Vive Le Pen ! de Emmanuelle Duverger, Robert Ménard

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Hexagone, le 21 avril 2011 (Inscrit le 22 juillet 2006, 53 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 151ème position).
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Ici commence le pays de la liberté.

C'est la mode depuis peu d'éditer ce genre de petit fascicule, de pamphlet où on règle ses comptes, où on expose ses idées.
Il est certain que comme le petit livre de Hessel , celui de Ménard fera les joies de l'édition.
Alors qu'en est-il de ce petit livre de...30 pages.
Trente pages pour dire l'essentiel, que la liberté d'expression en France n'est pas en danger, mais qu'elle est confisquée.
Confisquée par cette classe médiatique qui voue aux gémonies selon que l'on soit de droite ou de gauche.
Clairement, Ménard nous dit que l'on peut dire n'importe quoi quand on est de gauche, mais que les mêmes propos dans la bouche d'un sympathisant de droite ou d'extrême droite ne seront pas traités de la même manière.
Il cite le cas de Georges Marchais se plaignant qu'il y a trop d'étrangers en France, il faut dire que le maire PC de Vitry venait de raser un foyer Sanacotra.
Que Georges Frêche peut traiter les harkis de sous hommes,
Que Gaston Deferre peut dire aux pieds noirs de remonter dans leur bâteau et d'aller ailleurs, oui des français indésirables.
Tout cela avec le consentement sinon le silence de la classe mediatico politique.
Il cite Mélenchon insultant les journalistes, imaginons la même scène avec MLP.
Il évoque Zemmour, Dieudonné.
Bref, voilà un homme qui a défendu la liberté d'expression et qui démontre à ceux qui l'ignoraient, qu'en France on est Voltairien que le jour du Bac.
Il évoque la pression de la bien pensance dans le cercle des médias.
Il nous explique les méfaits de la novlangue, ainsi il nous explique que tout le monde traduit très bien ce que signifie quartier sensible, jeunes délinquants etc...
Rassurez vous, Ménard ne fait en aucun l'apologie des thèses du FN. Non, il tire à boulet rouge sur cette censure sournoise, ce verrou mental que l'on a installé dans l'esprit des gens.
Verrou mental qui selon moi est en train doucement de sauter.

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Dis papa, c'était quoi la liberté d'expression ?

8 étoiles

Critique de Gnome (Paris, Inscrit le 4 décembre 2010, 53 ans) - 27 avril 2011

Quand un type qui a créé, puis dirigé Reporters Sans Frontières pendant 23 ans (avec le zèle et l’implication que l’on sait) prend la peine d’écrire pour alerter ses concitoyens d’un problème de liberté d’expression, je crois que cela mérite un minimum d’attention. Ca tombe bien, ce livre ne vous en demandera pas plus : 33 pages pour aller à l’essentiel, 33 pages pour dresser le constat d’une démission française : celle, pour les journalistes, de pouvoir penser autrement que ce qu’il est désormais courant d’appeler la bien pensance. Un état de fait qui s'étend par capillarité à toutes les strates de notre société et témoigne d’un véritable formatage des pensées à l’échelon national, voire européen.

« En France, expliquer qu’on peut défendre le droit de quelqu’un à s’exprimer sans aucunement partager ses opinions est peine perdue. On ne vous croira pas : pour l’inquisiteur préposé à votre cas, il y aura toujours anguille sous roche, vice caché. Car bien sûr, vous avancez masqué. » Cette phrase pose, selon moi, l’objet de ce petit livre. L’auteur explique comme il est difficile pour un journaliste, quel que soit son média, d’aller à l’encontre dune certaine façon de trier et de commenter l’information. Les rédactions sont sclérosées par une sorte de dictature érigée par le gauchisme médiatique ambiant couplé à des associations qui ont droit de vie ou de mort sur la parole exprimée. Cette réduction de la pensée atteint son apogée dans un exemple très symptomatique dénoncé par Ménard : quand des étudiants journalistes pilotés par le SNJ-CGT (syndicat) manifestent pour interdire l’accès à Marine le Pen (invitée à répondre à leurs questions) de l’Ecole de journalisme de la rue du Louvre, on touche vraiment à la bêtise la plus crasse... Je serais étudiant en journalisme, il me semble que mon grand pied serait de pouvoir me confronter « en vrai » aux idées que je pense être erronées ! Mais non… nos futurs faiseurs d’opinion nous donnent la preuve qu’il est beaucoup plus facile (et surtout idiot) de censurer plutôt que d’affronter un interlocuteur qui est en plus, selon eux, adepte des grosses ficelles si facile à démonter… Cela nous prépare une belle génération de journalistes, remplie de courage et d’indépendance… Pas étonnant que les français leur fasse de moins en moins confiance ! Il faut dire qu’avec des Drucker et des Ruquier qui refusent d’inviter Marine Le Pen dans leurs émissions dites de « Service Public », ils sont à bonne école dans le registre du formatage !

A ce sujet, Ménard déplore le fait que certains dérapages de personnalités de gauche seront toujours pardonnés, minorés ou éludés par la doxa médiatique. Exemple : Mélenchon peut cracher sa haine des journalistes en les insultant ouvertement, il continuera d'être reçu par les médias qui en redemandent. Imaginons une seconde les mêmes propos de Mélenchon dans la bouche d’une… autre. Nos journalistes formatés auraient vite fait d’oublier la truculente et si compréhensible gouaille mélenchonesque pour dénoncer illico-presto le retour des « pires heures de notre histoire™. » Deux poids, deux mesures (et je vous passe une pelleté d’autres exemples).

Les plus clairvoyants l’auront compris : ce livre ne fait pas l’apologie du FN et de ses dirigeants. Il est simplement une sorte de signal d’alarme qui nous indique que la pensée unique qui est à l’œuvre dans les médias depuis quelques années en France, fut-elle bien pensante, est probablement le meilleur moyen de faire le lit de l’extrémisme de droite. Ces quelques pages sont un plaidoyer pour la liberté d’expression de toutes les idées et de tous les partis, afin que les citoyens, qui ne sont pas débiles, puissent se faire eux-mêmes une opinion. En quelques sortes, l'omerta et le consensus qui règnent dans les médias laissent à penser que nous ne sommes plus si loin de certaines dictatures (qui bloquent les informations jugées dérangeantes) si violemment dénoncées par nos journalistes pères la vertu !

Vous vous demanderez peut-être pourquoi je ne donne que 4 étoiles à ce bouquin ? Tout d’abord - et bien qu’il s’agisse d’un pamphlet (« texte à la fois court et virulent qui remet en cause l'ordre établi ») - j’aurai aimé que Ménard s’appuie sur son expérience et sa connaissance des médias dans le monde pour enfoncer le clou sur la partialité de la pensée unique ambiante française (peut-être le fera t’il dans un ouvrage plus volumineux). Ensuite, je ne fais pas partie de ceux qu’un tel pamphlet fera réfléchir… tout ce qui y est écrit n’est qu’évidence pour moi ! Enfin, tout simplement, parce qu’après Hessel et son « Indignez-vous » (3 euros pour 16 pages de l’auteur), je trouve agaçant de débourser 4,5 euros pour lire l’équivalent d’un gros article, fut-il à mes yeux (celui-ci) utile et salutaire.

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  Pourquoi "Vive Le Pen !" ? 161 Oburoni 28 avril 2011 @ 10:09

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