La maison des célibataires de Jørn Riel

La maison des célibataires de Jørn Riel
( Ungkarlehuset)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Allegra, le 18 mars 2007 (Huy, Inscrite le 4 décembre 2006, 50 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (46 028ème position).
Visites : 3 861  (depuis Novembre 2007)

Une farce à l'humour d'Arto Paasilinna

Prenez cinq célibataires, plus cigales que fourmis, soucieux de ne rien perdre du bel été groenlandais….

Imaginez, sur une colline, une maison délabrée, occupée par ces messieurs, pas vraiment soucieux de leur hygiène corporelle....

Attention, ce ne sont pas de jeunes premiers fringants, loin de là. Sur le lot, seul Kernatoq travaille pendant que les quatre autres profitent mollement de son salaire.

Tout se passe pour le mieux. Quand le temps le permet, ils partent sur leur rafiot, armés de bières et d’eau de vie…. Jusqu’au jour où l’un d'eux, un peu plus lucide que les autres, aborde le sujet : "avez-vous déjà pensé que, quand on sera vieux, on ne pourra plus se balader comme ça et faire ce qu’on veut ?"

Fichtre, effectivement, il serait temps d’y penser car ce qui leur pend au nez ne les réjouit pas : "On sera dispersés à tous les vents parce qu’ici y’a pas de maison pour vieillards".

La solution ne tardera pas à germer dans la tête de Kernatoq. Et même s’il lui faut se laver – devant ses amis atterrés – et se mettre sur son trente et un, la situation l’exige : il se sacrifiera en épousant la veuve Bandita.

Certes, Bandita est aussi célèbre pour son immense troupeau de moutons que pour ses biceps de catcheuse (qu'elle utilise avec efficacité quand il s'agit de corriger un prétendant indélicat !).

Mais pour Kernatoq, elle est surtout le gage d’une retraite heureuse pour le clan. Et, quoi qu’ils fassent, ses amis ne pourraient rien pour le dissuader. À moins que...

Le lien avec Arto Paasilinna est inévitable, c’est le même humour, en moins bien peut-être.... Ici, rien d'élégant, de délicat, de convenable ou de raffiné....

Le récit est léger (par son contenu et son contenant (70 pages)), à prendre au second degré du cinquième degré. C’est scandinave et très alcoolisé !

Sur 70 pages, évidemment, il n’y a que deux ou trois très belles descriptions de la nature et aucun développement des personnages.

C’est une grosse farce ! Mais j'ai ri !

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Les éditions

  • La maison des célibataires [Texte imprimé], une petite histoire groenlandaise Jørn Riel traduit du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet
    de Riel, Jørn Juul, Susanne (Traducteur) Saint-Bonnet, Bernard (Traducteur)
    10-18 / 10-18. Série Domaine étranger
    ISBN : 9782264038463 ; 8,64 € ; 09/06/2006 ; 75 p. ; Poche
  • La maison des célibataires [Texte imprimé] Jørn Riel trad. du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet
    de Riel, Jørn Juul, Susanne (Traducteur) Saint-Bonnet, Bernard (Traducteur)
    Gaïa
    ISBN : 9782910030599 ; 1,93 € ; 14/09/1999 ; 74 p. ; Broché
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Loufoquerie groenlandaise

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 66 ans) - 21 octobre 2013

Il y a de l’Arto Paasilinna dans ce Jorn Riel là, oui, mais du Jorge Amado aussi. Pour autant qu’on puisse comparer des mœurs groenlandaises à des mœurs brésiliennes ? Mais l’humour, jusqu’au-boutiste et décalé jusqu’à tomber dans le vide de Jorn Riel me semble davantage se rapprocher de celui de Jorge Amado (Les deux morts de Quinquin la Flotte) que de celui d’Arto Paasilinna ? Peut-être parce que ces deux humours sont très … imbibés ? Non, à la réflexion les Finlandais, en fin de semaine, ne donnent pas leur vodka aux chiens !
Ils sont rares ceux à écrire sur ce territoire désolé – qui dépend du Danemark – qu’est le Groenland. D’ailleurs, Jorn Riel est danois. Et il a vécu, dans des bases vie au Groenland, ce qui en fait tout de même un interlocuteur qualifié.
Sardocq, petite petite bourgade côte sud du Groenland, abrite une maison atypique, ancienne maison de missionnaires, abandonnée puis squattée par cinq inénarrables célibataires. Cette maison est donc devenue « la maison des célibataires ». Un peu libertaires aussi ces célibataires. Il n’y a que Kernatoq, le plus jeune (mais on ne connaitra pas son âge), qui travaille, comme capitaine du bateau qui ravitaille la côte en charbon (et qui fait qu’il est couvert en permanence d’une couche de crasse), et qui entretient tout le monde.
Qu’à cela ne tienne, ils se contentent de peu. Du moment qu’ils peuvent régulièrement partir en virée éthylique sur leur rafiot, le « Sans Souci », se poser sur une plage à picoler et attendre la marée suivante pour repartir …
Mais Moses, le plus vieux, a une intuition douloureuse. Qu’adviendra-t-il lorsque, définitivement, ils deviendront trop vieux pour continuer à vivre ainsi ? On les séparera, on les poussera dans des mouroirs loin les uns des autres ? Gros coup de blues, surtout lorsqu’il s’en fait l’écho auprès de ses amis. C’est Kernatocq, le plus jeune (le moins vieux plutôt apparemment) qui réagit. Il décide de prendre les choses en main, de se laver (apparemment un évènement) et de mettre en œuvre une idée géniale qui les mettrait tous les cinq à l’abri et leur permettrait de ne pas se séparer (mariage pour tous avant l’heure, pour cinq !). Il a l’idée de faire en quelque sorte don de son corps à la communauté en décidant d’épouser Bandita – une figure là pour le coup ! – une riche veuve qui possède une ferme et tout de même 200 moutons et qui voudrait bien d’un homme … Mais Bandita n’a pas que des moutons, elle a aussi de redoutables biceps et son précédent mari ne serait peut-être pas mort tout seul ?!
La suite n’est que pantalonnades folles, réjouissantes, mode Jorge Amado donc. Etonnant !

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