Jézabel de Irène Némirovsky

Jézabel de Irène Némirovsky

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Saumar, le 29 mars 2010 (Montréal, Inscrite le 15 août 2009, 88 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 872ème position).
Visites : 4 974 

Obsession de la jeunesse

Le roman ouvre avec le procès de Gladys accusée du meurtre du jeune Bernard Martin, 22 ans. Irène Némirovsky, l’auteure du roman Jézabel, a sans doute voulu donner une idée d’ensemble de la personnalité de l’héroïne, pourtant, au banc des accusés, celle-ci ne réagit pas, semble plutôt résignée. Cette femme élégante et richissime, d’âge moyen, mais encore d’une grande beauté, ne vit que pour la séduction. Le seul intérêt, même au cœur de l’amour, n’est-il pas un corps désirable! Sa réponse à l’obsession de la jeunesse est la recherche de son ultime plaisir. Pour combler ce désir de plaire à tout prix, elle utilise produits de beauté et vêtements dispendieux, elle assiste à tous les bals et soirées mondaines. Le jour de son 50e anniversaire, elle ira jusque dans une maison de rendez-vous pour se prouver qu’elle peut encore faire tourner la tête des hommes.

La jeunesse de sa fille, lui rappelle sans cesse son âge véritable, signe de déchéance et d’humiliation. Le comble de la cruauté de Gladys, ce sont les trois ans qu’elle exige pour faire retarder, faute de l’empêcher, le mariage de sa fille, puis lui demandera d’avorter pour ne pas devenir Grand-mère. Quel égocentrisme de sa part et quelle détresse elle éprouve dans la perte de ses 20 ans. Pourtant, elle ne pourrait supporter d’être détestée par Marie-Thérèse, comme elle-même avait détesté sa propre mère : froide, sévère et à demi-folle. (63). Le narcissisme de Gladys est la cause de la haine et de la révolte de Marie-Thérèse envers sa mère. Jusqu'où ira-t-elle pour se venger de sa mère?

Némirovsky réussit, sans poser de jugements, à faire passer l’émotion dans cette histoire dramatique bien structurée. J'ai beaucoup aimé ce récit si bien rendu. Un seul hic, trop pressé pour en connaître la fin, on essaie de deviner. À lire à tout prix.

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Une âme noire

9 étoiles

Critique de Nathafi (SAINT-SOUPLET, Inscrite le 20 avril 2011, 55 ans) - 21 octobre 2015


Irène Nemirovsky nous dresse ici le portrait d'une personne abjecte, prête à tout sacrifier pour demeurer la plus belle, malgré les années qui passent et les signes inéluctables de la vieillesse.

Le livre commence au procès de la Belle, accusée d'avoir tué un jeune homme. Elle aimerait qu'on ait pitié d'elle, son égocentrisme se ravit de l'intérêt que l'assemblée lui porte, pourtant on sent chez elle une grande faiblesse derrière ses allures altières, et nombre de fois elle baisse la tête.

Puis vient l'histoire de cette femme, de son enfance, son adolescence, ses premiers émois. Sa vie a été belle, aucun souci de manquer de quoi que soit, le temps de s'occuper d'elle presque exclusivement. Lui fait défaut pourtant la flamme de la jeunesse, qui disparaît petit à petit, et elle court sans arrêt après ces temps révolus.

Cruelle, narcissique, l'âme très noire, elle n'a pour elle que ses attraits, mais qui tombe dans ses griffes n'en sort pas indemne.

Une vie de fêtes, de rires, de danses et d'amants, qu'elle entend mener jusqu'à son dernier souffle, inconsciente que le destin lui-même finira bien par la rattraper.


"Dix ans. Elle pouvait avouer quarante-six ans, dix ans encore de plus que Monti. Cet âge, cette tare, ce crime la poursuivait encore. Pour cet homme qu'elle aimait, elle eut voulu être une enfant, de nouveau une faible et fragile enfant, serrée dans des bras forts. Il fallait être indulgente, maternelle, et elle voulait être aimée et admirée, préférée à toutes, non pas comme une amie, ni comme une épouse, mais comme une maîtresse, comme la radieuse jeune fille d'autrefois."

Qu'elle est belle...

8 étoiles

Critique de Dededu59 (PARIS, Inscrite le 23 décembre 2012, 35 ans) - 24 août 2013

Jezabel est le livre d'une femme, tellement belle qu'elle appréhende le jour où elle ne le sera plus. A coup de fard à paupière, de crayon noir, et de ... mensonges, elle veut préserver sa jeunesse coûte que coûte. Qu'importe sa fille, c'est qu'une enfant de vingt ans, qu'importe son amant un faire-valoir, mais sa jeunesse perdue : une terrible défaite. Égoïste jusqu'au bout, son désir de rester jeune la perdra. A lire parce que le thème est d'actualité dans notre société basée sur l'apparence mais aussi parce que ce livre est prenant, facile à lire & bien mené. La fin est surprenante.

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