Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Már Guðmundsson

Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Már Guðmundsson
( Riddarar hringstigans)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Sentinelle, le 19 janvier 2008 (Bruxelles, Inscrite le 6 juillet 2007, 52 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 487ème position).
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Retour dans l'imaginaire enfantin

Résumé

Johann Pétursson est un enfant des quartiers populaires de Reykjavik. Un jour, il assène un coup de marteau sur la tête d'Oli, geste qu'il ne tardera pas à regretter amèrement. Car Oli décide de ne plus l'inviter à son anniversaire auquel doit assister son tonton policier, véritable hercule, héros du quartier et des pages sportives du Journal du Matin, rien que ça ! Mais après tout, ce n'est pas la faute de Johann si Oli a placé sa tête sur le chemin du marteau. C'est la faute de son père qui n'a pas rangé le marteau, la faute du marchand de marteaux, la faute du fabriquant... D'une écriture simple, incongrue et débordante, Einar Mar Gudmundsson nous place au cœur de l'univers du jeune Johann où l'imagination anime chaque détail. Avec tout le sérieux du monde et la plus grande inconséquence, notre jeune héros saupoudre avec gourmandise son récit de digressions philosophiques, généalogiques ou historiques des plus cocasses. Ces jugements se mêlent à ses rêves éveillés et à des anecdotes racontées avec une jubilation naïve. Et même l'amertume des moments de chagrin garde cette légèreté piquante, drôle et attendrissante.



Les chevaliers de l'escalier rond est le premier roman de l'auteur islandais Einar Mar Guðmunsson, qui fut d'ailleurs très remarqué puisqu'il reçut le Prix du premier roman islandais.

Nous sommes en présence de cette catégorie de romans plutôt courts mais qui demandent plusieurs jours de lecture afin de ne pas se lasser de l'humeur vagabonde du récit et de mieux se laisser imprégner par l'état d'esprit qui s'en dégage.

Nous accompagnons la vie et l'imaginaire d'un enfant de 6-7 ans : tout événement, qui aux yeux d'un adulte peut paraître anodin, prend ici des dimensions burlesques, comiques, étranges, inquiétantes aussi. Car les jeux et les rêveries infantiles ne sont jamais préservés de la dureté de la vie : les rapports de force, la tentation de défier les interdits et la crainte des conséquences, la peur d'être rejeté, la violence et les accidents conduisant à des tragédies peuvent surgir brutalement et vous laisser dans un état de dénuement extrême.

J'ai apprécié ce roman sans pour autant crier au génie de l'auteur car ce premier roman n'est pas exempt de quelques défauts : difficile en effet de retrouver les paroles de Johann dans la bouche d'un enfant de son âge, il n'y a pas vraiment d'histoire complète mais un enchaînement de petits moments de vie qui se succèdent quelquefois plus ou moins maladroitement.


Mais je retiens surtout l'originalité de ton de l'auteur et son talent à distiller une atmosphère en quelques lignes. J'ai été très sensible à l'ambiance très bien rendue du dernier quart du roman, je me suis sentie très proche de mes angoisses d'enfant lors de la narration des jeux interdits et des récits fantasmagoriques dans l'ombre de l'escalier rond des jeunes chevaliers.

Einar Mar Guðmunsson nous confirme que le monde de l'innocence n'est définitivement pas celui de l'enfance.

Sans aucun doute, un auteur à suivre…

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Les éditions

  • Les chevaliers de l'escalier rond [Texte imprimé], roman Einar Már Guðmundsson traduit de l'islandais par Éric Boury
    de Einar Már Guðmundsson, Boury, Éric (Traducteur)
    Gaïa
    ISBN : 9782847200973 ; 10,95 € ; 07/06/2007 ; 269 p. ; Broché
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Les soucis des enfants sont très sérieux

8 étoiles

Critique de Paofaia (Moorea, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 23 janvier 2014

Traduit bien sûr par Eric Boury.

Je crois que c'est très difficile d'écrire un roman qui met en jeu comme acteur principal un enfant, et je trouve celui- ci particulièrement réussi. Par le style, bien sûr, dont vous avez parlé. Et par la courte durée de l'action, les petits chapitres dont j'adore les titres et sous-titres, l'emploi du présent signant l'intensité de tout , du moindre détail, spécifique de l'enfance...
Une petite idée des titres de chapitres:
Dans la première partie , Le marteau arrache- clou de Papa, nous avons:
- Les ballons dans le bocal
- Je sens que j'ai le nez qui sanglote
- Ton tonton dans la police
- La flûte à bec et la doudoune à capuche
- Le marchand de jouet dans le rocking-chair
- Une comptabilité en réglisse..
La deuxième partie sera La présentation des muscles!

Et un petit extrait, pour vous donner envie. Ou pas. ( excusez moi, je ne peux pas reproduire les accents!)

Ding dong. C'est Garoar. Garoar porte évidemment une chemise blanche et un pantalon noir en tergal.C'est l'uniforme que portent tous les garçons dans les fêtes d'anniversaire. Il apparait à la porte. Il sourit. Et oui, car il n'a pas besoin, contrairement à moi, tout à l'heure, de compter les boutons de sa chemise avec un air abattu. C'est un homme libre et debout, comme l'ensemble du règne animal. A ma décharge, nous pouvons préciser que Garoar n'a pas le moindre marteau arrache-clou sur la conscience.

Contrairement à Oli et moi, Garoar n'a pas les cheveux coupés en brosse et il existe une différence fondamentale entre des cheveux en brosse et des cheveux qui ne le sont pas. En tout cas, un garçon coiffé en brosse sera toujours un garçon coiffé en brosse, nul ne peut lui enlever ça.

Garoar a, en revanche, une coupe masculine courte. Et la coupe masculine courte constitue un chapitre tout à fait particulier de l'histoire de l'art de la coiffure, probablement découverte par les fabricants de vêtements de deuil, bien que les photographes spécialisés dans la photo de communiants puissent aussi y avoir joué un rôle, car il est notoire qu'une coupe masculine courte donne aux petits garçons un air si solitaire et introverti qu'on se demande si, par hasard, ils ne viendraient pas d'assister à leur propre enterrement. Voilà précisément pourquoi la coupe masculine courte est aussi considérée comme l'apanage des enfants sages. Cependant, si on la regarde avec les yeux du coiffeur, elle représente un compromis technique entre la coupe en brosse et la coupe pour homme classique.


Alors, vous me direz que ce ne sont pas des propos d'enfant? Oui et non. Oui, car si vous écoutez des enfants de l'âge du héros parler -des adultes en particulier- c'est ce que vous entendrez. Non sur la forme, bien sûr, ou si vous avez un fils qui parle comme cela, heu... bravo et bon courage.
Mais un écrivain qui justement devenu adulte réussit à retransmettre aussi bien des vécus d'enfants, à les mettre en mots, c'est d'abord parce qu'il est doué, bien sûr. Mais aussi et surtout parce qu'il a gardé en lui cette part d'enfance qui ne le quittera jamais , et ça, j'aime beaucoup...

Espiègleries

7 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 53 ans) - 14 septembre 2009

C’est la première fois que je lis un roman aux pages de couleur rose. Un choix incongru considérant que les péripéties de cette enfance islandaise sont tout à fait masculines. La bande de petits garçons imaginée par l’auteur est typique, c’est-à-dire turbulente, truculente et insouciante. Le ton de la prose nous fait sourire souvent et on passe un bon moment en dépit de l’absence d’une réelle trame romanesque. Un petit livre sympathique.

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