Le soleil fané de Tuyêt-Nga Nguyên

Le soleil fané de Tuyêt-Nga Nguyên

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Capucin, le 11 mars 2010 (Namur, Inscrit le 11 mars 2010, 53 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 501ème position).
Visites : 3 584 

Une leçon de vie

La gourmandise est un bien vilain défaut. En refermant le Soleil fané, je me suis senti coupable d'avoir dévoré en deux soirées des pages d'une telle intensité, qui ont demandé à Me Nguyen - le doute n'est pas permis - un grand effort de mémoire et des mois d'abnégation.
A ma décharge, il faut bien reconnaître que le Soleil fané, s'il a subitement réveillé l'Histoire - et ses dates, ses Traités, ses Déclarations, ses uniformes et ses faits d'armes, endormis dans les syllabus oubliés - il l'a aussi habillée de visages et grands coeurs bien plus séducteurs. Et puis faute avouée est à moitié pardonnée, non? Et puis, rien ne m'empêche de le relire...
La poésie du "Journaliste français" m'a passionné, la profondeur de Soleil fané m'a subjugué. Avec le même style envoûtant, Me Nguyen a réussi le tour de force d'écrire le premier avec la plume d'une petite fille, et le second avec celle d'une jeune femme. Quel talent! et quelle leçon de vie!
(Vivement le Tome III)

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Coupable!

9 étoiles

Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 14 ans) - 4 février 2011

Coupable !
Ce mois de mars 1973, l’avenue Paul Héger à Bruxelles résonnait de cris de bataille : c’était le 17e parallèle. De chaque côté les Viet Cong et Viet Min s’invectivaient, et le soleil se fanait ! La police prête à en découdre, le goût de mai 98 sous la moustache. Etudiante, je vaquais paisiblement à mon mémoire ou donnais des rendez-vous à la Bastoche ! Joyeuse jeune Belgique, on riait. C’et fini, fané ce temps, fané le soleil. On n’y pouvait mais … Mais si on avait regardé, écouté, on aurait compris l’immense détresse des gens et du soleil ! Coupable de péché d’indifférence alors que cela se passait sur notre propre campus de L’Université Libre de Bruxelles! « … Encore des manifestations de gauchistes… ! »


Retour sur image avec ce livre autobiographique extraordinaire de Tuyêt alors étudiante en sciences politiques. Nous nous sommes peut-être croisées à L’unishop ou à la bibliothèque. Et puis soudain le 30 avril 1975 : « Sur l'écran, la chute de Saigon, le triomphe de Hanoi, la mort de notre pays. » Et son oncle Quang exilé auprès de sa fille en Floride se lamente : « Il n'y a pas que la guerre qui tue, ma chérie, certaines paix tuent aussi, en silence. » Tuyêt décrit sobrement son pays qui s’écroule, les médias qui mentent, les accords en trompe l’âme. Elle ne prend pas parti, mais la phrase lapidaire de la conclusion de son mémoire n’arrêtera pas de résonner, comme un gong inextinguible dans toutes nos fibres : « Quelles sont les perspectives pour le Viêt-Nam aujourd'hui je les laisse à l'appréciation du jury. Pour ma part, je constate qu'avec la victoire du Nord, ce pays ne connaît plus la guerre. Il connaît les camps de concentration. Merci de votre attention."

A côté de cela, un mémoire de philo-germanique a le goût futile de la poussière. A côté de cela notre petite Belgique est un tableau de mièvreries. Et me viennent à l’esprit les paroles de Victor Hugo : Seigneur! Préservez-moi, préservez ceux que j'aime/ Frères, parents, amis et mes ennemis même/ Dans le mal triomphants,/ De jamais voir, Seigneur! l'été sans fleurs vermeilles,/La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,/La maison sans enfants! (Les Feuilles d'automne (1831) Victor Hugo )
A côté de cela on découvre des pages simples d’Histoire compliquée, une réflexion émouvante sur le pays et la famille, le vécu du courage, l’humilité et la dignité. La beauté d’un « au-dai » qui s’accommode de frites de la place Jourdan. Saisissant !

On n’aura plus jamais le même regard sur cette communauté qui vit dans notre endo-phérie! Lisez ce livre ou plutôt ne le lisez pas, découvrez le style léger et l’émotion de chaque page qui foule l’humanité avec dignité et vitalité.

Les déchirements d'une âme devenant adulte sur fond de guerre

9 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 55 ans) - 25 novembre 2010

Ce livre est la suite du Journaliste français et de la vie de l’auteure. Celle-ci est arrivée à l’âge adulte, termine ses études de politique internationale à Bruxelles, pendant que sa maman est restée dans un Vietnam qui se ferme au monde et où fleurissent les camps de concentration. Elle est tiraillée entre l’engagement de sa mère et de son oncle et la vie sereine qu’elle rêve de mener, entre le Vietnam et l’occident. Elle raconte avec énormément de sensibilité sa relation avec sa mère. (Elle a compté qu’elles n’avaient vécu ensemble que quatre ans en tout pendant les 23 ans de son existence.) Il existe même une contradiction entre les non-dits dans sa famille et la facilité avec laquelle elle semble écrire ses sentiments. Mais quelle finesse dans le style !

Intense

8 étoiles

Critique de Isabella (Paris, Inscrite le 19 décembre 2009, 41 ans) - 12 mars 2010

Un livre vibrant et intense et, effectivement, une belle leçon de vie.

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