Personne ne sortira d'ici vivant de Jerry Hopkins, Daniel Sugerman

Personne ne sortira d'ici vivant de Jerry Hopkins, Daniel Sugerman
( No one here gets out alive)

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances , Arts, loisir, vie pratique => Musique

Critiqué par Gilles1949, le 10 mai 2009 (Inscrit le 29 avril 2008, 72 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 623ème position).
Visites : 6 204 

Tout "fan" des Doors devrait lire ce livre.

Lorsqu'un très bon livre est, en plus, historique ou biographique, il devient alors excellent.

La quasi-totalité des personnes qui vont lire ce texte connaissent ou ont déjà entendu parler du groupe The Doors et savent que le chanteur soliste en était Jim Morrison. Mais, qui sait qui était réellement Jim Morrison? Où, quand et comment il est mort? Que sa dépouille aurait été déposée dans une tombe du célèbre cimetière du Père-Lachaise à Paris?

Pourquoi "aurait"? Parce que, pour certaines personnes, il ne serait pas mort; enfin, pas au moment où nous le croyons.

Jerry Hopkins, un grand spécialiste de la musique rock, est l'auteur de la première biographie d'Elvis Presley et a déjà rencontré Jim Morrison à l'occasion d'une entrevue pour le magazine Rolling Stone et lors d'une tournée des Doors au Mexique.

Daniel Sugerman a fréquenté les Doors dès l'âge de douze ans – au début il répondait au courrier de leurs fans – et, après la mort de Jim Morrison, il est devenu le second manager du groupe. Il est mort en 2005.

Hopkins et Sugerman sont les auteurs de Personne ne sortira d'ici vivant, une excellente biographie de Jim Morrison – en fait, la meilleure biographie que j'ai lue depuis celle de Victor Hugo par Alain Decaux. Sugerman en signe l'avant-propos. La liste de presque quatre pages de noms qui constitue les remerciements témoigne de la qualité de la recherche qui a été effectuée afin de produire une œuvre aussi rigoureusement exacte que crédible. Suit, une Discographie, ainsi qu'une liste de Livres et de Films pertinents.

Jim Morrison naquit le 8 décembre 1943 et fut un être tourmenté jusqu'à son décès le 3 juillet 1971, à l'âge de 27 ans, de causes inconnues. Esclave de l'alcool et de la drogue, élu l'homme le plus sexy du rock'n'roll, il était, aussi, un intellectuel très érudit, un poète et un philosophe.

« Brillant, scandaleux et obsessionnel, refusant tout compromis, n'acceptant aucune forme d'autorité, ce héros dionysiaque aimait l'ivresse que procure la boisson mais aussi celle des hauteurs et de la scène. Figure emblématique du rock, il a conquis sa place au panthéon des artistes torturés qui ont vécu trop intensément pour ne pas en mourir. Sa disparition voilée de mystère ne fit qu'entretenir sa légende. » (Quatrième de couverture).

Jim Morrison un être complexe?

- Page 91 : « […] Jim venait en classe en grimpant sur les parapets, en chantant et en criant, il couvrait les murs des toilettes de graffiti mordants et faisait rouler des bouteilles de vin vides dans les allées du cinéma pendant les projections. […] »

- Page 68 : « Jim, au lycée, avait lu Éros et Thanatos, de Norman O. Brown, une interprétation freudienne de l'histoire […] Le professeur était fasciné ! "Les derniers cours furent consacrés à discuter cette thèse", dit Bryan, "et Geschwender et Jim furent les seuls à parler. Il s nous laissaient loin derrière. Nous ne savions même pas ce dont ils parlaient". »

- Page 85 : « Une autre fois Jim et John se soûlèrent ensemble au Lucky U et Jim insista pour aller à la bibliothèque publique toute proche. […] Il [John] rattrapa Jim et le trouva en train d'uriner par terre entre deux rayons. Jim le prit par le bras et l'entraîna. Une femme approchait. « Hé, madame, cria Jim, hé, madame… »

- Page 82 : « Dennis et Jim restaient des heures à discuter de Nietzche, s'opposant parfois, le plus souvent unis dans la même exaltation, se lisant l'un à l'autre de longs passages du philosophe. »

Avec ce livre vous allez fréquenter un individu colérique, à l'âme continuellement torturée, fasciné par les foules, presque toujours soûl, errant d'hôtels en appartements minables. Vous allez rencontrer les Beatles, les Rolling Stones, les Beach Boys, les Jefferson Airplane et plusieurs autres. Vous allez revivre les décès de Jimi Hendrix et Janis Joplin. Vous allez, aussi, découvrir Jim Morrison l'écrivain.

Et, après l'avoir refermé, comme moi, vous allez vous demander pourquoi ces personnes si excentriques et si différentes de nous, nous fascinent tant.

Et vous n'écouterez jamais plus Light my fire de la même façon.

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Strange People

10 étoiles

Critique de Antihuman (Paris, Inscrit le 5 octobre 2011, 39 ans) - 9 octobre 2011

A l'inverse de beaucoup de ces groupes d'aujourd'hui contenant tant de ces faux "rebelles" faisant surtout pour leur majorité joujou avec des bolides de marque, la cocaïne, ou de ces lisses bons sentiments, les Doors, souvent imités jamais égalés, ont pour leur part tout fait pour accréditer une légende tirée du vrai.

Ayant rencontré par hasard Morrison sur Venice Beach, les autres membres de cette formation, étant de véritables musiciens de génie, prenaient en compte toute forme d'art (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils ont accepté Jim et ses poèmes, qui pour sa part; ne savait jouer d'aucun instrument): et entre autre, sans doute, raison pour laquelle ils se réclamaient plus tard de la théorie de l'Art pour l'Art. Quoique donc cette bio de Hopkins et Sugerman, peu critique mais très fouillée, parvient à nous faire apercevoir ce qu'était la vie et le quotidien d'un groupe mythique, on y surprend particulièrement la genèse de certaines chansons ainsi qu'également, la jeunesse de quelques uns de ces membres, dont bien entendu celle du Roi Lézard - parmi d'autres particularités l'addiction du chanteur pour le journal "Mad" , son amour de la farce, son goût pour la lecture, ses notes peu brillantes en classe. Quant à la théorie apparue de nos jours selon laquelle Jim aurait été assassiné, elle est certes à prendre en compte car il est à signaler pour ceux qui doutent que Morrison, ce Dyonisos du rock, appréciait davantage le vin que la drogue, et qu'on ne l'a d'ailleurs vu que très rarement s'entourer de gardes du corps, même à Paris.

"Je veux être l'Incarnation absolue du Mal", disait souvent Jim en interview. C'est réussi (ou presque.)

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