La fin d'un monde de Patrick Buisson

La fin d'un monde de Patrick Buisson

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Maranatha, le 22 mai 2021 (Inscrit le 17 janvier 2019, 49 ans)
La note : 9 étoiles
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Buisson...ardent dans ses réflexions.

Le personnage est clivant comme on dit de nos jours. Directeur de Minute, puis de la chaîne Histoire, enfin conseiller de Sarkozy, il en faudrait à certains pour disparaître des radars médiatiques.
Mais le bougre à du ressort et de l'intérêt.
Voici donc un ouvrage qui place en sous-titre : Oui c'était mieux avant.
Qu'on ne s'y trompe pas et Buisson le répète à tour d'interviews, c'était mieux avant sur un point, l'humanité.
Il déclare que ce que nous avons gagné en technologie, technique a effacé l'humanité des rapports humains.
L'entraide, le sacré, le travail, la famille et tous les modèles qui représentaient et qui déterminés ces états ont été balayés par une lame de fond destructrice et dévastatrice qui est le progressisme.
Cette croyance au fait que le progrès et son corollaire le progressisme pouvait sauver le monde et lui apporter les lumières du Salut.
Au fil du livre Buisson nous dépeint avec un grand renfort de références le déclin de la paysannerie, de la famille, la religion chrétienne, et du masculin.
C'est très dense, touffu mais jamais lassant.
Un large chapitre est consacré au christianisme et à son déclin provoqué par Vatican II, ses prêtres influencés par le marxisme, ce qui pour Buisson a contribué au déclin de cette religion c'est avant tout l'élimination du Sacré. S'en est suivi un effacement de la mort dans la vie des hommes, la peur qu'elle engendre, l'homme n'accepte plus sa fin qui est considéré à présent comme un défaillance technique qu'il faut réparer sinon repousser au plus tard. Il évoque timidement l'avènement du transhumanisme.
Pour la paysannerie il démontre l'arrivée de la mécanisation, du crédit, de l'endettement des paysans qui deviennent tributaires des banques et se retrouvent plongés au coeur du libéralisme économique devenant des exploitants avec des objectifs de rentabilité occasionnant le démenbrement et une mutation des rapports d'héritage au sein des familles.
Le masculin a droit au dernier chapitre, l'homme a été émasculé aux alentours des années 68 et sa fumeuse révolution. Les rapports du père avec le reste de la famille ont été bouleversés, le pater familias devenant dépassé c'est tout le modèle familial qui a été chamboulé . S'en est suivi la révolution sexuelle, l'émergence du féminisme militant, de la contraception, de l'avortement et de l'urbanisation des moeurs.
Un ouvrage très intéressant qui ne doit pas être occulté par la figure de l'auteur qui peut agacer.
C'est un ouvrage capital pour comprendre comment et pourquoi notre société est devenue ce qu'elle est aujourd'hui.
Pourquoi une nation assez homogène, unie s'est disloquée pour n'être plus qu'une auberge espagnole délabrée.
Ce qui est certain c'est que d'autres tomes seraient intéressants car celui-ci concerne la période 1950-1975.

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