2 375 

Anachronique

Renée et Louise sont deux amies très proches. Renée quitte Paris pour vivre à B. en Toscane, tandis que Louise reste à Paris avec pour projet de s'installer avec son ami et de travailler à l'écriture de sa thèse sur le Révolution Française. Elles entament une correspondance régulière.

Dans leurs échanges, elles décrivent leurs vies respectives, l'avancement de leurs projets mais surtout leurs déceptions et leurs désillusions.


Ce livre surprend. Par sa forme, épistolaire, qui crée un véritable décalage avec le fond: le récit de la vie de deux jeunes femmes d'aujourd'hui, à Paris et en Italie. Les personnes échangeant encore des lettres aujourd'hui sont très rares, et, leur écriture, assez précieuse accentue cet effet de style.

Mais il surprend aussi par le fond. Renée et Louise sont deux jeunes femmes passionnées: l'une engagée politiquement fait montre d'une implication exemplaire qui finit par devenir inquiétante. Son intransigeance finit par la rendre antipathique et même méchante envers son amie. Renée elle, est plutôt une bohème: elle rêve d'être artiste sans avoir vraiment de talent encore révélé. Elle s'essaie à différentes disciplines, avant de trouver sa voie... Et bien sûr, les décors de ces deux vies: Paris et l'Italie (la Florence, la Calabre et Rome) ne pourront qu'enchanter les lecteurs!

Un drôle de roman, qui sans être indispensable a le mérite de sortir du lot!

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Les éditions

  • Les insoumises [Texte imprimé], roman Celia Levi
    de Levi, Celia
    Tristram
    ISBN : 9782907681711 ; 14,52 € ; 15/01/2009 ; 181 p. ; Broché
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les illusions perdues

10 étoiles

Critique de Cyclo (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 76 ans) - 5 août 2017


Avec "Les Insoumises" (aucun rapport avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, quoique... le roman est d'ailleurs paru en 2009), Celia Levi nous offre un premier roman plein de charmes. D’abord par sa forme : il s’agit d’un roman épistolaire et d’apprentissage comme on pouvait en écrire au XVIIIe et XIXe siècles. Aussi bien que par son contenu, qui nous raconte les échanges par lettres de deux amies très proches, Renée et Louise, l’une romantique qui décide de quitter Paris pour l’Italie où elle a de la famille et y continuer des études en cinéma et en arts, l’autre plus combative et prête à délaisser ses propres études (en histoire de la Révolution française) pour s’engager dans les luttes politiques, mais rêvant toutes deux de justice sociale et de changement, et refusant les compromissions des adultes rangés.

Renée donc s’installe en Italie, d’abord dans la ville de B. pour essayer de poursuivre ses études. Mais elle est très inconstante, nourrie de lectures classiques (Balzac, Flaubert), elle hésite entre devenir une artiste peintre ou se lancer dans le cinéma. Velléitaire au fond, elle passe son temps à flâner, à découvrir la vie quotidienne italienne, à traîner avec des "amis" dénichés à la fac ou dans les milieux du cinéma (où elle n’obtient que des stages peu valorisants), tombe amoureuse plusieurs fois, et in fine, se laisse aller à un farniente que permet la douceur locale, malgré ses difficultés financières.

Louise, restée à Paris, est une sorte de gauchiste exaltée, idéaliste et très remontée contre les maux de son époque, notamment la société consumériste envahissante et l’ignoble exploitation des travailleurs : elle veut changer ce monde honni et s’embarque dans les pseudo-aventures de groupuscules incroyablement machistes. Elle devient très radicale : "Il est de bon ton d’être pour la paix. Je ne suis pas pour la paix. Je suis pour la guerre. La victoire des opprimés contre leurs oppresseurs. Dans ce contexte, le terrorisme est légitime. Il est facile d’être pour la paix, d’être un Gandhi du dimanche".

Bref, toutes deux pensaient changer la vie (Renée), le monde (Louise) et finissent par se retrouver en ayant perdu leurs illusions (le roman de Balzac, "Illusions perdues", qu’elles ont lu toutes deux, finit par leur dessiller les yeux). Alors, est-ce un roman pessimiste ? Certes, au fil de la correspondance qui se poursuit sur plusieurs années, l’issue reste mitigée : on est partagé entre les rêveries passionnées de Renée (là, on pense au héros de Chateaubriand, René) et la radicalité plus violente de Louise (impossible de ne pas penser à Louise Michel, et notre Louise finit aussi par faire un peu de prison), on les voit se fourvoyer dans impasses

Si "Les insoumises" nous émeut, c'est que nous avons tous été jeunes, naïfs, et parfois enragés devant la brutalité de la société. Et semblablement nous avons connu la désillusion. Le roman nous frappe par la virulence du texte, tempérée par le classicisme de la forme. On est dans une sorte de romantisme révolutionnaire qui paraît presque anachronique, mais qui happe le lecteur.

Roman parfois d’une noirceur absolue autant que roman d’apprentissage, où les héroïnes approchent l’entrée dans la vie, l’amour, l’amitié, la sociabilité, les difficultés sociales et économiques : "Nous n’avons pas voulu voir la société telle qu’elle était réellement, laide, vaine, mesquine, et nous avions la présomption de vouloir, toi la modifier, moi m’y insérer [c’est Renée qui écrit]. Nous nous sommes lancées dans la vie comme dans une grande bataille sans nous apercevoir que nous n’avions pas d’armes. Nous avons payé très cher notre exaltation et notre naïveté". Donc, accordons-leur tout de même de la lucidité !

J'ai adoré !

Dissolution des illusions

6 étoiles

Critique de Isad (, Inscrite le 3 avril 2011, - ans) - 11 juin 2014

Un roman épistolaire à l’heure d’internet, il fallait le faire. L’ensemble suinte à la fois de révolte active et de nostalgie romantique. Il sonne vrai de par la conviction des protagonistes toutes entières, trop entières pour pouvoir être satisfaites des demi-mesures qu’offre la société actuelle.

Deux jeunes étudiantes échangent des lettres : l’une à Paris en thèse veut changer la société ; l’autre partie en Italie dans une ville de province puis à Rome rêve d’être artiste dans le milieu du cinéma. La réalité va fracasser leurs idéaux adolescents. La désillusion est brutale pour toutes les deux même si les chemins qu’elle prend sont totalement différents.

Ces échanges uniquement par lettres finissent par ne plus être crédibles. De nombreuses phrases sont séparées par des virgules au lieu de points, ce qui est aussi un peu agaçant.

IF-0614-4238

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