Watchmen, les gardiens - L'Intégrale de Alan Moore (Scénario), Dave Gibbons (Dessin)

Watchmen, les gardiens - L'Intégrale de Alan Moore (Scénario), Dave Gibbons (Dessin)
( Watchmen)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Comics

Critiqué par Julius, le 22 mars 2005 (Inscrit le 24 novembre 2004, 49 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (504ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 9 038  (depuis Novembre 2007)

désillusion

Une bd sur des superhéros. Oh c'est naze ! Qui aurait cru que j'aurais pu mettre plus de 4 étoiles à une bd de superhéros, dans ma table c'était 2 max !! Ils vont sauver le monde des méchants parce que tout le monde est gentil sauf les méchants (surtout sur internet en fait mais dans la vraie vie c'est loin d'être le cas ;-) ou :o) ... )
Bons sentiments, méchant stupide, liberté, amour triompheront finalement. Désolé pas dans cette bd, certes on y lit l'histoire de superhéros, mais faut le reconnaître, c'est une belle bande de loosers.
Plus personne n'a besoin d'eux et leurs déguisements à 2 balles, ils font rire tout le monde. Cette bd mérite de figurer dans toute bdthèque, il me semble même qu'elle risque d'être adaptée en film (ok c'est pas un gage de qualité)
Alors comme d'habitude je ne peux m'empêcher de citer un extrait qui m'a particulièrement retourné (je suis pas fort en critique qui transcende les livres alors je comble comme je peux)

contexte : il y en a un qui s'est fait prendre par la police, un psy le suit et lui fait le test de rorschach, sur une image il raconte qu'il a trucidé quelqu'un et foutu le feu à sa maison alors on lui demande pourquoi.
Il raconte que ce quelqu'un avait kidnappé une fillette pour demander une rançon et mais il s'est trompé de fillette ! et ses parents, du coup, avaient pas les moyens de payer la fameuse rançon !! problème ... du coup il l'a tuée et donnée à manger à ses chiens, fallait effacer les traces ...
Il finit son intervention ainsi :

"Face au feu, la tache de sang coagulée par la chaleur, comme la carte d'un nouveau continent.

Me sentais nettoyé, sentais la noire planète tourner sous mes pieds. Savais. Du savoir des chats qui hurlent comme des bébés dans la nuit.

Regardé le ciel à travers la fumée chargée de graisse humaine et Dieu n'était pas là. La froidure suffocante et noire est infinie et nous sommes seuls.

Vivre sa vie faute d'avoir mieux à faire. Inventer la raison plus tard.

Né de l'oubli; engendrant des enfants promis à l'enfer comme nous; retour à l'oubli.

Il n'y a rien d'autre.

L'existence est hasard. Aucun sens, sauf ce qu'on imagine à la contempler trop longtemps.

Aucune signification sauf ce que nous y mettons.

Ce monde sans gouvernail n'est pas formé par de vagues forces métaphysiques. Ce n'est pas Dieu qui tue les enfants. Ni la malchance qui les massacre, ni le destin qui les fait dévorer par les chiens.

C'est nous. Rien que nous.

Les rues puaient le feu. Le vide soufflait contre mon coeur, gelant ses illusions, les pulvérisant.

Je renaissais alors, libre de gribouiller ma propre marque sur le vide moral de ce monde.

Je fus beeeeep" (eh oui je peux rien dévoiler)

Et voilà comme naît un superhéros alors je suis décidé, je vais chercher mon pyjama, je me fous au lit et je pars à l'assaut des méchants ! Gare à vous, j'arrive ...

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Simplement fat

2 étoiles

Critique de Antihuman (Paris, Inscrit le 5 octobre 2011, 39 ans) - 15 novembre 2012

Sans nommer toutes ces adaptations récentes qui prennent tant de libertés avec les oeuvres originales du fait du "politiquement correct" (une vraie gageure d'ailleurs...), il existe aussi ces nouveautés plus ou moins ambigues qui prétendent fouiller la psychologie de nos héros favoris.

