L'origine de la violence de Fabrice Humbert

L'origine de la violence de Fabrice Humbert

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Janair, le 11 mars 2009 (Lyon, Inscrite le 20 juin 2004, 73 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 504ème position).
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L'homme de la photo

Un jeune professeur de français, accompagnant ses élèves en voyage scolaire, visite le camp de Buchenwald. Accroché sur un mur du musée une photo attire son attention, sur la photo un détenu du camp, cet homme est le sosie de son père, mais impossible que l’homme de la photo soit son père, celui-ci est bien vivant, il n’a jamais été prisonnier, personne dans la famille n’a été déporté, alors ?
Ici commence une enquête qui plonge le narrateur dans l’horreur des camps, dans les archives de Buchenwald. Il cherche les documents, les témoins qui pourront l’éclairer.

« Dans le calme de l’Ettersberg, le souvenir des cinquante-trois mille morts faisait se lever une armée d’ombres silencieuses. Je m’avançait dans le brouillard avec une légère angoisse. Aux aguets comme si j’étais en attente. »

Il apprend l’identité de l’homme de la photo : David Wagner, mais rien en apparence ne relie cet homme à sa famille. Il part sur les traces des autres personnages de la photo, tous nazis notoires.
Enquêteur tenace, ses recherches vont le mener à Göttingen, à Berlin, mais surtout dans sa propre famille. C’est une quête des origines, une réflexion sur le sens du mot « filiation ».

On retrouve dans ce roman le thème central d' « Un juif pour l’exemple » le thème de la violence, du mal absolu mais traiter de façon totalement différente et avec un grand talent.
Le narrateur est obsédé par la violence, y compris celle dont il est capable.
« Depuis toujours, la peur et la violence m’ont hanté. J’ai vécu dans ces ténèbres. j’ai toujours craint qu’on m’entraîne, m’attache, m’écorche, comme un animal nuisible. »

Fabrice Humbert invite dans son roman, Primo Levi et Jorge Semprun, il réussit le tour de force d’écrire un roman profondément humain, très bien documenté, historiquement et psychologiquement juste et qui se lit avec avec un sentiment d’urgence très fort.

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La violence enfouie

8 étoiles

Critique de Paofaia (Moorea, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 28 octobre 2013

La violence ne m’a jamais quitté.
Je suis l’homme le plus gentil du monde. Avec mes élèves de sixième et cinquième au lycée franco-allemand, je suis l’homme le plus doux qui soit. En plusieurs années d’enseignement, je crois ne m’être jamais mis en colère. Ils me font rire et je les trouve incroyablement touchants et drôles, si merveilleusement enfantins, juste avant le grand départ de l’adolescence qui va les perturber pour des années. Dans la vie courante, je suis calme, presque lymphatique, marchant lentement dans la rue, le nez en l’air, comme un benêt.
Mais l’envers du décor, c’est l’autre homme. Celui qu’un mot agresse, qu’une élévation de la voix inquiète, met sur ses gardes, comme un animal. Celui qu’un geste trop brusque du bras alerte. Celui qui se réveille le matin plein d’angoisse et qui doit organiser ses pensées pour faire le bilan de sa vie et déclarer: « Il n’y a aucun motif d’inquiétude, calme-toi. »
Et par conséquent, celui qui ne supportera pas le mot agressif, la voix trop forte, ou le geste brusque. Celui qui sentira la violence monter en lui comme une furie. Et qui sera prêt à frapper, comme il l’a fait dans la rue, lorsqu’un excité a tapé sur sa voiture. Celui qui a tellement honte de cette violence qu’il tâche de l’engloutir au plus profond de lui-même, jusqu’à en être miné, jusqu’à en investir chaque phrase de ce travail de l’inconscient qu’est l’écriture. Je parle toujours de la violence, j’écris toujours la violence. Mon rêve depuis toujours est d’écrire des romans comiques, alors pourquoi faut-il que j’aligne des personnages semi-tarés, emportés au loin par l’ivresse de la destruction?


