La forêt, Tome 1 : de Vincent Perez (Scénario), Tiburce Oger (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Légende, contes et histoire

Critiqué par Shelton, le 23 janvier 2011 (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 66 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (45 512ème position).
Visites : 2 836 

Le conte est beau !

La bande dessinée ne s’interdit pas, au moins par principe, d’aborder le conte. Elle peut imaginer en raconter un, même s’il est très connu. D’ailleurs, le conte est souvent une histoire venant du fond des âges, rabâchée, digérée, restituée et illustrée par les uns et les autres sous tous les modes envisageables. C’est donc du connu… et, pourtant, inconnu, puisque chaque fois le narrateur livre de lui à un auditeur/lecteur/spectateur qui y met, lui aussi, du sien. Oui, le conte est mille fois identique, mille fois différent !

Pourquoi une telle introduction sur le conte ? Tout simplement parce que cette histoire « La Forêt » de Vincent Perez est bien un conte. Au premier abord, on croit la connaître par cœur : Merlin, Viviane, Morgane… et la Forêt en Bretagne. Rien de bien neuf ! D’ailleurs, au départ on ne pense même pas à un conte, on croit juste être en présence de l’énième bande dessinée, classée en «Héroïc Fantasy ». Pourtant, avec déception pour certains, bonheur pour la majorité des lecteurs, on plonge très rapidement dans un autre univers, celui du conte humain qui vient nous parler de nos vies et non de celle du vieux Merlin…

« Il était une fois, non loin des côtes bretonnes, un bébé qu’un druide avait déposé devant la porte du couvent de Saint-Dénoué… » Ce bébé sera le personnage clef de cet album mais sera accompagné de personnes qui prendront de plus en plus d’importance au fur et à mesure du développement de la série. D’ailleurs, il ne s’agit peut-être pas d’une série au sens habituel du nom en bande dessinée. Les deux premiers albums ne sont pas numérotés et nous font plutôt penser à un univers qui s’installe et qui a besoin de temps pour prendre chair…

Ce bébé va devenir très rapidement une jeune femme merveilleusement belle et vierge. Une virginité totale, même pas le simple regard d’un homme ou de la nuit. Elle est destinée au roi mais en se rendant chez le monarque, en traversant la Forêt, elle disparaît… Dès lors, tout va devoir être mis en œuvre pour la retrouver. Le roi est formel, pas d’alternative, il faut retrouver la future reine ! Il faut dire que le moinillon qui avait charge d’escorter la promise royale a fauté ! Les menaces sont claires : «T’attendent les pires tortures, je vais découper ta peau en lamelles que je servirai à mes chats et ce que tu as de plus intime sera servi à mes chiens». Bon appétit les amis !

Heureusement, le vieux Merlin est là pour conseiller le roi et l’orienter vers une autre voie, celle d’une quête menée par de valeureux combattants du royaume. Nous sommes alors plongés dans le cœur du conte. L’équipage surprenant part pour le cœur de la forêt. La complémentarité permettra d’avancer vers la vérité et la belle future reine. Les embûches seront nombreuses pour les uns et les autres, enfin surtout, d’ailleurs, pour Merlin…

Comme dans toutes les quêtes, tout se finira bien ! Enfin presque puisqu’il y aura mariage, banquet et de nombreux enfants… enfin, vous verrez par vous-même s’il s’agit bien de la fin que vous espériez de toutes vos forces…

J’ai beaucoup aimé l’histoire qui, tout en faisant appel à ce qui s’est passé jadis en grande Forêt de Brocéliande, s’en affranchit, aussi, totalement. Aventure, humour, sacré, mystérieux, philosophie, tout est là pour enchanter le lecteur. La narration graphique, le dessin et les couleurs, sont aussi à la hauteur en offrant, entre autre, des cases de tailles différentes. J’adore ces bandes dessinées où l’on donne l’espace au dessinateur pour qu’il nous offre des pleines pages. Tiburce Oger en fait un usage remarquable. Notons aussi, dans le domaine du dessin et des couleurs, que les descentes aux enfers, si toutefois il s’agit bien d’un lieu situé dans les bas-fonds ou intérieurs de la terre, sont divines ! Enfin, disons divinement bien dessinés, car je ne suis pas certain que le diable souhaiterait être traité de personnage divin…

Emballé, séduit, fasciné par ce récit, je ne puis que vous pousser, sans vous lancer de sort, à vous précipiter sur la Forêt et, si le cœur vous en dit, alors vous me suivrez avec la suite de ce conte…

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Les éditions

  • La forêt [Texte imprimé] scénario, Vincent Perez dessin et couleurs, Tiburce Oger...
    de Oger, Tiburce (Illustrateur) Perez, Vincent (Scénariste)
    Casterman
    ISBN : 9782203391598 ; 2,98 € ; 03/05/2007 ; 85 p. ; Album
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Deux auteurs égarés dans leur "Forêt"

4 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 29 janvier 2012

Le mythe de la forêt de Brocéliande revisité dans un style alliant le trait caractéristique de la BD franco-belge et une dimension gothique…

Moi qui voulais découvrir ce dessinateur, je n’aurais peut-être pas dû commencer par cette série… Au premier abord, le dessin impressionne par sa grandiloquence, son côté monumental, ses plongées, ses contre-plongées, ses architectures déformées, ses formes sinueuses… La colorisation est également plutôt réussie. Et pourtant, passé le premier choc, il se passe quelque chose d’étrange, et on finit par trouver ce graphisme un tantinet déplaisant, pour ne pas dire prétentieux. Les cases fourmillent de détails, ce qui pourrait être agréable au départ mais devient vite surchargé, comme si Oger voulait en faire trop. Les personnages quant à eux sont peu attachants et n’ont pas de visages très reconnaissables ni de personnalités très marquées, beaucoup étant représentés comme de grandes silhouettes dégingandées (notamment le chevalier dont j’ai oublié le nom). Les mouvements manquent de fluidité et de cohérence, bref tout cela nuit à la clarté du récit.

Quant au scénario, il est aussi minuscule que le dessin est imposant… Des dialogues insipides, un humour qui tombe à plat et ne m’a pas déridé une seconde. Qui plus est, des textes tapés à l’ordi, une horreur (Oger en avait-il honte ?). On se demande bien ce qui a conduit l’acteur Perez à s’impliquer dans ce projet. Passionné de BD peut-être ? Si cela suffisait pour se prétendre auteur, ça se saurait… Du coup, on se dit sans vouloir être mauvaise langue que sa notoriété a pu lui faciliter la tâche…

Voilà un premier tome qui ne m’encourage guère à poursuivre une lecture passablement pénible.

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