Et bien sûr il est vrai que la politesse se perd de nos jours, en effet si personne ne parle aux jeunes dieux comme il se doit il ne faut pas s'étonner que tout tourne mal ! Avec The Watchmen c'est un peu le cas quoique l'ensemble reste à mon humble avis tout le long assez fantaisiste, sinon dénué d'humour et sans alibi sérieux. Il y a une légère différence entre être vulgaire, dire "ce que l'on pense" avec plus ou moins de finesse et s'épandre en mots crus un peu partout; qu'être cet espèce de bobo alpha, en même temps snob et cuistre au language châtié comme tant d'autres, en outre absolument mal-poli ainsi qu'insupportable tout comme l'égocentrique Dr Manhattan (de loin le plus grotesque et haut-en-couleurs des personnages des Watchmen bien qu'il ait certes - quasiment - créé la Terre)... Et alors ?

Le reste je m'en souviens à peine mais de toute façon, et même si cette oeuvre surestimée reste pour sa majeure partie la création d'Alan Moore, les intrigues de ce comic ne sont que rarement suivies, sans objet évident, et encore moins approfondies. On ne voit donc pas pour quelle raison on ferait de même à l'inverse.

Les Watchmen cinq minutes avant la fin du monde

9 étoiles

Critique de AmauryWatremez (Evreux, Inscrit le 3 novembre 2011, 53 ans) - 19 janvier 2012

Il me semble que la charge transgressive du roman graphique y est considérablement atténuée dans le film excepté la nudité d'un des personnages qui a posé problème à la censure US (même si la bande annonce très "cinoche jouissif" donne vraiment envie). Par contre, je me suis décidé à acheter l'intégrale du "comic book" traduit par Manchette qui savait l'importance de ce que l'on considère comme la sous-culture, et qui est peut-être bien plus intéressant. Il y a des références constantes à la culture classique comme à la culture populaire, des chansons de l'époque aux films de série B ou Z, aux "serials", à Stevenson ou Daniel Defoe, ou même les dessins de Vargas pour lequel pose la première "spectre soyeux".

En 1985, dans un univers uchronique, Edward Blake, un des derniers super-héros des années 40 en activité, qui s'était mis à travailler comme mercenaire cynique pour le gouvernement, est assassiné. Rorschach, son ancien partenaire, un paranoïaque dangereux, est persuadé qu'il s'agit d'un complot, il se trouve qu'il a peut-être finalement raison. Il réussit à convaincre un ancien super-héros en costumes, "le Hibou", de régler le problème selon leur ancienne manière. Celui-ci est d'abord réticent à l'idée de quitter son confort douillet, il vit avec la fille d'une super-héroïne n'ayant jamais aimé ne pas être comme les autres, le deuxième "Spectre soyeux". Si le hibou est lâche et carrément impuissant en tant que simple être humain, il devient exceptionnel lorsqu'il porte son costume. Elle a été mariée avec un savant atomiste transformé en surhomme se fichant complètement du sort de l'humanité à la suite d'une explosion, le Docteur Manhattan qui finit par s'exiler sur Mars dont il pourra contempler la désolation splendide. Grâce au docteur Manhattan, les américains ont gagné la guerre du Vietnam et Nixon en est à sa quatrième réélection.
La machination vient d'un ancien "gardien", l'homme le plus riche du monde, le plus puissant, réputé le plus intelligent, qui se croit l'égal d'un Dieu, d'Alexandre ou Ramsès, Ozymandias, alias Adrian Veidt, qui veut déclencher la fin du monde pour redonner un sens à la vie des hommes. Le docteur Futur n'empêche pas l'Apocalypse mais sauve ses anciens amis.

Le monde change...peut-être.
Et la citation récurrente dans ce comics prend tout son sens :
"La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien." (William Shakespeare)
Site Internet :
http://www.chez.com/geryon/watchmen.html

seule BD dans la liste des 100 meilleurs livres(Times magazine)

10 étoiles

Critique de Magicite (Saorge, Inscrit le 4 janvier 2006, 44 ans) - 13 septembre 2011

