V pour Vendetta, l'intégrale de Alan Moore (Scénario), David Lloyd (Dessin)

V pour Vendetta, l'intégrale de Alan Moore (Scénario), David Lloyd (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Divers

Critiqué par Elric, le 9 août 2001 (Boussu, Inscrit le 15 mai 2001, 48 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 242ème position).
Visites : 8 636  (depuis Novembre 2007)

Roman graphique

C'est-à-dire 250 pages bien tassées et un scénario méticuleux, découpé en nombreux chapitres, qui enterre bien des livres traditionnels.
Un monde futuriste et aseptisé, sorte de dictature acceptée, se trouve soudain confronté à « V », personnage mystérieux, poète désabusé, clown au rire sinistre, terroriste anarchiste aux mobiles nébuleux. Alan Moore débute chaque chapitre par un mot commençant par V, livrant différentes pistes mais laissant le lecteur faire sa propre opinion sur l'identité réelle de ce Vengeur solitaire. Superbement scénarisé et génialement dessiné « V pour Vendetta » s'impose comme une oeuvre majeure de ces dix dernières années, tous genres confondus et on espère que l'adaptation cinéma annoncée pour bientôt parvienne à restituer ne serais-ce que la moitié de son incroyable puissance. Exceptionnel… comme toute l’oeuvre de Moore.

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Les éditions

  • V pour vendetta [Texte imprimé] scénario, Alan Moore dessin, David Lloyd... trad. de l'anglais par Jacques Collin
    de Lloyd, David (Illustrateur) Moore, Alan (Scénariste) Collin, Jacques (Traducteur)
    Delcourt / Contre bande (Paris. 1996).
    ISBN : 9782840552635 ; 63,99 € ; 25/01/1999 ; 271 p. ; Cartonné
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NOIR C’EST NOIR, IL N’Y A PLUS D’ESPOIR !...

5 étoiles

Critique de Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 55 ans) - 23 janvier 2014

Désolé d’apporter une note discordante à tous les commentaires dithyrambiques qui précédent mais franchement j’ai trouvé cette BD tout juste « passable »!...

Alors, disons-le d’abord tout de suite, le sujet est bien sûr très bien trouvé. Bon, le Royaume-Uni ayant basculé dans la dictature on n'y croit pas trop, mais soit, ce n’est pas la première fois qu’on le voit. Les grands thèmes classiques dans ce genre de récit se retrouvent ici, surveillance continue, propagande, censure, lutte pour le pouvoir, délation, espionnage, manipulations etc etc… Il y a des idées à foison, et même une sage morale… Jusque-là tout va bien ! C’est classique, mais bien amené. Mais malheureusement cela ne dure pas longtemps…

Passons encore sur la lenteur, le manque de suite logique, le manque d’action, le manque de rythme, l'extrême complication de l'histoire (qui part dans tous les sens...), ou bien encore le nombre impressionnant de personnages dont certains en remplacent d’ailleurs d’autres ce qui fait qu’à la fin on ne sait même plus qui est qui…
Bon forcément au bout de 330 pages ça lasse... Mais bon, cela peut encore se "digérer"… Mais ce serait sans le dessin… Oui le dessin de M. David LLOYD !

Car, franchement, là où j’ai été le plus déçu par cette BD c’est la façon de dessiner les personnages et plus spécialement les visages des personnages qui deviennent très vite quasiment impossibles à identifier. Jamais vu un si grand ratage dans une BD qui pourtant a eu un énorme succès… Le trait est large, mal dégrossi et mal fini. Les personnages ne ressortent pas, tout baigne dans un noir et une noirceur incroyable. Bon, je comprends que c’est l’atmosphère générale que les auteurs ont voulu donner à l’histoire… Mais de là à ce que même les cheveux blonds de l’héroïne deviennent noirs…
Et disons-le franchement le dessin est mal fait, mal fichu, mal « fagoté », comme si l’auteur avait voulu terminer le plus vite possible avec son histoire. Enfin, on ne peut tout de même pas prétendre captiver son lectorat avec un dessin d’Evey (l’héroïne) aussi ridicule et aussi mal fait que celui qu’on retrouve au milieu de la page 286 et où elle ne ressemble plus à rien ! Si ce n’est une sorcière tout droit sortie d’un compte pour enfants !... Une honte pour celui qu'on présente comme un grand dessinateur!...
Après avoir vu cette page, j’ai pensé que heureusement, on m’avait prêté cet album, sinon j’aurais demandé à mon libraire à être remboursé !...
Finalement j’ai terminé la lecture à bout de souffle et dans une atmosphère de perplexité intense… Alors oui l’histoire est intéressante et… et c’est tout !....

Me vient alors une question : « C’est donc ça la BD dont tout le monde recommande la lecture et qui est censée être une des meilleures BD du siècle dernier » ? Toutes les personnes qui disent cela n’ont-t-elles jamais entendu parler de « Maus » de l’Américain Art SPIEGELMAN qui dans le même registre, avec les mêmes défauts dans les dessins et malgré le noir et blanc a réussi à faire une BD inoubliable ?

