L'Enfant loué de Joan Brady

L'Enfant loué de Joan Brady
(Theory of war)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Dirlandaise, le 6 octobre 2010 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 68 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 141ème position).
Visites : 4 098 

Une vengeance longuement mûrie

Malory Carrick, une femme d'une quarantaine d'années, détentrice d'un diplôme en philosophie de l'université Columbia et clouée dans un fauteuil roulant, décide de faire des recherches sur sa famille et en particulier sur son grand-père Jonathan dont elle désire connaître la vie. Elle entreprend donc un voyage afin de rendre visite à son oncle Nathaniel Carrick, frère de son père, qui possède le journal de Jonathan mais n'a jamais pu le lire car il est écrit en langage codé. Malory réussit à déchiffrer le code et peut ainsi lire la triste vie qu'a menée Jonathan Carrick.

L'histoire de Jonathan débute quinze ans après la fin de la guerre de Sécession, donc en 1865. Le fermier Alvah Stoke achète un enfant de quatre ans pour l'aider au travail de la ferme. C'était une pratique courante à l'époque d'acheter des enfants de familles pauvres. Ils remplaçaient les esclaves noirs devenus libres depuis l'abolition de l'esclavage. Jonathan est donc vendu pour quinze dollars à cette famille de fermiers misérables. Il ne tarde pas à subir des mauvais traitements et l'enfant joyeux et gai qu'il était à son arrivée se transforme en petit sauvage irascible et endurci. Il grandit tout en subissant les railleries et cruautés de Georges Stoke, le fils d'Alvah qui est du même âge que lui. Les enfants Stoke vont à l'école alors que lui n'y a pas droit. Il apprendra donc à lire seul en regardant les livres scolaires que les enfants ramènent à la maison. Il s'enfuit à l'âge de seize ans, suite à une bagarre avec Georges qu'il laisse pour mort dans une mare de sang. Convaincu d'être un meurtrier, il s'engage comme cheminot à Denver et fait la rencontre de College, un fils de famille riche qui a tout quitté pour travailler sur les trains. Cette rencontre influera sur son destin. Bon, je ne vais pas tout raconter alors je m'arrête ici pour le résumé de l'histoire.

Je n'ai pas aimé ce livre au début. Je trouvais l'écriture ordinaire, pas tellement inspirante, plutôt râpeuse et indigeste. L'histoire commence par la fin alors je ne comprenais pas tellement le propos ni le pourquoi du comment des événements décrits. Mais comme ce livre a remporté le prix du meilleur livre étranger, je me disais que je devais continuer afin de voir si les choses allaient s'améliorer. Je vous conseille donc, si vous décidez de le lire, de vous accrocher car passé les premières pages, l'histoire démarre et vous ne regretterez pas votre lecture, enfin pour ma part, j'ai beaucoup aimé les personnages en particulier Nathaniel, l'oncle alcoolique octogénaire de Malory, qui l'accompagne dans sa quête du passé et apporte son témoignage précieux sur une foule de détails en rapport avec la vie et les moeurs du Midwest américain. C'est typiquement américain avec un brin de philosophie intéressant. Il faut préciser que l'auteure après avoir abandonné la danse a fait des études de philosophie ce qui explique certains passages. La misère effroyable des fermiers du Midwest est admirablement bien décrite ainsi que leurs conditions de vie déplorables. L'absence d'hygiène, l'ignorance et la rudesse étaient monnaie courante. Les femmes de fermiers travaillaient comme des bêtes et l'espérance de vie ne dépassait pas la cinquantaine. À lire donc pour l'histoire uniquement, pas pour l'écriture mais cela en vaut la peine. Le livre a également reçu le prix Whitbread du meilleur livre de l'année en 1994.

« Ce qui me fascine, c'est l'indifférence absolue de l'univers, a dit Atlas dans mon micro. On se promène avec l'impression d'avoir quelque chose de spécial – tu vois ce que je veux dire – de plus précieux, pour la nature, que le reste de la création. Les chiens ont probablement le même sentiment. Les insectes aussi. Même les virus, ils sont des sentiments. Alors donc, voilà qu'on se bat contre un virus – la grippe, par exemple, ou pire encore – et le fait est que la nature n'a rien à foutre de qui va gagner. Toi ou le virus : elle observe mais n'accorde aucun avantage. Elle est parfaitement impartiale. Ça rend les gens fous de rage – surtout les malades. »

« Les gens comme papa, les gens avec ce genre de passé, l'esclavage, la violence quelle qu'elle soit, ces gens ont d'habitude l'esprit aussi brutal que leur passé. Ils sont quasi muets, confus et lents, sauf pour les coups. C'est ça qui est étonnant chez papa. Comment un enragé comme lui a-t-il pu admettre un Dieu ? »

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Les éditions

  • L'enfant loué [Texte imprimé] Joan Brady [trad. par Pierre Alien]
    de Brady, Joan Alien, Pierre (Traducteur)
    Pocket / Presses pocket (Paris)
    ISBN : 9782266070379 ; 6,50 € ; 01/10/1997 ; 303 p. ; Poche
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l'enfant loué

10 étoiles

Critique de Yann (, Inscrite le 5 février 2011, 40 ans) - 5 février 2011

Il est vrai que le début est long mais ça vaut le coup.
Ce livre fait réfléchir, remue les tripes.

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