Un peu de fumée bleue... de Denis Lapière (Scénario), Rubén Pellejero (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers

Critiqué par Leura, le 16 mars 2001 (--, Inscrit le 29 janvier 2001, 71 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 451ème position).
Visites : 4 212  (depuis Novembre 2007)

Un amour en fumée

Dans une ferme-auberge isolée d'un pays de l'Est débarque un homme, un soir.
Là, une étrange fille fume six cigarettes. Et sur chaque cigarette, un vers extrait d'un poème d'amour. À chaque cigarette fumée, nous en apprenons un peu plus sur la belle et tragique histoire de cette jeune femme.
Cette nouvelle histoire d'amour que nous raconte Lapière, après le merveilleux Bar du Vieux Français bénéficie cette fois d'un dessin somptueux, que j'oserais qualifier de fauviste. Pellejero a un très grand talent de dessinateur, et ce sera sans nul doute un des tout grands de demain.
Le scénario de Lapière est d'une force extraordinaire. Pas la moindre mièvrerie là-dedans. On y vit, on y respire oserais-je dire au rythme des cigarettes fumées par Laura. Encore une réussite totale.

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Quel talent !

10 étoiles

Critique de Shelton (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 66 ans) - 26 mai 2006

Denis Lapière nous offre là une bien belle histoire… Enfin, disons plutôt, qu’il offre à Ruben Pellejero un bon scénario, puisque Ruben déclare à qui veut bien l’entendre que, « comme un vampire », il aime s’approprier les histoires pour les raconter à sa façon, comme il le veut. Et, dans ce cas, c’est une grande réussite. Il faut dire que le dessin du Catalan est parfaitement adapté au scénario du Wallon… Il est indispensable de préciser que c’est madame Pellejero qui a fait l’interprète entre les deux auteurs réputés de la bande dessinée.
C’est l’histoire d’une femme, Laura. Elle vit dans une sorte d’auberge isolée de tout. Elle est là avec sa mère, quelques clients, des habitués, si habitués que certains ont du abuser d’elle, il y a déjà bien longtemps… La mère ne sait plus très bien si elle la patronne, la serveuse, la cuisinière, la prostituée… Elle est un peu tout cela… Jamais par plaisir… Juste pour oublier une vie qui ne fut pas très facile…
Nous sommes dans un ancien pays de l’Est. Lequel ? Ce n’est pas le plus important, probablement la république Tchèque. Un voyageur, un photographe, qui passe un soir, va réussir à faire parler Laura qui va raconter l’histoire, celle qui justifie l’adhésion immédiate de Ruben Pellejero lorsque Denis Lapière va lui raconter la première fois…
L’auberge est située non loin de la prison qui a servi, lors de la dictature passée, pour les politiques, les intellectuels. Régulièrement, les camions de prisonniers passaient par la route de l’auberge en rentrant des interrogatoires… Les épouses, les enfants des malheureux prisonniers venaient se poster là pour voir, encourager, redonner un peu d’espérance à leurs hommes… Laura les a accompagnés de nombreuses fois avant de prendre le regard de Ludvik… C’est un prisonnier comme les autres, mais il va devenir le sien, son homme… Ce ne sont que des regards, des gestes, mais c’est une relation qui naît…
Lorsque la dictature disparaît, emportée par le vent de liberté qui souffle en Europe, on aurait pu imaginer une histoire d’amour sans problème, banale… Un couple, des enfants, le boulot… Mais, peut-on revenir de ces expériences de camps indemne, prêt à reprendre une vie normale ?
Je ne vous en dis pas plus, car le sujet est si bien traité par les deux auteurs que je préfèrerais vous savoir en pleine lecture pour comprendre ce qui va arriver à Ludvik, à Laura et à notre photographe… Quant à la mère, elle n’a toujours rien compris… Mais, pouvait-il en être autrement ?
Un album seul, un one shot comme on dit, qui réconciliera les derniers récalcitrants à la bande dessinée. C’est seulement avec ce type d’albums que l’on peut comprendre ce qu’est devenue la bédé de nos jours : un mode narratif complet qui ose raconter dans tous les domaines, sur tous les sujets, qui explore même les champs les plus improbables au cœur de l’être humain… loin des super héros et des aventures pour jeunes [qui n’en restent pas moins respectables], Denis Lapière et Ruben Pellejero nous emmènent au cœur de la vie, de l’humain… Oui, Un peu de fumée bleue est bien un morceau de la littérature humaniste, et pourtant, c’est une bande dessinée… Il va bien falloir vous y faire…
A mettre dans toutes les mains d’adolescents et d’adultes, sans aucune restriction…

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