La conspiration des ténèbres de Theodore Roszak

La conspiration des ténèbres de Theodore Roszak
( Flicker)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Veneziano, le 2 février 2006 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 45 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (14 040ème position).
Visites : 5 093  (depuis Novembre 2007)

Des recherches cinématographiques qui mènent loin, très. Trop ?

Jonahan Gates fait une thèse en histoire du cinéma sur le metteur en scène allemand Max Castle. Il est de Los Angeles. Il commence par fréquenter tous les cinémas d'art et d'essai de la ville pour arriver à connaître jusqu'au moindre détail technique les oeuvres du maître. Elles se traduisent par leur côté sombre, énigmatique et par une sensualité débridée, à fleur de peau.
Il commence le roman par décrire ses fréquentations du Classic, l'un de ces petits établissements en sous-sol, des plus glauques, diffusant des films intimistes. Et c'est là que la passion du narrateur pour le cinéaste-vedette de ce roman naquit. Et c'est à cette occasion qu'il connaît Clare, la tenancière du Classic, de son vrai nom Clarisse Swann.
Avec cette dernière, il se lie d'une complicité irremplaçable. Ils s'aident l'un l'autre à trouver des films et avancer la recherche sur Castle, originellement Kastell. Leur relation est d'abord professionnelle, puis maternelle, et évolue. C'est la seule véritable femme qui comptera pour notre narrateur.

A partir de cette trame, s'engage une suite d'épisodes rocambolesques, dignes d'un feuilleton à sensations, fourmillant de rebondissements. Les deux protagonistes sont prêts à tout, voler, s'infiltrer par effraction, cambrioler, pour découvrir le moindre détail. J'exagère à peine.

Moi qui tente bon gré mal gré de rédiger ma thèse - pas en histoire du cinéma mais en droit de la culture - j'ai été très intéressé par la méthode, et j'adore le cinéma. De plus, il est question, même éminemment de cinéma européen et de son interaction avec son homologue outre-atlantique. Il est indiqué en didascalies que certaines expressions sont en français "dans le texte". C'est dire l'intérêt - rare me semble-t-il pour un auteur américain - pour la création européenne, ce que j'ai beaucoup apprécié.

Le narrateur finit sa thèse, Clare se fâche un peu car elle a l'impression qu'il s'agit au moins autant de son oeuvre propre que de celle de son ami-amant.

Il devient universitaire, enseigne et poursuit ses recherches. C'est là que commence le second grand temps du roman. Il se met à voyager pour rencontrer une suite de personnages tous plus hauts en couleur les uns que les autres, un vrai feuilleton.
Et puis, Max Castle ayant été orphelin élevé par un établissement religieux, il se met en contact avec ce réseau chrétien qui vient en aide aux jeunes enfants sans parent. Il y découvre l'incroyable solidarité de ces anciens élèves.
Et c'est là que tout s'emballe. Il tente et finit par percer la doctrine de l'Eglise en question, très ancienne, un peu tombée en désuétude et donc un peu marginale, que je vous laisse découvrir.
Ca nous emmène très loin, très très loin.

Il est amusant que l'auteur dresse en extrême fin d'ouvrage la liste des films de Max Kastell - Castel, imaginaire.

Je ne vous en dis pas plus.

Ce roman m'a passionné pendant trois bons quarts, et tient donc plus longtemps la route que Da Vinci Code. Il m'a davantage tenu en haleine. J'ai passé de très bons moments avec ce livre.
Néanmoins, la fin ne me convainc pas, ne me convient pas : on finit par tomber dans les bas fonds qu'on pressent venir à tout moment, mais desquels on pense toujours que le personnage principal pourra s'échapper, mais il se fait rattraper par un mécanisme dont le titre est évocateur quant à la nature, malheureusement, suis-je bien tenté d'écrire. C'est dommage.

Mais globalement, ce roman reste passionnant. Il a fait un petit peu trop long et est allé un tantinet trop loin.

Je rends hommage à Ludovic S. qui m'a incité à lire ce roman, qu'il aurait très bien pu écrire. Merci à lui, pour ces bons moments passés.
A titre subsidiaire, il s'agit d'un "coup de coeur FNAC".

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Les éditions

  • La conspiration des ténèbres [Texte imprimé] Theodore Roszak trad. de l'anglais (États-Unis) par Édith Ochs
    de Roszak, Theodore Ochs, Édith (Traducteur)
    le Cherche midi / Ailleurs (Paris. 2000)
    ISBN : 9782749102054 ; 2,98 € ; 19/02/2004 ; 764 p. ; Broché
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Les livres liés

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j'y suis

6 étoiles

Critique de Guillemette24 (, Inscrite le 6 janvier 2010, 55 ans) - 6 janvier 2010

Merci pour la discrétion que tu as mis à ne pas dévoiler l'intrigue je suis en plein dedans et j'avoue que c'est très long mais passionnant !

Excellentissime !!

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 40 ans) - 16 mai 2009

Effectivement très long (plus de 800 pages en format poche), mais remarquable du début à la fin, un très très très grand thriller, à l'ambiance assez particulière. Je recommande à tous !

Bien écrit... mais que c'est long

5 étoiles

Critique de Ppakkoqq (, Inscrit le 20 juillet 2005, 39 ans) - 25 juillet 2006

A tous les passionnés de cinéma, ce livre est une thèse publique sur le cinéma de l'après guerre. Très intéressant à lire quand on se penche sur l'aspect technique du cinéma et la façon dont on peut y véhiculer ses idéologies.
Mais quand je vois "thriller" sur la couverture, je ne comprends pas...
A aucun moment je ne me sens dans un roman à suspense, les rebondissements sont peu ou pas présents du tout.
Le titre est trop fort pour ce qu'il contient et pour le type d'écriture contenu dedans. Une écriture lente et monotone.

Ce livre n'est pas un roman à suspense mais un bon roman d'investigation.
A lire pour cela.

Passionnant et prodigieusement érudit...

9 étoiles

Critique de Enzobernero (, Inscrit le 23 janvier 2006, 82 ans) - 9 février 2006

Edité aux USA en 1991, ce livre n'a été publié en France qu'en 2004, suite peut-être au succès commercial du DA VINCI CODE, ouvrage que pour ma part je trouve quelque peu surfait et, en fin de compte, décevant. Je suis d'accord avec la critique qui précède. La seule (petite) réserve tient dans le fait que je ne me suis pas ennuyé une seconde en lisant cette prodigieuse enquête cinéphilique - probablement parce que je suis moi-même un chercheur en cinéma. L'auteur, bien connu pour ses travaux concernant la contre-culture US, est un brillant universitaire de renom et il est vraiment très documenté sur l'histoire du cinéma. Quant à l'intrigue elle-même, il faut avouer qu'elle tient le lecteur vraiment en haleine comme les meilleurs thrillers. Je crois qu'après avoir lu ce livre, on ne pourra plus, au cinéma, regarder un film comme avant, sans se demander quel message subliminal est peut-être en train de nous conditionner pour nous détruire...

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