L’histoire est celle d’un enseignant qui, lors d’un voyage scolaire à Buchenwald, tombe sur une photographie de Himmler, venu visiter le camp de concentration. Il y est entouré de plusieurs personnages qui auront une grande importance dans ce roman. Et on y aperçoit aussi un détenu qui ressemble de façon stupéfiante au père du narrateur. Cette vision va mener ce narrateur à une enquête sur sa famille, et surtout sur les secrets de sa famille. Enquête qui va transformer toute sa vie, à la recherche, finalement, de l’origine de ses terreurs nocturnes et de ses propres pulsions violentes.


Une violence sans bornes ni limites, une violence qui chemine sourdement à travers les époques, levant par instants sa tête sifflante et serpentine. Et même si l'origine a pu se trouver dans ce destin familial, la violence a été convoyée jusqu'à moi, sans doute tapie dans les silences de mon père. Par ces étranges et fascinants cheminements de l'enfance, cette plaque sensitive qui lègue pour toute la vie une conscience, la violence m'a été livrée en héritage. Je suis mon grand-père livré aux bourreaux, je suis mon père frémissant d'une violence suicidaire, je suis l'héritier d'une immense violence qui traverse mes rêves et mes récits.

Ce n’est pas un roman que l’on peut raconter (et il ne faudrait pas, il y a un côté "polar" avec des rebondissements jusqu'à la dernière page), même si le fil conducteur est bien sûr l’enquête. Car il regorge de longues digressions, d’allers et retours dans le temps, l’Histoire et la réflexion. Même s’il comprend de longs passages- souvent difficilement soutenables, c’est-à-dire simplement très documentés, sur Buchenwald- ce n’est pas un roman uniquement centré sur cette période tragique, ni sur les secrets de famille, ni sur l’identité, ni sur l’écriture, etc.
C’est tout à la fois. Et c’est un sacré tour de force de réussir à conduire ce récit qui appartient à plusieurs registres, historique, roman de formation, mythologique, philosophique et bien d’autres ( autobiographique? On se pose la question après avoir lu les remerciements), et dans lequel interviennent tant de personnages réels comme bien sûr Levi et Semprun, mais aussi Artaud, Ronsard, ( « Il faut tuer le corps de l’adversaire/Il faut, mon Duc, la dépouille attacher, /Toute sanglante au dessus de la porte, L’Hydre défait, déjà moins charmant que Mignonne, allons voir si la rose. . ), Stanley Kubrick et Ilan Halimi. Et d’autres fictifs. Ou non, peu importe.
En tout cas, j’ai vérifié, Erich Wagner, médecin à Buchenwald a bien existé, et s’est effectivement suicidé en 1959 (fait prisonnier par les Américains en 45, il s’était évadé et exerçait tranquillement en Bavière. . ) .

Et les dernières pages font frémir devant tant de monstruosité finalement tristement ordinaire..
Brillant roman et auteur à suivre de près!

une histoire de quête

10 étoiles

Critique de Tyty2410 (paris, Inscrite le 1 août 2005, 37 ans) - 28 octobre 2013

Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie. Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche Wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence.

Ce livre est un livre de recherche, de quête de soi. On se rend compte que la question d’où je viens est aussi importante que la question où on va? Ce que nous sommes en tant qu'individu vient de nous-mêmes mais aussi de notre enfance. La quête de soi passe donc par le passé et l'histoire. Et quand l'histoire se mêle à l'Histoire, tout se complique..... La vérité commence à être difficile

J'ai beaucoup aimé ce livre, pour le thème, pour le style d'écriture, pour les questionnements et l'avancée de l'auteur vers son passé, son présent, son avenir.
Ce n'est pas un livre à proprement parler sur la Shoah mais cela nous fait réfléchir sur la place de l'Histoire dans l'histoire. Sur le passé et la place qu'il doit occuper dans notre vie

Chacun son dû.