Puissant, mais il vaut mieux voir le film !

6 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 20 mars 2011

J’aurais adoré mettre cinq étoiles à cette BD orwellienne qui, aux côtés du cultissime Watchmen du même auteur, fait également figure de référence dans le domaine des œuvres d’anticipation. Cette BD a d’ailleurs tout comme le film inspiré le cybermouvement des Anonymous, ces derniers ayant repris le masque de V comme symbole de leur action. Certes, l’atmosphère oppressante y est très bien rendue grâce à un trait noir et épais, mais qui a peut-être le défaut de noyer les expressions des (trop ?) nombreux personnages et les rendre ainsi moins identifiables. Cela ne facilite pas la lecture, car le scénario en lui-même est déjà complexe, pour ne pas dire compliqué, et souffre d’un manque de rythme évident - même si certains passages restent très forts.

Malgré ces défauts, il n’en reste pas moins qu’on a là quelque chose de puissant et subversif, ne serait-ce que par les messages de résistance disséminés au fil des pages à l’encontre des systèmes totalitaires, qui même derrière nos façades de démocratie, ne sont jamais bien loin, toujours prêts à réprimer ce qu'ils perçoivent comme une menace potentielle. Quant au masque porté par V, il peut être interprété de deux façons : il sert à la fois à conserver l’anonymat face à un pouvoir répressif mais représente aussi l’immortalité des idées, que jamais le plus féroce des régimes ne parviendra à supprimer.

Dommage encore une fois que la lecture de cette BD soit parfois fastidieuse, et à cet égard, on se tournera plus volontiers vers le film qui en est inspiré, beaucoup plus ludique et plus fluide, et qui conserve parfaitement l’esprit de la BD.

Juste immense

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 40 ans) - 7 janvier 2011

Rien à dire d'autre qui n'a déjà été dit ici et ailleurs : cette BD, ce roman graphique, est juste immense, un sommet, un de plus pour Moore !

Vi veri veniversum vivus vici

8 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 21 mai 2008

Par le pouvoir de la vérité, j’ai, de mon vivant, conquis l’univers. Une devise que V semble tenir à coeur. L’histoire se passe dans un futur prochain au Royaume-Uni (en 1997-98!). Après s’être échappé d’un camp de concentration, V, le prisonnier numéro cinq, décide de se battre pour la liberté et faire tomber le gouvernement totalitaire. Un gouvernement contrôlé par le commandant Adam Susan aidé de la Main, de l’Oeil, des Oreilles, du Nez et de la Voix de la Destinée. Durant sa quête, V sauve Evey, pour qui débutera une nouvelle vie, libre, pour le meilleur et pour le pire.

Dans la bande dessinée, il y a plus d’intrigues que dans le film. Alors, même si on l’a vu avant (comme c’est mon cas), il y a assez d’éléments de surprises pour ressentir un suspense.

Une des scènes que j’ai particulièrement aimée est celle où V est devant la statue de la Justice à la cour d’assises:
« V: Ahh... mais j’oubliais que nous n’avons pas été présentés. Je n’ai pas de nom. Vous pouvez m’appeler V. Madame Justice, voici V. V, voici madame Justice. Enchanté, madame Justice. "Bonsoir V." Voilà qui est fait. Savez-vous que j’ai toujours été l’un de vos plus fervents admirateurs? Oh, je sais ce que vous PENSEZ... "Le pauvre garçon a le béguin; un amour d’adolescence"… Absolument pas, madame. Il ne s’agit pas de cela. Je vous admire depuis longtemps, bien que de plus loin. Je vous regardais de la rue quand j’étais petit. Je demandais à mon père: "Qui est cette dame?" et il me répondait "C’est la Justice." et je m’exclamais: "Qu’elle est belle!" Ne pensez qu’il s’agissait d’un attrait physique; vous n’êtes pas ce genre de femme. Non, je vous aimais comme une personne, comme un idéal. Mais c’était il y a bien longtemps, et j’ai maintenant quelqu’un d’autre dans ma vie... "QUOI? QUELLE HONTE! M’aurez-vous délaissée pour l’une de ces catins, pour une coquine futile et boudeuse, aux lèvres peintes et au sourire enjôleur ?" Moi, madame? Permettez-moi d’être d’un autre avis! C’est votre infidélité qui m’a conduit dans ses bras. Ha ha! VOILÀ qui vous surprend! Vous pensiez que je n’avais jamais eu vent de votre aventure, mais je suis au courant. Je sais tout! Franchement, je n’ai pas été surpris, quand je m’en suis aperçu. Vous aviez toujours eu un penchant pour les uniformes. "Uniforme? Mais je ne sais rien de cela mon cher V! Je n’ai toujours aimé que vous..." Menteuse! Salope! Putain! Comment nier que tu l’as accueilli avec ses galons et ses bottes? Alors? Tu as perdu ta langue? C’est bien ce que je pensais. Voilà. Ton vrai visage est finalement dévoilé. Tu n’es plus MA Justice. Tu es sa Justice, maintenant. Tu as choisi un autre amant. Eh bien on peut être DEUX à ce JEU. "Aaah! Huhg! Qui est-elle V? Comment S’APPELLE-t’elle?" Elle s’appelle ANARCHIE et c’est une maîtresse bien meilleure que tu ne l’as JAMAIS été! ELLE m’a appris que la justice n’est rien sans la liberté. ELLE est honnête. Elle ne fait pas de promesses, et ne les trahit pas. Tout ton contraire, Jézabel. Je me suis longtemps demandé pourquoi tu ne pouvais me regarder dans les yeux. Maintenant, je sais. »

