En retard pour la guerre de Valérie Zenatti

En retard pour la guerre de Valérie Zenatti

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Chanterelle, le 12 avril 2006 (Inscrite le 14 février 2006, 70 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (22 617ème position).
Visites : 3 889  (depuis Novembre 2007)

et la guerre viendra

Compte à rebours pour le déclenchement de la guerre du Golfe . A Jerusalem, Constance Khan, jeune française venue étudier, partage cette attente avec son amant, jeune peintre torturé, avec son amie prête à accoucher, avec ses voisins, relations ... Chacun à sa façon vit l'angoisse au quotidien, se prépare au pire, car Israël sait que les représailles de l'Irak l'atteindront : armes chimiques, peut-être ?
Les repères se diluent, les traumatismes du passé ressurgissent, la folie guette .

Et pourtant, malgré la gravité du sujet, le roman de Valérie Zenatti ne pèse pas, grâce à la simplicité, à la vivacité du style . L'émotion passe sans ecraser, et nous suivons avec intérêt tous ces personnages dans leurs vies boulversées.

Cet excellent roman nous rapelle, si besoin est, que les informations télévisées que nous recevons de façon un peu abstraite, un peu détachée parfois, concernent et affectent profondément dans leur vie , dans leurs sentiments, dans leurs peurs, des gens qui nous ressemblent, qui sont en fait si proches .

Pour ce talent à dire si simplement et si efficacement la réalité à travers un roman captivant et attachant, je vais lire très vite les précédents !

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A lire sans retard

9 étoiles

Critique de Ddh (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 80 ans) - 10 juillet 2007

En retard pour la guerre dans le sens d’une guerre en retard ! L’héroïne Constance n’est pas prête eu égard à la guerre qui menace Israël en 1991, lors de l’invasion de la coalition pour libérer le Koweït de la tutelle irakienne. Mais que fait cette Juive française en Israël à un moment aussi critique ? Un travail à l’université sur Flavius Josèphe, cet historien romain d’origine juive qui traite de la chute de Jérusalem et de la destruction du Temple ! Constance serpente des chemins tortueux qui la font ballotter entre son chez soi avec un ami Nathanaël, agent de sécurité et peintre, tantôt violent, tantôt tendre, son amie Tamar qui vit une fin de grossesse avec son copain Gil. Sans oublier Herzl un épicier au cœur tendre, la surprenante Anastassia, Enrique, le gentil patron de Constance. Tout ce petit monde évolue dans la tourmente d’une possible alerte chimique.
Le sujet du roman est inattendu : il est rare de traiter en 2007 de cette guerre de 1991 et rarissime de se trouver du côté du peuple israélien qui souffre face au danger d’un bombardement chimique : le comportement même de la population en est complètement bouleversé.
La situation finale du roman éclaire le début du roman et le caractère même des personnages se révèle dans le déroulement de l’intrigue. Voilà une lecture agréable et qui fait réfléchir sur les problèmes du Moyen Orient.
Avec En retard pour la guerre, Valérie Zenatti en est à son premier roman mais pas à ses premiers écrits puisque plusieurs titres existent tant pour les enfants que les adolescents. Ce premier roman « adulte » a été primé au 20ème Festival du 1er roman de Chambéry 2007.

Gloire à ceux qui sont en retard

7 étoiles

Critique de Bolcho (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 74 ans) - 18 septembre 2006

Oui, c’est ça : l’attente de la guerre, les émotions, les questions. Pas d’effets de manches dans le style : on est presque dans le journal intime, un journal intime de quelqu’un d’intelligent et sensible.
De quelqu’un qui se demande, par exemple, comment vivre l’attente d’une guerre, et qui s’étonne du fait qu’on programme les guerres alors que les autres catastrophes, les tremblements de terre, les déraillements de trains, on ne les annonce à personne à l’avance.
« On » m’a prêté ce livre, déjà prêté à « on ».
Je ne sais donc pas qui a inscrit sur la page de garde, au crayon : « Merci pour cette lecture là qui nous permet de ne pas être en retard pour la paix ».
On aimerait tant que ce soit vrai…
Sans doute que l’histoire aurait pu prendre place n’importe où. Par exemple, il devait y avoir en Irak, à la même époque, plein de gens qui vivaient la même chose.
C’est du moins ce que j’ai voulu retenir de ce livre.

Peut-on jamais être prêt pour la guerre ?

7 étoiles

Critique de Laure256 (, Inscrite le 23 mai 2004, 50 ans) - 26 mai 2006

Constance Kahn a 25 ans. Elle est française, elle étudie les textes de Flavius Josèphe à Jérusalem, tout en travaillant pour payer son loyer, elle vit en couple avec un peintre, Nathanaël. Elle accompagne la grossesse de son amie Tamar, est intriguée par sa curieuse voisine, mais surtout, elle n’est pas prête. Elle est en retard pour la guerre. Elle n’a pas encore acheté les rouleaux d’adhésifs et de plastique ainsi que les serpillières pour calfeutrer une pièce en cas d’attaque au gaz. Car l’ultimatum approche. Le 17 janvier 1991, la guerre du Golfe éclate. L’Irak tire sur Israël. Constance se calfeutre à chaque hurlement de sirène, elle a peur, comme tout le monde. Pourtant elle n’a pas voulu rentrer en France, au grand désarroi de ses parents.
Si le sujet reste vraiment intéressant, je n’ai pas ressenti le même emportement qu’à la lecture de Quand j’étais soldate. Ce roman me semble plus éclaté, avec un début qui semble hors propos (abus sexuels dans l’enfance) et dont la présence trouvera finalement une explication dans la fin, mais ces passages auraient tout aussi bien pu ne pas exister. Le personnage de Constance semble un peu perdu, ne pas savoir où elle veut aller, ni ce qu’elle veut vraiment. Des émotions en demi-teinte. Un bon roman néanmoins, mais pas aussi fort que ses écrits publiés à l’Ecole des loisirs.

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