Kilis 21/07/2004 @ 22:33:09
Il croque dans un citron encore vert. Quand je m’approche, il en sort un autre de sa poche, me le tend. Tu veux ?dit-il. Je dis non, que c’est trop sûr le citron comme ça. Il dit que ce n’est pas un citron. Il me montre le fruit dans lequel il vient de mordre. Dedans c’est comme une chair rose. Je mange ma première goyave.





Un jour ils sont à table il est midi, quelqu’un à la porte de la salle à manger qui donne vers dehors demande à parler à Madame Lamar. C’est un indigène en kaki, un planton du Territoire. Il n’entre pas. C’est elle qui sort dans le soleil. On n’entend pas ce qu’ils se disent mais seulement une musique sombre avec des pointes d’aigus déchirantes. On n’entend pas mais on sait qu’on est dans l’attente du tragique, en suspens de l’inéluctable. Madame Lamar rentre enfin, s’assied, pâle. Elle dit « C’est Ignace… il est tombé dans le fleuve… les crocodiles… les crocodiles… il est mort. »
Christine ne comprend pas les mots, ces mots simples. Ils ont une résonance insolite. Alors elle dit non, non, que c’est faux, que c’est la chose la plus idiote qu’elle ait jamais entendue, qu’elle ne veut pas, non.
Puis, peu à peu, par vagues, le chagrin s’insinue, s’installe et se transforme en cette douleur blanche, opaque qui prend toute la place, même celle de la colère.



Je me suis endormie sur mon chagrin. Et, lorsque je me suis réveillée, cette pensée m’a traversée que parfois le fleuve on l’oublie parce qu’on ne le voit pas, parce qu’on n’y va pas. Mais lui nous rappelle qu’il est là, Lualaba.

Monique 21/07/2004 @ 22:40:48
Pauvre Ignace, elle nous le présente à peine, deux heures après il se fait bouffer par un croco, y avait pas un gnou dans le coin, non ?
Je plaisante mais la situation est bien rendue !... et du coup, il n'en faut pas beaucoup plus, ça allongerait inutilement

Monique 21/07/2004 @ 22:42:52
En Guadeloupe, les créoles prononcent "goayave", là bas aussi ?

Yali 21/07/2004 @ 22:44:06
Ben moi, je me demande où est tout le reste ? Parce que, entre le texte de tout à l'heure et celui-ci, ça sent le roman à plein nez. Alors où il est le roman???

Kilis 21/07/2004 @ 22:48:59
Non je crois pas, je sais plus le mot swahili.

Kilis 21/07/2004 @ 22:53:08
Pas tout bien fini. Bribes, éclats, boussures...
Ben alors je vous en remets?

Monique 21/07/2004 @ 22:53:43
Non je crois pas, je sais plus le mot swahili.
"pera, (ma-)"

Monique 21/07/2004 @ 22:54:33
Pas tout bien fini. Bribes, éclaboussures... Ben alors je vous en remets ?
OUI !!!!!..............

Monique 21/07/2004 @ 22:56:28
citron vert = ndimu
trop forte !!

Yali 21/07/2004 @ 22:57:03
J'aimerais assez lire l'ensemble. Car par exemple, j'imagine qu'entre ces deux scènes se crée un lien petite fille/Ignace, ou avant, j’aimerais lire la nature de ce lien.
C’est possible ?

Monique 21/07/2004 @ 22:59:10
ben, euh, elle est en train de chercher

Tistou 11/04/2014 @ 17:55:41
cf "Dix ans, Vos Ecrits ... 2004, le démarrage"

Seul rescapé que j'ai pu retrouver d'une suite de petites chroniques de, manifestement, la vie, petite fille, de Kilis en Afrique Centrale. C'est par cette chronique qu'elle s'est initialement fait connaître sur Vos Ecrits. Hélas, elle a fait partie de ceux qui ont demandé l'effacement de leurs textes à leur départ ...

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