JulesRomans
avatar 25/04/2014 @ 23:10:13
Je ne citera pas les incontournables, mais Maurice Fombeure un autre Poitevin, mais plus jeune d'une petite dizaine d'années que Pierre Menanteau.

Maurice Fombeure né à Jardres (Vienne) le 23 septembre 1906 a un un musée lui est consacré à Bonneuil-Matours, près de Poitiers. Je l'ai visité. Il fit des études à l'École normale de Poitiers puis à l'École normale supérieure de Saint-Cloud. De là, il sortit comme professeur de français/ histoire-géographie pour les Ecoles primaires supérieures, de niveau du collège français d'aujourd'hui.

De lui j'ai appris:

"Menuisier du roi

-Je stipule
dit le roi
que les grelots de ma mule
seront des grelots de bois.

-Je stipule dit la reine
que les grelots de ma mule
seront des grelots de frêne.

-Je stipule
dit le dauphin
que les grelots de ma mule
seront en coeur de sapin.

-Je stipule
dit l’infante
élégante
que les grelots de ma mule
seront faits de palissandre.

-Je stipule dit le fou
que les grelots de ma mule
seront des grelots de houx.

Mais quand on appela le menuisier
Il n’avait que du merisier".

Nance
avatar 26/04/2014 @ 00:59:40
Soir d'hiver d'Émile Nelligan ?

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j'ai, que j'ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
A tout l'ennui que j'ai, que j'ai!...

Fanou03
avatar 26/04/2014 @ 11:35:48
Pour moi c'est le début de "la Frégate" de Vigny:

Qu'elle était belle, ma Frégate,
Lorsqu'elle voguait dans le vent !
Elle avait, au soleil levant,
Toutes les couleurs de l'agate ;
Ses voiles luisaient le matin
Comme des ballons de satin ;
Sa quille mince, longue et plate,
Portait deux bandes d'écarlate
Sur vingt-quatre canons cachés ;
Ses mâts, en arrière penchés,
Paraissaient à demi couchés.
Dix fois plus vive qu'un pirate,
En cent jours du Havre à Surate
Elle nous emporta souvent.
- Qu'elle était belle, ma Frégate,
Lorsqu'elle voguait dans le vent !

Fanou03
avatar 26/04/2014 @ 11:36:23
...et l'incontournable Maurice Carême avec "la dernière pomme"

Vais-je tomber, ne pas tomber ?
Se disait la dernière pomme.
J'ai résisté aux vents d'automne,
Aux pluies, aux premières gelées :

- Il ne faut pas que j'abandonne
Mon fidèle ami, le verdier.
Vais-je tomber, ne pas tomber ?
Il y va de mon cœur de pomme.

Je suis d'or rouge et de miel jaune
Comme une lune à son lever
Et j'éclaire tout le pommier.
Non, non, verdier, je me cramponne,
J'attendrai l'hiver pour tomber.

Sissi

avatar 26/04/2014 @ 12:15:57
Le cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

Jacques Prévert

Yotoga

avatar 26/04/2014 @ 15:13:57
Le cancre
Jacques Prévert
Oui, c'est celui là qui me revient tout de suite !

Ainsi que la fontaine bien sur, j'y pense à chaque camembert de normandie :

LE CORBEAU ET LE RENARD

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Saint Jean-Baptiste 26/04/2014 @ 19:06:04
Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens
de l'an dernier. Je me souviens de mes tristesses
au coin du feu. Si on m'avait demandé : "qu'est-ce ? "
J'aurais dit : "Laissez-moi tranquille. Ce n'est rien. "
.
J'ai bien réfléchi, l'année avant, dans ma chambre,
pendant que la neige lourde tombait dehors.
J'ai réfléchi pour rien. A présent comme alors
je fume une pipe en bois avec un bout d'ambre.
.
Ma vieille commode en chêne sent toujours bon.
Mais moi j'étais bête parce que ces choses
ne pouvaient pas changer et que c'est une pose
de vouloir chasser les choses que nous savons.
.
Pourquoi donc pensons-nous et parlons-nous ? C'est drôle ;
nos larmes et nos baisers, eux, ne parlent pas,
et cependant nous les comprenons, et les pas
d'un ami sont plus doux que de douces paroles.
.
On a baptisé les étoiles sans penser
qu'elles n'avaient pas besoin de nom, et les nombres
qui prouvent que les belles comètes dans l'ombre
passeront, ne les forceront pas à passer.
.
Et maintenant même, où sont mes vieilles tristesses
de l'an dernier ? A peine si je m'en souviens.
Je dirais : " Laissez-moi tranquille ce n'est rien. "
Si dans ma chambre on venait me demander : " Qu'est-ce ? "
.
(L'angélus du soir ; Francis Jammes - 1890)
Appris à l'école il y a... disons beaucoup d'années

Guigomas
avatar 26/04/2014 @ 19:47:01
"A Palma de Majorque tout le monde est heureux
On mange dans la rue des sorbets au citron
Des fiacres plus jolis que des violoncelles
Vous attendent au port pour vous mettre à l'hôtel."