8 étoiles

Critique de Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 53 ans) - 5 novembre 2011

Sujet maintes fois développé dans des centaines de livre, légitimité ou pas de Humbert, son livre se lit d'une traite. Son approche du mal est très intéressante, va au delà de ce qu'il est convenu d'appeler le politiquement correct. Il dépeint une époque, replace les protagonistes de cette période dans le contexte, Il y a les méchants-méchants, les méchants-gentils et les gentils-méchants.
Facile en 2011 de tirer sur l'ambulance, bien confortablement assis devant son PC avec un pseudo. J'ai apprécié la démarche de Humbert qui trouve une autre voie que celle de la compassion ou du jugement. Ni procureur, ni trop indulgent, Humbert jette à la figure de ses lecteurs le récit d'une famille qui s'étale sur trois générations, la bourgeoisie de province, l'amour, l'adultère, la guerre et ses fichus camps de la mort. Humbert le dit avec beaucoup de tact, nous sommes tous les petits enfants de cette période. J'ai parfois le sentiment que nos historiens modernes oublient tout ce que le nazisme a induit dans notre société actuelle, Humbert remet les pendules à l'heure.

Un peu brouillon, manque de maturité et de profondeur

5 étoiles

Critique de Rouchka1344 (, Inscrite le 31 août 2009, 33 ans) - 16 juillet 2011

"L'origine de la violence" est un livre qui n'est pas si mal, si ce n'est que vu les sujets qu'il traite, il aurait été mieux si l'auteur s'était écarté des chemins convenus (la réflexion sur le Mal, sur les Hommes, thèmes pris et repris dans la littérature de la Shoah). Beaucoup de romans, d'auteurs qui ont, eux, vécu réellement les camps et le nazisme ont bien plus de choses à nous raconter que le résumé de Humbert de certains livres (notamment Histoire d'un Allemand, Sebastian Haffner, à lire absolument !).

Le roman me donne l'impression d'être un peu brouillon, il traite beaucoup de sujets à la fois sans vraiment les approfondir. Il y a plusieurs bonnes idées, mais au final, l'auteur se répète, fait du blabla pour combler les faiblesses de l'intrigue. Il y a pas mal de répétitions et les réflexions sur les camps et sur les origines du Mal qui pourraient être intéressantes deviennent vite rabâchées.

L'écriture simple et agréable mais sans génie n'arrive pas à estomper les manques de fond du roman.

Humbert cite beaucoup d'auteurs comme Haffner, Levi, Semprun... Je crois qu'au final, il vaudrait mieux laisser Humbert et lire les livres de ceux qui s'y connaissent vraiment.

enquête sur le mal intime

8 étoiles

Critique de Madamedub (Paris, Inscrite le 27 janvier 2011, 39 ans) - 14 février 2011

C'est lors d'un voyage en Allemagne, à Buchenwald, avec ses élèves, que le narrateur découvre une photographie d'un prisonnier du camp, David Wagner, qui ressemble étonnamment à son père.
Cette image ne cessera de le tourmenter jusqu'à ce qu'il découvre le véritable parcours de cet homme, tailleur juif français, amoureux de l'épouse d'un riche préfet normand.
Mais qui était David Wagner, et qu'a-t-il fait pour mériter une fin si violente et si inhumaine?

Car la violence est le véritable thème ici, et l'insupportable aléatoire des destinées. Comment comprendre, justifier, le sort de millions de gens dans les camps? De devenir de la sorte le martyr de tout un continent?
Toute sa vie, le narrateur s'est interrogé, pour reprendre un titre de Primo Levi, sur "les élus et les damnés", ceux qui s'en sortent et ceux sur lesquels le malheur et la souffrance s'acharnent. Et au milieu que reste t-il, à part celui qui, spectateur de l'histoire, peut décider ou non d'intervenir?
Car finalement, qu'est-ce qui distingue les bourreaux des martyrs? Qu'est-ce que ce mal qui s'empare sporadiquement de certains parmi les hommes? Est-ce une folie ou un véritable Mal? Un dérapage de l'histoire ou une véritable conséquence de l'échec de la politique et de la morale européennes?

