Jeux croisés de Marie Sizun

Jeux croisés de Marie Sizun

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Elya, le 1 août 2010 (Savoie, Inscrite le 22 février 2009, 34 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 150ème position).
Visites : 3 308 

Court moment de détente

Marie Sizun a reçu pour un précédent ouvrage le prix des lectrices "Elle". Cela se ressent, d'une part au travers de son écriture, que l'on devine féminine, qui est globalement simple, neutre, mais comporte aussi quelques pics plus crus, et d'autre part grâce à l'histoire. En effet les personnages mis en scènes sont deux femmes.
La première fraichement séparée de son compagnon, perdue, nous dévoilant ses pensées les plus intimes, nous amenant peu à peu à comprendre pourquoi cela en est arrivé là malgré une relation amoureuse en apparence exemplaire.
La seconde plus jeune, 18 ans à peine, et maman solo.

Toutes les deux auront de nombreux points communs qui seront dévoilés petit à petit, notamment leur profonde solitude et le délaissement total de leurs proches, qui les emmènera à commettre toutes les deux une petite mais irrévocable folie. Celles-ci vont bouleverser leurs vies respectives, qui indéniablement vont se rejoindre, ce que l'on sentait venir mais qui ne gâche rien au plaisir de cette lecture.

Une intrigue réaliste, ce qui n'était pas chose aisée vu ce qui la constitue. Un très bon petit roman sans prise de tête, qui se parcourt en une journée, et dont on ne devrait pas regretter la lecture.

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Les éditions

  • Jeux croisés [Texte imprimé], roman Marie Sizun
    de Sizun, Marie
    Arléa / 1er mille
    ISBN : 9782869598256 ; 18,50 € ; 04/09/2008 ; 248 p. ; Broché
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Un bébé au confluent de deux fragilités

10 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 88 ans) - 26 août 2011

Dans le sillage de mes 2 précédentes lectures de Marie Sizun (La femme de l’Allemand et Le père de la petite) nous retrouvons cette auteure toujours égale à elle-même, c’est-à-dire sensible et vraie, à l’émotion communicative, et à la prodigieuse finesse d’analyse …

Les phrases courtes de son style pointilliste contribuent à donner à ce roman une dynamique qui captive le lecteur d’un bout à l’autre de ce récit très enlevé, lequel met en scène la toute jeune Alice, mère célibataire fragile, encombrée d’un bébé aimé, Ludo, mais qui semble l’empêcher de vivre.

A cent lieues du profil d’Alice, une autre adulte également fragile nous est présentée : c’est Marthe, prof de maths sérieuse et un peu terne, au seuil de ses vacances scolaires et qui se retrouve tout à coup très seule au lendemain d’une rupture définitive avec son mari. Le couple n’a pas d’enfant.

Un hasard malicieux dans une allée de supermarché la fait croiser Ludo babillant sur son caddie et qu’Alice sa maman vient de perdre un instant de vue, le temps d’une causette.

Et c’est l’irrationnel enlèvement du bébé, tenté et réussi par Marthe en plein état second …

Tandis que le roman décrit avec minutie les jours qui suivent le rapt, le comportement désemparé des deux adultes, leur trouble absolu devant un emballement des événements, le lecteur est traversé par de grandes émotions.

Qu’adviendra-t-il de Marthe en fuite avec Ludo, et d’Alice, incarcérée pour infanticide présumé ?

Avec ce dernier opus, Marie Sizun aura brillamment réussi la gageure d’avoir écrit, l’un à la suite de l’autre, trois romans d’une exceptionnelle qualité !

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