Sous forme de polar noir, ceci est un chef d’œuvre d'Alan Moore.
Situé dans une uchronie nixonienne mêlant super héros, politique c'est une réflexion sur la liberté de l'humanité et les solutions des gouvernants.
Watchmen tire son titre de la traduction de la maxime latine:
Quis custodiet ipsos custodes?
Traduit ici par : Who watch the watchmen?
Ici les protagonistes sont déchirés entre le blanc et noir(bien et mal) et tout leur dilemme vient qu'il ne peuvent se faire au fait que le monde peut être gris.
L'écriture est dense, à tel point qu'il faut relire plusieurs fois cette bd avant d'en saisir toute la portée.
Les dessins de Gibbons le confirment comme un maître du dessin de comics et le découpage prend souvent la forme d'un film des années 80. La colorisation comme le dessin sont à l'image du récit: sans concession. Le récit oscille donc entre drames humains et enquête sur un complot mondial, se situe sur deux époques(le passé est présent en flashback) imposant une dynastie de personnages.
Les personnages ont tous leur faille, leur condition humaine(ou surhumaine) est le moteur de leur actions.

ps: comme tous les films tirés de ses œuvres (V for Vendetta, la ligue des gentlemen extraordinaires, from hell, Constantine) Moore refuse que son nom apparaisse au générique et ne touche aucun droit de façon délibéré. S'etimant trahi dans son œuvre et ne disposant pas des droits d'exploitation.

Watchmen

10 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 42 ans) - 25 juillet 2011

Excellentes BD que j'ai adoré lire. L'histoire est très dark et sort du modèle avec les héros parfaits et sans défauts. L'histoire est très bien ficelée et les personnages sont très bien développés. J'aime aussi beaucoup l'idée d'un univers parallèle et le fait que la plupart des personnages n'ont pas de supers pouvoirs. C'est un classique de la bande dessinée.

Retraite et décadence des supermen

10 étoiles

Critique de Bastien N. (, Inscrit le 28 septembre 2009, 32 ans) - 7 décembre 2009

Que reste-t-il des super-héros? Des gras du bide, des résignés, des loosers. Ils sont tous devenus des brutes paranoïaques, des violeurs cyniques, des misanthropes désabusés, des capitalistes mégalomanes, des frustrés, des retraités, des lâches, des fous, ou tout simplement des cadavres. Dans "Watchmen", vous ne trouverez pas le stéréotype du héros invincible, moral et ennuyeux, mais une vaste pléiade de paumés errants dans un monde futuriste où prolifèrent la misère, la violence, la folie et l'avarice.

Allan Moore est, on le sait, un excellent scénariste. Il se surpasse dans "Warchmen", dépeignant un univers sombre au réalisme cru et morbide traversé par des personnages tourmentés et fantomatiques.
Les encadrés sont aussi profonds et aussi noirs que les protagonistes. Le style et les propos de la B.D sont hachés:
"et voici le monde au bord du précipice, face à la vision de l'enfer et tous , libéraux, intellectuels, et corrupteur du peuple restent bouche bée sans rien trouver à dire".
Le récit est admirablement bien illustré par Dave Gibbons, qui a un style précis, à la fois inspiré du passé, actuel et personnel: le dessin, un peu rétro, reproduit la couleur criarde des comics de jadis, tout en étant reconnaissable au premier coup d'œil.

La somme de ces deux talents donne, je n'aurai de cesse de le répéter, une œuvre magistrale, profonde, haletante et complexe, à tel point qu'elle supporte largement de nombreuses relectures. Un indispensable pour tout fan de Bande dessinée!

Who watches the Watchmen ?