Deux parcours sont enchâssés dans le récit, celui du grand-père inconnu, et celui du narrateur ; mais ce double récit est également enclavé dans une double histoire, celle de la seconde guerre mondiale et celle de deux familles, hasardeusement connectées et pourtant diamétralement opposées, les Fabre et les Wagner.

Chacun est finalement hanté par la question de la faute, de la culpabilité, et de la responsabilité. Aux réponses habituelles "c'était une autre époque", "un autre que moi aurait fait pire", "tout le monde a été saisi de folie", demeurent des questions destinées à ombrager la bonne conscience humaine.
En France particulièrement, la question de la collaboration reste un trouble dans la civilisation.
Le grand-père (finalement adoptif) du narrateur était préfet en Normandie durant le régime de Vichy. Mais qui peut dire qu'il aurait agi différemment?
Dans "La Chute", Albert Camus clôt de cette façon son récit alors que le héros voit sa vie remise en question après n'avoir pu réagir à temps pour sauver la vie d'une femme: " il est trop tard, il est toujours trop tard, heureusement..." Et c'est tout l'édifice de sa conscience qui s'écroule.

Secret perdu

6 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 80 ans) - 13 octobre 2010

Fabrice Humbert est certainement un jeune écrivain qui a le talent et l’énergie nécessaire pour mener de bout en bout une histoire originale et captivante. Sans parler de thriller, je dirai que « L’origine de la violence » est un roman auquel on se laisse prendre et qui ne vous lâche plus. Le sujet n’était pas sans embûche. Romancer un épisode possible de la Shoah inséré dans un roman était « casse gueule », si on veut bien me passer l’expression, triviale certes mais juste. Nous ne sommes pas ici dans une tentative imaginaire comme celle de Yannick Haenel sur « Jan Karski », ni dans la quête bouleversante et désespérée de Daniel Mendelsohn pour « Les disparus ». Nous sommes dans un roman bourgeois sur un secret de famille dont l’Histoire est la cause sournoise, la complice assassine et la révélatrice obscène.

Si ce bon roman est original, il est aussi imparfait. Le récit fait plus penser à une énigme à résoudre, ce qui parfois peut le banaliser, qu’à la recherche de « la région cruciale de l’âme où le Mal absolu s’oppose à la fraternité » pour reprendre l’expression de Malraux que Fabrice Humbert cite après Styron et Semprun. Par ailleurs, l’auteur qui a souvent un style élégant, voire brillant –« L’éphémère de la vie suspendu par une photo »- se laisse aller à quelques formules trop répétées comme celle des deux adjectifs – « l’un est « séduisant et ambitieux, l’autre intelligent et rusé », « un frisson rassurant et fugitif », « ce respect opaque et insignifiant qu’on accorde à des murs vides », etc… Mais surtout, Fabrice Humbert veut trop en dire ce qui n’est pas sans créer parfois une certaine confusion. Son style s’alourdit alors d’incidences et de détails sans intérêt particulier. Il veut aussi trop en dire en abordant des points qui certes ne sont pas « hors sujet » mais ne sont pas sans créer une confusion des genres. Ainsi le drame d’Ilan Halimi, ce jeune juif torturé et assassiné il y a quelques années par une bande de racistes m’a-t-il paru « déplacé ».

Mais un roman imparfait peut apporter le bonheur d’une lecture un peu grave que la personnalité et la jeunesse de l’auteur vivifient.

introspection

9 étoiles

Critique de Jaimeoupas (Saint gratien, Inscrite le 4 octobre 2010, 52 ans) - 4 octobre 2010

Joli essai d'introspection, chercher à se comprendre en connaissant son passé.
Un style agréable, clair et prenant.
Une jolie histoire de rencontre avec les origines

Assez convenu, assez complaisant...

6 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 84 ans) - 26 septembre 2010

L'intrigue proposée est intéressante : découvrir que son grand-père n'est pas le notable que l'on croit, mais un juif ambitieux qui avait séduit la femme de ce grand-père avant de finir massacré à Büchenwald, ce n'est pas banal et permet des commentaires intéressants sur le nazisme, l'antisémitisme latent en occident, etc...