Les illustrations de David Lloyd font bien le travail, ainsi qu’Alan Moore. Cependant, j’ai quelquefois le sentiment que les dessins et le scénario sont trop théâtraux et que l’ensemble fait déjà vu. Mais l’histoire est spectaculaire et ne manque d’humour. Ça reste un classique dans le genre bande dessinée.

D'un V qui veut dire Vendetta

10 étoiles

Critique de Belial (Anvers, Inscrit le 25 août 2005, 43 ans) - 4 octobre 2005

Dans cette oeuvre majeure du comics, Alan Moore ressuscite de très belle manière le mythe du vengeur masqué. Dans une Angleterre fasciste et totalitaire qui rappelle les plus belles pages de 1984 et les plus belles frasques d'un Mussolini, la population vit apeurée, en proie à l'oppression et la privation de toutes les libertés fondamentales. Un homme se dresse, seul, contre le système.
Le point positif de cette BD est qu'on peut accumuler les superlatifs sans aucune crainte de verser dans l'emphase. On a affaire à un chef d'oeuvre, tous supports artistiques confondus. La politique-fiction est un genre ardu, qui se transforme souvent en réquisitoire simpliste et naïf, pour ne pas dire démagogique. Or ici Alan Moore fait preuve d'une subtilité extrême, maniant avec doigté les thèmes du fascisme ou de la xénophobie. Il s'agit indiscutablement d'une BD riche, mature et adulte. Ensuite il y a V, ce personnage qui dégage un charisme et une puissance hors du commun. Son masque, sa passion pour Shakespeare, les tirades au clair de lune, la mise en scène, sa désinvolture, sa détermination fascinent et séduisent. Qui est V? Quelles sont ses motivations? Et si chacun d'entre nous pouvait ou avait le devoir d'être V? L'anonymat de V et les questions sans réponses participent à son charme.
Enfin les dialogues à l'or fin et le dessin triste et désabusé (qui peut rebuter au départ) achèvent de faire entrer V pour Vendetta au panthéon du neuvième art.

la claque

10 étoiles

Critique de Julius (, Inscrit le 24 novembre 2004, 49 ans) - 24 mars 2005

Personne n'ose plus se battre contre le système.
Personne... sauf V. Mais qui est V ?
Un idéaliste qui veut rallumer l'espoir au coeur d'un monde trop noir ?
Un tragédien mégalomane emporté par sa passion pour Shakespeare ?
Un bouffon qui souhaite rire aux dépens de l'ordre établi ?
Un anarchiste aux idées révolutionnaires dépassées ?
Un terroriste fanatique qui ne reculera devant rien pour abattre le gouvernement ?
Ou simplement un fou ?

Extrait du quatrième de couverture

Sûrement la bd que je préfère ... pourquoi ? mon côté anarchiste probablement, celui qui attend le grand soir
J'ai lu cette bd avec du Ben Harper "Fight for your mind", un kiff total !
Ma dédicace perso : V pour Vendetta ou V pour Vacuité
non, soyons plus optimiste : V pour Vous nous baiserez pas

V pour vendetta

8 étoiles

Critique de Jorge (Villejuif, Inscrit le 7 mai 2004, 49 ans) - 13 mai 2004

Si, au début, le graphisme peut surprendre, on se laisse vite ensorceler. Le scénario d'Alan Moore met en scène un personnage, "V", résistant, fantasque, mystérieux et fascinant... Distillant peu à peu les indices sur l'identité de son héros, Moore laisse néanmoins une grande place à l'interprétation. De la grande BD.

PUISSANT!

10 étoiles

Critique de Eto Demerzel (Montignies-Sur-Sambre, Inscrit le 10 avril 2001, 42 ans) - 26 novembre 2001

A la fin de ce livre, je ne pouvais plus parler, manger, boire...! Il n'y avait plus que cette histoire. C'est indéfinissable...
Je ne pensais pas que l'on pouvait ressentir de telles émotions avec une B.D.
"V..." date de 1982, pourtant j'ai l'impression que c'est tellement innovant, dans le scénario surtout. Il (Alan Moore) nous traite en adulte lorsqu'il aborde ses thèmes (ex:fascisme,...). C'est très rare dans une B.D.! J'ai aimé aussi la fin qui est surprenante et où il n'y a pas de morale à la con! Je vous le conseille de tout mon coeur, ce livre est GENIAL! C'est bientôt Noël... faites vous plaisir!

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