8 étoiles

Critique de Stavroguine (Paris, Inscrit le 4 avril 2008, 38 ans) - 27 avril 2009

Cela a déjà été dit, pour un Comic de super-héros, Watchmen est pour le moins atypique. Pas de super-pouvoirs chez les personnages de DC Comics, pas plus que de cryptonique ou nemesis prenant les traits d'un super-vilain. De héros, il ne reste même d'ailleurs pas grand chose tant ils ne font plus rêver personne et sont largement tournés en ridicule par la population quand ils ne sont pas tout simplement haïs et vilipendés. Que sont-ils ces Watchmen ? Juste des hommes masqués, de grands gamins idéalistes et souvent un rien fascistes - quand ils ne sont pas carrément nazis - qui jouent aux justiciers. Leur seul pouvoir, c'est d'être intelligent, ou de passer leur vie dans des salles de muscu. La quarantaine passée, ils arborent une ronde bedaine dans leurs costumes moulants ridicules.
Il faut dire que depuis 77 et le vote de la loi Keene leur enjoignant de tomber les masques, l'entraînement n'est plus la priorité et nos ex-super héros mènent des vies rangées de jeunes retraités célibataires et plus qu'un peu looser comme le Hibou. D'autres restent plus actifs, comme Rorschach, le seul a ne pas avoir révélé son identité et à continuer de combattre le crime à sa manière, "sans compromis" - on comprend ce que ça sous-entend... Et il y a aussi Ozimandias, le golden boy, Silk Specter, la vamp et le Dr. Manhattan, le seul vrai super héros de la bande, qui, suite à un accident, a appris à maîtriser l'atôme et la matière. Utile, en pleine guerre froide d'avoir ce quasi-Dieu américain.
La guerre froide, elle reste la toile de fond sur laquelle se déroulent tous ces événements précipités par la mort d'un autre super héros, le controversé chien de guerre Le Comédien, qui va petit à petit sortir tout ce petit monde de leurs retraites.
Autour de tout ça, et en laissant une grande place aux rapports humains, que ce soit entre les personnages ou à propos de leur place au sein de la société, se tisse la toile d'une histoire complexe, à mille lieues de des dichotomies propres aux histoires de super héros. Car on l'aura compris, Watchmen est avant tout une histoire d'hommes, d'hommes un peu spéciaux, mais d'hommes quand même, avec ce que ça implique de faiblesses et de sentiments ; beaucoup d'interrogations occupent l'esprit de ces hommes d'action.
Pour le lecteur, tout ça est très enrichissant, quand on se rend compte que notre personnage préféré est un espèce de sociopathe fascisant et que le semi-Dieu de l'histoire se fout complètement de l'humanité. Rien que ça, ça tire cette BD vers des sommets rarement atteints par un Comic opposant super-héros et super-vilains. Alors quand en plus, la structure narrative est complexe, que des histoires s'y intercalent comme cette BD de pirates dans la BD, que les personnages et leur histoire sont présentés longuement et astucieusement, permettant au lecteur de les mieux connaître, tout comme leurs prédécesseurs, les Minutemen, que des pages de texte plein ponctuent chaque chapitre pour nous donner un éclairage différent..., alors on ne peut que se rendre à l'évidence : on est devant une très grande oeuvre qui (se) joue habilement des clichés caractérisant généralement son genre.

A noter que la fin est un peu différente de celle du film et lui est peut-être légèrement inférieure.

Transcendance d’un genre

8 étoiles

Critique de CptNemo (Paris, Inscrit le 18 juin 2001, 48 ans) - 2 avril 2009

Je confirme donc que Watchmen est un chef d'œuvre du neuvième art.

Tout dans Watchmen, transcende le genre : la structure narrative complexe qui entremêle les histoires et les personnages au service d’une histoire longue et sophistiquée, le recours à des techniques cinématiques ou littéraires (flash back, chapitre consacré a un seul personnage…), les personnages tortueux super héros sans pouvoir plus qu’à moitié looser, sens du détail (les décors fourmillent véritablement de nombreux détails qui résonnent avec le texte), densité et poésie du texte …

Précisons aussi qu’on est bien plus près de l’intrigue policière que de l’histoire de super-héros classique. Moore utilise d’ailleurs cette histoire pour déconstruire le mythe des super héros et moquer le petit côté fasciste du genre

Watchmen c’est une brillante interrogation sur le sens de la vie dans un monde chaotique (comme La Route de MacCarthy que je viens de finir), bien plus proche d’un excellent roman mis en image que d’un vrai comics.
Classique à lire même pour ceux qui n’aiment pas la BD, je dirais même surtout par eux car Watchmen détruira vos a priori sur le genre.

Fantastique !

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 39 ans) - 17 mars 2009

Un roman graphique inoubliable, violent, dur, prenant, et magnifiquement adapté au cinéma. A lire à tout prix !!