Malheureusement ce jeune auteur en rajoute un peu, l'horreur concentrationnaire est abordée avec un peu de complaisance et transforme parfois le lecteur en voyeur. Par ailleurs le Mal avait plusieurs visages à cette époque, il n'évoque que le Mal convenu aujourd'hui, à savoir le nazisme. Pourtant le communisme faisait des ravages. Ayant moi-même visité Büchenwald bien avant la chute du Mur, donc sous la houlette des autorités communistes, j'aurais bien des choses à raconter sur le sujet...

Pourtant, n'accablons pas l'auteur, il nous livre un ouvrage bien documenté que l'on referme sans regret, même si l'on n'y apprend pas grand'chose de nouveau.

A la recherche d'un visage sur une photo au camp de Buchenwald

8 étoiles

Critique de Francesco (Bruxelles, Inscrit le 16 février 2001, 79 ans) - 27 janvier 2010

Très beau roman , émouvant et poignant : récit du narrateur à la recherche de l'identité d'une victime de Buchenwald dont la photo aperçue lors d'une visite scolaire au camp ressemble étrangement à celle de son père.
Une enquête haletante à travers sa famille qui aboutira à des révélations surprenantes et tragiques.
Assurément un premier coup de coeur littéraire de cette année.

Vite, trop vite (?),

5 étoiles

Critique de Monito (, Inscrit le 22 juin 2004, 51 ans) - 5 juillet 2009

l’intrigue s’achève et l’on sait qui se cache derrière le visage de cet homme que croise l’auteur sur une photo exposée au camp de Buchenwald. Très vite alors découvre t-on une histoire de famille, un rapport trouble à l’identité et à la violence qui se perd un peu dans des considérations qui semblent superficielles au regard de la profondeur possible du sujet traité. Sans attendre un roman concentrationnaire, Humbert n’ayant ni le talent de l’expérience de Wiesel Levi ou Semprun, on regrette la précipitation de l’auteur à dire tout. Ainsi toute une partie centrale de l’ouvrage m’a t-elle ennuyé, à peine rattrapée par une fin où la psychologie des personnages survivants aurait pu être développée.

Recherche d'identité

7 étoiles

Critique de Aliénor (, Inscrite le 14 avril 2005, 56 ans) - 28 mai 2009

Ce livre n’est pas un témoignage de plus sur la Shoah. C’est un roman, une fiction qui mêle petite histoire et grande Histoire. La précision est importante à plus d’un titre. D’abord car il ne faut pas se méprendre ; la déportation n’est pas l’objet de ce livre même si elle y est centrale. Ensuite car le fait d’avoir ancré cette intrigue imaginée au cœur d’une horreur bien réelle rend parfois la lecture troublante. Cette histoire semble tellement personnelle que l’on en oublie parfois qu’il s’agit de fiction.

Tout commence par une visite scolaire dans le camp de Büchenwald. Une visite organisée par un jeune professeur d’un lycée franco-allemand, qui est le narrateur de cette histoire. Parmi les photographies présentées, une attire tout particulièrement l’attention du jeune homme. Une photo sur laquelle il reconnaît son père. Mais il ne peut bien sûr s’agir de lui, son père étant né en 1942. Hanté par cette ressemblance frappante, il va alors se lancer dans une véritable enquête pour découvrir l’identité de cet homme. Une enquête qui va lever le voile sur de lourds secrets familiaux et répondre à de nombreuses questions qu’il se posait déjà.

Ce roman est beau, tout simplement, et je veux vraiment vous donner envie de le lire sans trop dévoiler de l’intrigue. Haletant durant toute sa première partie, qui correspond à la résolution de l’énigme de la photographie, il prend toute son ampleur dans la seconde partie, dans laquelle l’auteur écrit – à mon sens- ses plus belles pages. Les plus touchantes et les plus émouvantes, notamment lorsque le grand-père Marcel prend la parole et dévoile enfin ses sentiments. Le tout dans un style qui n’a rien d’exceptionnel, mais qui a ce je ne sais quoi qui accroche.

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