Comment les fourmis m'ont sauvé la vie de Lucia Nevaï

Comment les fourmis m'ont sauvé la vie de Lucia Nevaï

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Aliénor, le 13 novembre 2009 (Inscrite le 14 avril 2005, 56 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (41 500ème position).
Visites : 3 966 

Un beau personnage

Belle surprise que ce roman choisi simplement parce que son titre m'avait plu. L’histoire de Crane, petite fille qui grandit dans la misère, entre deux mères et un père tous les trois plus fantasques et dépassés les uns que les autres, est très touchante. Née avec une tête déformée parce que sa mère a essayé de se débarrasser d’elle lorsqu’elle était enceinte, cette enfant va grandir entre un frère et une sœur qui vont lui apporter tout l’amour qu’il leur est possible de donner dans ces conditions plus que difficiles. Mais la vie va les séparer, et malgré cette douleur qui ne la quittera pas, Crane va avoir de la chance. La chance d’être recueillie par une famille aimante au sein de laquelle elle va pouvoir se construire. La chance aussi d’aller enfin à l’école, où elle va se révéler très douée, en particulier dans les matières scientifiques. Et une étude sur les fourmis va lui ouvrir les portes d’un avenir prometteur.

J’ai donc aimé ce livre assez singulier, et en particulier son personnage principal de petite fille un peu décalée qui fait le dur apprentissage de la vie. Et qui est tiraillée entre son ancienne vie dont elle avait su tirer quelques enseignements, et la nouvelle qui est tellement plus facile mais où elle continue d’être regardée comme un monstre de foire. Une petite fille qui va devenir une femme pleine de failles et de blessures. De ce type de blessures qui rendent fort et beau.

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Les éditions

  • Comment les fourmis m'ont sauvé la vie [Texte imprimé], roman Lucia Nevaï traduit de l'anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain
    de Nevaï, Lucia Adelstain, Françoise (Traducteur)
    Philippe Rey
    ISBN : 9782848761466 ; 18,00 € ; 20/08/2009 ; 236 p. ; Broché
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Aux USA, dans les années 50

8 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 48 ans) - 1 décembre 2014

Ah la la, quelle famille que cette famille Cavanaugh, ces gens qui habitent dans la bicoque insalubre au bout du champ de maïs au fin fond de l'Iowa des années 50. D'abord, les adultes. Il y a le père, Big Duck, prédicateur raté qui passe ses journées à boire, à tricher, euh, jouer au billard et à soupirer après la belle Tit. La femme de Big Duck, c'est Flat (Flaherty) ; elle est folle amoureuse de son mari, et, étant également folle tout court, elle passe ses journées au piano, à chanter des psaumes et à prédire l'apocalypse à tous ceux qui se vautrent dans le péché, en particulier la belle Tit. La (toujours) belle Tit, Letitia de son vrai prénom, est d'origine sioux ; elle vend des vitamines Vitalife, et puis son corps aussi, il faut bien ramener de quoi boire à la maison ! Dans la bicoque de deux pièces, sans salle de bain ni WC, on trouve également : Little Duck qui, comme son nom ne l'indique pas, est le fils de Tit et d'un inconnu probablement rencontré lors d'une virée pour vendre les vitamines Vitalife, Jima, la fille de Flat et de Big Duck, alcoolique précoce, et enfin, la petit Crane, défigurée et bigleuse, fille de Tit et du pharmacien de la ville (qui vend probablement des vitamines Vitalife, mais l'histoire ne le dit pas).
Et c'est justement la vie de Crane que va nous raconter ce livre. Cette petite Crane défigurée parce que sa mère n'a pas réussi à en avorter, dépendante des drogues ingurgitées et inhalées par la brave maman pendant la grossesse, avec les côtes saillantes de ne rien manger de plus que des vitamines (je ne vous dis pas la marque, je crois que la publicité est interdite…), et qui n'a jamais vu ni un peigne ni un savon. Regardez-la, entre son frère et sa sœur, guetter le train de 21h49, ce qui représente la grande (et unique) distraction de leur journée.
Et puis un jour débarque Sam Fanelli, un Italien qui a décidé de faire un lac de pêche au milieu de nulle part, c'est-à-dire à côté de la bicoque des Cavanaugh. Et avec lui apparaissent le progrès, les gens, la normalité, ainsi que la boutique de pêche dans laquelle les deux sœurs vont vendre leurs seaux de vers de terre aux pêcheurs amateurs. Et peu à peu, c'est une petite ville qui se développe autour de ce lac, petite ville bien décidée à raser la bicoque insalubre qui fait de l'ombre aux jolis pavillons qui commencent à s'élever dans le paysage et à remettre les enfants indigents, abandonnés par Tit et Big Duck, aux autorités compétentes. Voilà, c'est la chance pour Crane et sa fratrie de prendre en main leur destin !
Alors, si vous vous savoir comment les fourmis ont pu sauver la vie de Crane, n'hésitez pas à vous laisser tenter par ce livre de Lucie Nevaï. Rien de sordide malgré le sujet, bien au contraire !! Dès les premières pages, on sent bien que Crane en a dans la tête (désolée pour le jeu de mot…), à vrai dire, c'est une surdouée. Elle nous décrit très pragmatiquement mais avec beaucoup de recul sa vie. Elle puise auprès de son frère et sa sœur, dont elle très proche, ce que son trio parental défectueux n'est pas à même de lui offrir. Et du coup, les délires religieux de Flat, la faim continuelle des enfants, ou les préparatifs de la rentrée scolaire d'Ollie (c'est un personnage qui intervient plus tard dans l'histoire) sont nettement plus désopilants que pathétiques ! Il y a à la fois beaucoup de pertinence et d'indulgence face aux personnes que Crane rencontre sur sa route, et les traits de caractères sont tellement évocateurs qu'on a l'impression qu'on les reconnaîtrait dans la rue si jamais on les croisait.
Enfin, cet ouvrage est un livre malin, qui sous couvert de nous raconter la vie d'une petite indigente, se permet de pointer de façon très pertinente tous les travers de la société américaine des années 50, qu'on parle de différences, de statut social, de religion, ou de la middle class.
Bref, ce petit livre original, drôle et intelligent est une vrai belle découverte !

Nous commencions à deviner que nos évangélistes de parents nous trompaient. Les gens ne passaient pas toutes leurs journées dans la crasse, avec pour seules idées celles que leur fournissait la Bible.
Sister Maureen enseignait la géologie selon la Bible. Son cour sur la Création commençait par la lecture de la Genèse : Dieu créa le monde en sept jours. J'avais vu un homme fabriquer un lac : il lui avait fallu quatre-vingt-dix jours – avec des engins de terrassement.

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