Défait mes prévisions

8 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 21 mai 2008

J’ai voulu lire la bande dessinée avant le film. Les Watchmen me fascinaient depuis un moment, surtout à cause de la phrase la plus reprise de cette série : « Qui nous gardera de nos gardiens ? / Who watches the Watchmen ? ». C’est ma première bande dessinée de super-héros et, moi aussi, je m’attendais à un monument de clichés. À quoi s’attendre d’autre avec la dernière vague de films de super-héros, on se dit que les bandes dessinées ne doivent pas être mieux. C’est avec ce genre de préjugés que j’ai commencé les Watchmen et j’ai été agréablement surprise. Pas banale comme histoire et nuancée, j’ai un mauvais pressentiment pour le film. Pauvre Alan Moore. Je ne crois pas qu’il veut qu’on adapte ses bandes dessinées en films, mais c’est la loi d’Hollywood. On peut juste espérer que le film soit à moitié aussi bon que la bande dessinée.

Les héros (si on peut les nommer comme tels) sont plus sur le retour, on ressent la nostalgie des personnages, j’ai beaucoup aimé les retour en arrière. J’ai aussi apprécié l’inclusion de la bande dessinée fictive, Contes du Vaisseau Noir, lue par un afro-américain près du kiosque à journaux. L’intrigue, les souvenirs, les photos, les extraits de livres, les articles de journaux et ainsi que les détails des dessins de Dave Gibbons (comme le masque de Rorschach qui change) créent une mythologie riche en détails et haut en couleur.

C’est ce qui se fait de mieux dans le genre bande dessinée, de quoi confondre les sceptiques.

Les super-héros ne sont pas (tout à fait) fatigués

10 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 21 mars 2008

Chef d’œuvre majeur de la BD. Comme le Canada dry, ce n’est pas tout à fait malgré les apparences une histoire classique de super-héros. C’est bien plus que ça, il s’agit là d’une œuvre littéraire et graphique où les couleurs crues et flashy ne servent qu’à tromper l’ennemi. Une œuvre d’une richesse incroyable, avec un scénario béton et une atmosphère unique, qui se déguste et se relit ad vitam eternam, chaque détail y a son importance, chaque personnage secondaire n’est pas si secondaire que ça, chaque plan ou arrière-plan, chaque détail nous dit quelque chose.

Dans cette histoire, les « super-héros » sont quelque peu sur le retour (oui, ils ont du bide !) et ne sont pas comme on pourrait le croire l’incarnation du bien censé lutter contre le mal, ils ont leurs doutes et leurs faiblesses, et ne sont pas réellement des enfants de chœur. Les frontières entre « bons » et « méchants » sont brouillées, W. Bush en perdrait son parler texan s’il devait s’imposer cette lecture. Oui, il n’est pas si simple de vouloir « sauver le monde » à notre époque (il s’agit bien de notre époque !) tellement cynique et gouvernée par l’instinct de mort. Conçue avant la chute du mur de Berlin, à un moment où l’on parlait encore de guerre froide, « Les Gardiens » ont conservé toute leur actualité, car si l’équilibre de la terreur n’est plus, on se rend compte que notre monde actuel est rempli d’incertitudes, baignant dans un chaos politique, économique et écologique dont nul ne connaît l’issue (ou ne veut la connaître…).

Il faut lire les Watchmen et les hisser très haut dans sa bibliothèque. J’ai entendu dire que la BD allait être transposée au cinéma, alors même si j’ai quelques craintes, je souhaite simplement que le réalisateur, quel qu’il soit, ne trahira pas l’esprit de ce diamant pur.

Monument

10 étoiles

Critique de Ouistiti_cruel (, Inscrit le 22 juin 2005, 47 ans) - 22 juin 2005

Cette BD (n') est (pas) une histoire de super-héros.
Alan Moore est l'Orson Welles, le Stanley Kubrick et ceci est son chef d'oeuvre.
Thriller saisissant en première lecture bien sûr, étude psychologique solide, mais aussi ouvrage ludique dans la façon dont les planches ou les épisodes sont construits (recherchez les horloges, étudiez donc la construction de "Terrible Symétrie"!), Watchmen supporte de nombreux niveaux de lecture.
Indispensable.

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