L'ensorcellement du monde de Boris Cyrulnik

L'ensorcellement du monde de Boris Cyrulnik

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Psychologie

Critiqué par Bolcho, le 8 février 2003 (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 74 ans)
La note : 8 étoiles
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L'éthologie pour tous

Voici un livre d’éthologie humaine, qui, au passage, nous parle des animaux et de leurs comportements, du fait aussi que nous sommes très manifestement des animaux nous-mêmes et que, comme eux, nous sommes souvent captés par notre entourage, « ensorcelés » en quelque sorte. L’auteur nous raconte tout ça avec humour et sans vouloir à tout prix nous en mettre plein la vue (traduction : même moi qui suis plutôt rétif au langage marqué « psy », j’ai réussi à comprendre, alors…). On y voit à quel point, chez les humains, tout passe par la bouche. La nourriture bien sûr, mais aussi notre rapport à l’autre. On y voit à quel point nous sommes « poreux », c’est-à-dire toujours sur le point d'être hypnotisés. Et on s’amuse beaucoup. Deux exemples pour vous mettre en bouche (puisqu'elle a tant d'importance). Le premier. « (…) ce qui nous a frappé, c’est la sémiotique des poils de propriétaires. Celui qui aime les boxers porte les cheveux courts, le propriétaire d’afghan a des cheveux plus longs, et parmi les maîtres des bergers allemands il y a 34% de moustachus, contre 7% seulement dans la population témoin ». On va appeler un boxer « Brutus » (à cause de son aspect) et un afghan « Rimbaud ». « Mais c’est le berger allemand qui possède les propriétaires les plus typés : travailleur moustachu, de niveau social moyen ou faible, âgé de trente à cinquante ans, commerçant ou artisan. Ce chien n’a pas de propriétaire femme, riche, artiste ou fonctionnaire. Il habite dans des maisonnettes de banlieue ou de ville de moyenne importance, souvent dans des familles de plus de trois enfants. Son maître dit de lui qu’il faut le dresser, alors que le propriétaire d’un boxer emploie le mot élever, tandis que le logeur d'un afghan prétend lui expliquer. » Et le second exemple. Les scarabées ne savent pas mentir. Mais les singes s’approchent du mensonge humain. Les femelles chimpanzés qui se déplacent dans un groupe sont au centre, avec les petits. Quand l’une d’elles repère un régime de banane, elle n'a pas intérêt à le signaler : les mâles, plus rapides, plus forts et plus proches, seraient dessus bien avant. « Alors, quand le régime est placé à gauche, elle regarde à droite et pousse des cris de joie qui déclenchent la course virile. Les mâles réalisent d’excellentes performances musculaires vers la droite, tandis que la femelle se dirige à gauche et se sert tranquillement ». Les gros muscles sont chez les mâles et l'intelligence chez les femelles. Oui, mesdames, chez les humains aussi, je sais. Mais Cyrulnik reste poli lui (et masculin.) : il n’en dit rien.

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Les éditions

  • L'ensorcellement du monde [Texte imprimé] Boris Cyrulnik
    de Cyrulnik, Boris
    Odile Jacob / Poches Odile Jacob.
    ISBN : 9782738110329 ; 9,50 € ; 17/09/2001 ; 310 p. ; Broché
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