Le chemin de l'espérance de Stéphane Hessel, Edgar Morin

Le chemin de l'espérance de Stéphane Hessel, Edgar Morin

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Isis, le 23 mai 2012 (Chaville, Inscrite le 7 novembre 2010, 77 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 4 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 3 étoiles (53 226ème position).
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Des idées à la pelle

Deux nonagénaires, bien connus du grand public, tous les deux anciens résistants et de même obédience politique, mettent ici leur double expérience en commun au service d’idées plus ou moins novatrices permettant, sinon de résoudre tous les problèmes de notre société capitaliste et consumériste ; tout au moins, d’encourager les jeunes générations à agir pour engager des réformes ; participer à ce fameux changement, à la fois symbole d’un fol espoir et enjeu électoral de poids.
Toutefois, pour que ce «Chemin de l’espérance» ne reste pas une voie sans issue et ces exhortations, de simples vœux pieux, il faut afin que ces belles phrases et ces bons sentiments, extrêmement fédérateurs, se concrétisent sur le terrain, puiser encore au tonneau des Danaïdes que sont les dépenses publiques !
Certes, l’intérêt humain des multiples concepts ici exprimés est indéniable et les postulats énoncés, irréfragables.
Qui oserait en effet contester l’affirmation selon laquelle :
- «la mondialisation constitue à la fois le meilleur et le pire de ce qui a pu advenir à l’humanité ?
-il faut préférer le «toujours mieux» au «toujours plus» déjà dénoncé il y a exactement quarante ans par François de Closets… ?
-il convient de développer l’économie sociale et solidaire, le commerce équitable et de réduire les inégalités dans les revenus, dans la relation capital travail, comme dans la préservation de la biosphère ?
-il est souhaitable d’instaurer plus de souplesse dans les horaires de travail tout comme dans l’âge de la prise de retraite ?
-il est indispensable de vaincre la corruption qui est «devenue un phénomène majeur qui affecte les administrations, les Etats et les élus» ? etc etc…
Plus originale, mais aussi sans doute plus utopiste, est l’idée de créer des «maisons de fraternité» regroupant, au bénéfice des plus démunis, toutes les prestations d’assistance et de bénévolat, actuellement dispersées.
Autre création proposée, celle d’un office public de la consommation «qui éduquerait les consommateurs et introduirait l’enseignement de la consommation dans le secondaire» Idée de génie ou usine à gaz ?
Enfin, il importe selon les auteurs, pour relancer la croissance avec un grand C, de «procéder à notre propre New Deal en lançant de grands travaux, d’infrastructures qui, du même coup, créeront des emplois, abaisseront drastiquement le chômage et relanceront l’économie, alors que la politique dite de rigueur conduit à une récession accrue, à de nouvelles pertes d’emplois, à des diminutions de salaires et de rétributions, à une baisse de la consommation qui aggravent la crise sociale en croyant réduire la crise économique»
Puissent ces deux vénérables Sages, dire vrai. Au moins peut-on l’espérer et doit-on y croire. En plus, cela ne coûte rien !

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1 étoiles

Critique de AmauryWatremez (Evreux, Inscrit le 3 novembre 2011, 53 ans) - 17 janvier 2014

J'aimerais éviter de me moquer de ce que laisse un vieux monsieur qui était en somme la version bien-pensante et politiquement correcte du grand oncle radoteur que l'on écoute parce qu'il est vieux, et qu'il donne de temps à autres des rallonges d'argent de poche.

Il est curieux de constater une chose à première vue paradoxale.

Quand il s'agit du Pape, ou d'une figure qui n'entre pas dans les schémas en vigueur, il n'y a pas de mots assez durs, d'expressions assez abjectes pour insister le plus lourdement possible sur la vieillesse, l'âge et l'usure de la personne.

Dans les médias et la « bonne presse », par contre, « l’œuvre » de Stéphane Hessel, qui consiste surtout en un opuscule regroupant quelques lieux communs certes sympathiques lorsqu'on a dix-sept ans mais qui paraissent assez ridicules, surtout s'ils ne sont pas suivis d'actes, une fois la crise de rébellion post-pubertaire surmontée, est considérée comme d'une importance fondamentale contre les préjugés et les idées reçues alors que la trentaine de pages de « Indignez vous » sont un relevé méthodique des poncifs les plus éculés concernant la jeunesse, les droits de l'homme, la révolte....

Il est curieux que le personnage perçu comme le plus rimbaldien en 2013 soit un vieillard de plus de quatre-vingt dix ans.

La génération que l'on pourrait appeler la « génération sans recul » a donc maintenant sa figure tutélaire qui maintenant qu'elle vient de passer l'arme à gauche, bien à gauche, va être mythifiée, idéalisée, portée aux nues, tel Coluche à une époque, alors que Hessel a été la plus grande partie de sa vie un des rouages idéologiques et politiques du système ayant conduit à la catastrophe actuelle, à la crise de sens, de l'économie, la crise sociale, la crise morale, et à cette curieuse et totale absence de recul sur elle-même qui caractérise la société contemporaine, une absence de recul totalement effarante quand on y pense.

Cette « génération sans recul » est incapable de simplement réfléchir sur la culture de son temps, les pires idées reçues, sur les fins des actions qu'elle pose pour améliorer, et surtout celles qu'elle ne pose pas, sur son allégeance totale à la société de consommation et au spectacle permanent du grand cirque consumériste.

La « génération sans recul » ne veut pas se poser de questions, elle veut profiter encore un peu, tant ce que c'est encore possible de la société dite d'abondance, enfin pour les plus riches.

Un chemin vers des idées mais qui n'est pas construit pour...

6 étoiles

Critique de Pieronnelle (Dans le nord et le sud...Belgique/France, Inscrite le 7 mai 2010, 74 ans) - 23 mai 2012

Autant dire tout de suite que j'ai été déçue. J'ai bien compris les intentions des auteurs qui ont voulu "transformer l'essai", ne pas rester dans l'indignation mais essayer d'apporter des solutions.
Comme le précise Isis de belles idées (c'est déjà ça) auxquelles ont ne peut que souscrire, mais...très peu de propositions concrètes. On sait ce qu'il faut faire mais on ne dit pas comment. Certes il est nécessaire que les idées cheminent, certains sont prêts à les accepter, pas encore à les réaliser. Ces deux "petits pères" bien sympathiques ne sont pourtant pas des utopistes, gageons que dans quelques temps la prochaine étape qu'ils nous proposeront apportera des solutions plus concrètes dans un climat social et économique peut-être plus apaisé.
L'intérêt de ce livre est bien le mot "espérance" et sur ce plan là ils ont gagné...

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