La Saga des émigrants, tome 8 : La dernière lettre au pays natal de Vilhelm Moberg

La Saga des émigrants, tome 8 : La dernière lettre au pays natal de Vilhelm Moberg
( Sista brevet till Sverige)

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques

Critiqué par Cuné, le 3 février 2006 (Inscrite le 16 février 2004, 54 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 627ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 4 035  (depuis Novembre 2007)

Où l'on fait les adieux

Et voilà comment se termine cette saga, par une dernière lettre au pays natal, et quelle lettre ! Avant que Karl-Oskar ne se remémore toute son aventure depuis son enfance suédoise, il nous faudra passer par deux évènements terribles, bien que très différents. La dernière grossesse de Kristina, et la révolte des Sioux. J'avoue que ces deux éléments liés m'ont franchement remuée, je n'étais pas habituée à de telles descriptions de la part de Moberg qui restait jusqu'à lors beaucoup plus soft.
J'ai relevé deux petits épisodes amusants, d'abord ce passage :

"Il tint particulièrement à alerter ses paroissiennes : moins douées par la nature quant aux choses de l'esprit, la femme était plus facile à émouvoir et à convertir que l'homme et elle était donc une proie plus facile pour tous ceux en quête de prosélytes."
Haem haem
Et Jonas Peter qui raconte son histoire prohibée jusqu'au bout ! Incroyable ! C'est comme si le barde dans Astérix se produisait en concert à Bercy !!
Par contre la série s'achève avec beaucoup de justesse, et c'est l'esprit en paix qu'on referme la dernière page, nos adieux ont été faits dans les règles.

Alors quel bilan tirer de la lecture de ces 8 précieux tomes ?

D'abord, c'est absolument un incontournable. Non, ça n'a pas été déjà vu ou lu ailleurs, c'est une page de l'histoire de la Suède, qui, si elle est romancée pour nous permettre de nous attacher aux personnages fictifs, n'en reste pas moins très documentée et explicative.

C'est aussi le point de vue des émigrés exclusivement, et à ce titre je ne crois pas qu'on puisse reprocher à Moberg sa vision par trop simpliste du sort des Indiens. Ce serait l'occasion d'un tout autre livre, on ne peut présenter objectivement des évènements quand on se place dans une optique sentimentale. Ce que je veux dire c'est que c'est un choix délibéré de sa part, je pense.

Enfin, je veux rendre hommage quand même au traducteur car ce n'était vraiment pas évident de rendre en français le dialecte anglo-suédois que baragouinent nos émigrés après des années aux USA, notamment les tournures américaines qui sont bien respectées, je trouve.

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Les éditions

  • La saga des émigrants [Texte imprimé], roman Vilhelm Moberg trad. du suédois par Philippe Bouquet
    de Moberg, Vilhelm Bouquet, Philippe (Traducteur)
    Gaïa / Litterature
    ISBN : 9782910030735 ; 8,49 € ; 16/05/2000 ; 279 p. ; Broché
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GRANDIOSE, à découvrir !

10 étoiles

Critique de DE GOUGE (Nantes, Inscrite le 30 septembre 2011, 65 ans) - 21 mai 2012

Je ne vais pas m'épancher sur chacun des 8 livres que comporte cette saga ! Un bijou pourtant !
Nous accompagnons un petit groupe de migrants suédois : la violence religieuse au pays et la misère expliquent le départ ...
Et c'est leur histoire au quotidien que l'on vit !

Pas deux, trois, quatre générations, comme d'ordinaire dans les sagas : une seule ! la leur, sur huit livres !
Et quelle merveille : la douleur, l'envie,la mort, le fantasme, la violence de rencontre de deux mondes !
L'horreur d'un voyage "de pauvres", l'arrivée dans un pays inconnu, l'obstacle effrayant de la langue, la nostalgie , la violence climatique, la tendresse, la découverte d'une autre réalité et de la modification des valeurs fondamentales ...!!!
On découvre des "petits" qui resteront "petits" mais ouvriront leur quotidien et chaque jour contruiront ou reconstruiront leur réalité .
Une très belle histoire, jamais simplette ni simpliste. Une construction de lendemains, parce qu'il n'y a pas le choix, parce que la terre est bonne, parce qu'il y a des enfants pour lesquels il faut pourvoir aux lendemains.
De la pudeur, une écriture fluide et belle, une tendresse et une approche splendide de la nature humaine, avec ses errements et sa justesse, bref, un morceau de beauté !
Pour moi, si m'en croyez et aimez l'Histoire et l'histoire, c'est une oeuvre magistrale !
Et c'est aussi une des explications de l'origine de ce pays qu'est l'USA !

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