Le Vin de solitude de Irène Némirovsky

Le Vin de solitude de Irène Némirovsky

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Dudule, le 20 février 2008 (Orléans, Inscrite le 11 mars 2005, - ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 047ème position).
Visites : 6 056 

Portrait d'une jeune fille

Hélène petite fille bien seule, fille unique de la famille Karol, son père, Boris, trop souvent absent pour le travail, joueur, il l’oublie pendant des heures dans le hall d’un casino, sa mère, Bella, n’aimant que le luxe, son amant Max (le charmeur cousin), qui souffre de se voir vieillir, en Finlande Mme Haas disait en parlant d’elle : « Ça une mère ? …La caricature d’une mère, oui ! », heureusement, il lui reste sa gouvernante française Mlle Rose pour lui donner un peu d’affection.

Hélène va grandir dans ce trio sans jamais trouver sa place jusqu’au jour où grandie, elle décide de se venger de toutes ses souffrances infligées par sa mère pendant toutes ces années.

Ce livre retrace aussi les événements qui bouleverseront la Russie, la bourgeoisie qui profita des massacres de la Première Guerre Mondiale pour s'enrichir outrageusement, précipitant ainsi la Révolution de 1917.

En lisant ce livre on ne peut pas oublier son côté autobiographique, Hélène née en Ukraine, départ pour St Petersbourg, la fuite en Finlande puis l’exil à Paris et cette rancœur de la mère toujours aussi présente.

Ce livre est merveilleux, d’une écriture remarquable, je l’ai dévoré.
Il faut vraiment découvrir Irène Némirovsky, exceptionnelle, du génie, un vrai régal.

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Haine mère-fille

8 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 60 ans) - 1 mars 2020

" Le vin de solitude" d'Irène Némirovsky (336p)
Ed Albin Michel

Bonjour les fous de lectures

On ne présente plus Irène Némirovsky, auteure prolifique à souhait.
D'elle je n'avais lu que "Jezabel" , il était temps de continuer la découverte.

Hélène vit une enfance solitaire entre un père juif, banquier, flambeur et souvent absent et une mère frivole et volage.
D'affection, elle n'en reçoit que de sa gouvernante.
Pas facile de trouver sa place entre un père adoré mais distant et une mère méprisante.
Hélène n'aura de cesse de se libérer de l'emprise de cette mère.
Huis-clos familial oppressant retraçant l'histoire de cette famille russe fuyant la révolution bolchevique et qui, après un séjour en Finlande, s'installera à Paris.

Histoire de l'apprentissage d'Hélène, de son émancipation, de sa libération.

Ce livre est largement autobiographique et raconte les relations complexes entre une mère et sa fille.

Bien que le récit soit relaté avec une certaine froideur,Irène Némirovsky possède une écriture fleurie à la Maupassant qui rend la lecture addictive.

Bonjour tristesse

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 62 ans) - 19 février 2020

Bonjour tristesse

SUITE FRANÇAISE, ce livre inachevé, publié après la mort tragique de l'auteure, qui obtint le prix Renaudot en 2004, a sans doute rendu un appétit aux lecteurs pour l’œuvre délicate de cette romancière russe d'expression française.
Nous voici plongé dans l'histoire d'une petite fille qui cherche désespérément l'amour de sa mère. Cette dernière, trop occupée à roucouler avec ses amants et ce père qu'elle aime tant mais qui n'est jamais là, pourvoient à l'éducation de l'enfant par l'intermédiaire de Mademoiselle Rose, une gouvernante française, qui sera la seule source d'affection de la petite fille.
Hélène vivra son enfance comme une orchidée, à température constante, dans une lumière tamisée et l'air saturé de Saint Pétersbourg.
En grandissant, Hélène qui deviendra une jolie jeune femme cultivera ce mépris envers sa mère, Bella, dira : " je n'aime personne, Dieu merci, je suis seule et libre"

Un tout grand roman !

Beau, trop beau ?

7 étoiles

Critique de Rafiki (Paris, Inscrit le 29 novembre 2011, 30 ans) - 27 février 2012

Si une chose est bien certaine, c'est qu'Irene Nemirovsky est un grand écrivain: son écriture est fluide, pleine de poésie et dans son style transparaît une sorte de nostalgie, une douleur sourde qui transparaît au détour des pages.
Sur ce point rien à redire donc, reste la perception de l'œuvre en elle même qui peut elle décevoir certains. J'en fais bien sûr partie, les ouvrages autobiographiques me laissant généralement sceptique.

Les autobiographies réussies sont bien plus rares que dans les autres catégories, car elles nécessitent un fort pouvoir de recul vis à vis de son expérience, une autocritique souvent difficile pour l'artiste qui plus que chacun dispose d'un amour propre, une estime de soi généralement bien supérieure à la moyenne.
Si cette remise en cause n'est pas réalisée on se traîne et l'écrivain n'enchaîne que des banalités, incapable de faire sa "thérapie", en quelque sorte.

Ici je trouve cela raté. Peut être était-elle trop jeune à l'époque située dans le roman, toujours est-il que Nemirovsky ne donne pas les clefs de son âme au lecteur et se contente de superficialités alors qu'on attend au contraire plus de profondeur dans la réflexion. Cet ouvrage est avant tout un roman mais on ne peut pas ne pas faire de rapprochement entre sa vie et celle de l'héroïne, et dans ce cas on se doit de développer plus profondément son rapport à la mère, ici prépondérant.
Le risque avec un style parfaitement contrôlé c'est qu'on perde en spontanéité et donc en vérité, et c'est pour moi l'impression qui se dégage à la fin de roman.

Beau pour les yeux donc, mais pauvre dans le contenu.

La fin d'un monde

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 56 ans) - 17 mars 2011

Hélène, petite fille russe élevée par une nourrice française, déteste sa mère qui le lui rend bien. Son père est un marchand juif habile qui fait fortune. Il a deux passions : sa femme (qui pourtant le trompe ouvertement) et le jeu, que ce soit au casino ou dans les affaires, où il fait fortune.

Ce récit autobiographique assez puissant raconte une histoire de rivalité et de haine entre une mère égoïste et sa fille. Il raconte aussi le destin des riches familles russes, souvent des juifs, qui furent ruinés par la révolution bolchévique. Certains émigrèrent en France, et parfois ils rétablirent leur fortune.

Comme toujours, l'écriture de Némirovsky est très prenante et puissante. Ce n'est pas son meilleur livre, je l'ai trouvé un peu trop répétitif, et l'action est un peu lente, mais ça reste un très bon livre.

Suite française Némirovsky

10 étoiles

Critique de Hélène 4 (, Inscrite le 19 mars 2006, 79 ans) - 23 février 2008

C'est avec plaisir que j'ai lu la critique de Dudule sur le livre "le vin de solitude". Ne l'ayant pas encore lu, je ne puis en parler. Je voudrais seulement vous dire combien j'ai été enthousiasmée par "Suite française" du même auteur. A lire absolument. Il s'agit du "roman sidérant sur l'exode de 1940". Les critiques parlent "d'un portrait implacable de la France occupée" mais je ne suis nullement de cet avis. Je trouve justement que c'est extraordinaire combien elle a été nuancée. Bien sûr elle ne savait pas qu'elle allait mourir à Auschwitz.
Hélène 4

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