Les 4 premiers vers d'un poème de Cocteau, si je devais ne me souvenir que d'un poème appris à l'école, ce serait ça.

JulesRomans
avatar 28/04/2014 @ 14:11:49
Le bonheur est dans le pré



Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.

Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.

Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,

dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.

Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,

sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite,

sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.

De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,

de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.

Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite,

saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il a filé!

Paul Fort

JulesRomans
avatar 28/04/2014 @ 14:26:31
Dans ce poème, Pierre Menanteau reprend le mot "sourcelet" qui est je pense un néologisme. Je pensais d'ailleurs avoir appris "serpolet" pour le poème de Paul Fort, l'instituteur de CM 1 avait dû adapter, il faut dire que les Alpes n'étaient pas loin...


Montagne

Il y avait dans la montagne
Un bleu très tendre qui dormait
Il sortit du lit, s'étira
Et pris la forme d'une cloche.
A fleur de roche il s'est ouvert,
Ouvert à fleur de campanule.
Parfois l'abeille s'aventure
Dans cet azure près du battant.
Des sœurs plus jeunes se balancent,
Le bleu du ciel en fait le tour.
-Oh vieux sapins, votre abat-jour
Ne rabattra leur cadence.
Pas plus que le vent ne pourrait
Couper le vol des perdrix blanches,
Flocons nuageux qui se penchent
Vers la neige et le sourcelet.

Pierre Menanteau.

Darius
avatar 30/04/2014 @ 08:00:20
chez moi, c'est Verlaine qui me vient en premier avec sa

Chanson d'automne


Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Ellane92

avatar 30/04/2014 @ 09:41:03
La complainte du petit cheval blanc de Paul Fort

Le petit cheval dans le mauvais temps, qu'il avait donc du courage !
C'était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.

Il n'y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.
Il n'y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.

Mais toujours il était content, menant les gars du village,
A travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.
C'est alors qu'il était content, eux derrière et lui devant.

Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu'il était si sage,
Il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps, qu'il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps ni derrière ni devant.

C'est plus tard que j'ai connu la version mise en musique par Brassens.

Tistou 30/04/2014 @ 10:55:44
Pour moi, ce sont José Maria de Heredia, Paul Verlaine et Charles Baudelaire ... mais que des bouts, de petits bouts ...

"Comme un vol de gerfaut hors du charnier natal ..."

"Le ciel est par-dessus le toit si bleu, si came. Un arbre par-dessus le oit berce sa palme ..."

"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'Esprit gémissant en proie aux lourds ennuis"

Tistou 30/04/2014 @ 10:56:07
"si came" !!! "si calme" !

Saint Jean-Baptiste 30/04/2014 @ 12:37:12
chez moi, c'est Verlaine qui me vient en premier avec sa

Chanson d'automne


Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.


Superbement interprétée par Charles Trenet avec un accompagnement fantastique !

http://www.youtube.com/watch?v=5Ppf0sHLaz0

Saint Jean-Baptiste 30/04/2014 @ 12:39:14
Et pour ceux qui ne savait pas, ou qui avait oublié, que Charles Trenet était un poète :

http://www.youtube.com/watch?v=Wdnc7lm27M0

Saint Jean-Baptiste 30/04/2014 @ 12:50:08
Et encore une tout spécialement dédicacée à nos ami québécois :

http://www.youtube.com/watch?v=HsdfbIk6VsQ

Myrco

avatar 30/04/2014 @ 14:40:02
Marceline Desbordes-Valmore.

J'ai retrouvé d'elle ce poème que l'on nous faisait apprendre à l'école pour la fête des mères:

LES ROSES DE SAADI

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté .Les roses ,envolées
Dans le vent ,à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir ,ma robe encore en est toute embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Myrco

avatar 30/04/2014 @ 14:59:54
Il y avait aussi Lucie Delarue-Mardrus
mais beaucoup de ses poèmes sont d'inspiration saphique et je n'ai pas retrouvé celui ou ceux que l'on avait bien pu m'apprendre d'elle à l'école primaire puisque c'est de ceux-là ,je crois , dont il s'agit en principe dans ce fil.

Myrco

avatar 30/04/2014 @ 15:50:17
Ce ne sont ni "L'automne","L'hiver"..."Le nid","Petite souris"...

Page 1 de 2 Suivante Fin
 
Vous devez être connecté pour poster des messages : S'identifier ou Devenir membre

Vous devez être membre pour poster des messages Devenir membre ou S'identifier