Les dossiers noirs du Vatican de Paul L. Williams

Les dossiers noirs du Vatican de Paul L. Williams
(The exposed Vatican : money, murder, and the Mafia)

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Spiderman, le 2 novembre 2010 (Inscrit le 14 juin 2008, 61 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (22 897ème position).
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Golden goupillons

Enfin ! Un spécialiste des religions et du terrorisme s'est penché sur l'un des Etats les plus mystérieux au monde, le Vatican. Avec méthode, en citant ses sources et en publiant deux des textes les plus importants, il éclaire les rouages politico-financiers de ce minuscule pays dont le dirigeant a des succursales sonnantes dans le monde entier. Sonnantes et trébuchantes sont les affaires très discrètes de la banque du Vatican, sur laquelle on parvient à saisir des bribes d'informations.
Côté politique, Paul Williams présente et analyse les orientations des pontifes de Pie XI à Jean-Paul II. Soutien aux régimes génocidaires (Allemagne, Croatie), placements moralement douteux, liens avérés avec la mafia, silence organisé autour des cas de pédophilie : l'enquête est sérieuse et accablante.
A lire quelles que soient ses convictions religieuses.

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Les éditions

  • Les dossiers noirs du Vatican [Texte imprimé], l'argent, le crime et la mafia dans l'Église catholique Paul Williams traduit de l'anglais (USA) par Véronique Dassas et Colette St-Hilaire
    de Williams, Paul L. Dassas, Véronique (Traducteur) St-Hilaire, Colette (Traducteur)
    H&O éditions / Autre chose à penser
    ISBN : 9782845472136 ; 19,00 € ; 20/05/2010 ; 302 p. ; Broché
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Rendez à César…

8 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 66 ans) - 13 février 2024

Alors que tous les premiers évêques de Rome étaient morts en martyrs, le 32e, Miltiade se retrouve convoqué un jour par l’empereur Constantin. Alors qu’il s’attend à subir le même sort, le voilà au contraire reçu avec tous les honneurs. Pour remplacer ses guenilles, on le revêt de riches atours. On lui offre une première belle demeure puis une seconde. Il est même question de construire une basilique sur l’emplacement de la tombe de Simon Pierre. En effet, Constantin vient subitement de se convertir suite à un miracle sur le champ de bataille. Il veut faire du christianisme la nouvelle religion d’Etat, voilà pourquoi il comble d’honneurs ce pauvre Miltiade qui de « père » des chrétiens (« papa ») devient ainsi « Pontifex Maximus » (« Grand Pontife »), c’est-à-dire « Pape » avec toutes les nouvelles prérogatives et les nouveaux honneurs y afférant… Quelques siècles plus tard, au Moyen-Âge, le Vatican a accumulé une fortune considérable. Rien qu’en Sicile et en Calabre, ses revenus annuels s’élèvent à 35 000 florins d’or. La papauté possède ainsi d’immenses propriétés et même des villes qui doivent lui verser l’impôt. Mais en 1929, l’Église est complètement ruinée. Les révolutions sont passées par là (Garibaldi en Italie), plus de terres, plus d’impôts. Les caisses sont vides. Le Palais du Latran tombe en ruines, les toitures prennent l’eau, des rats courent un peu partout. Pie XI, alors âgé de 71 ans, en est réduit à signer un Concordat avec Mussolini, sorte de nouveau pacte avec le diable. En compensation des pertes de territoires, il obtient une somme de 90 millions de dollars en espèces et en bons du Trésor ainsi que le versement du salaire des prêtres. Il en signera ensuite un second tout aussi avantageux avec Hitler…
« Les dossiers noirs du Vatican » sont une enquête historique et journalistique très sérieuse sur les aspects cachés et les compromissions du Vatican depuis Miltiade jusqu’à Jean-Paul II. Depuis l’instauration d’une religion d’État, donc une alliance permanente avec le pouvoir quel qu’il soit (« le sabre et le goupillon »), jusqu’à des dérives de plus en plus inquiétantes. Le soutien des États devenant défaillant au sortir de la seconde guerre mondiale, le Vatican dut se reconvertir dans les « affaires » pas forcément très « catholiques » (Banque du Vatican), confier ses intérêts à des personnages de plus en plus douteux et finalement tomber entre les mains de la Mafia. Un seul exemple à titre d’illustration : la Banque du Vatican déclare un déficit de 78 millions de dollars alors que ses avoirs seraient de plus de 10 milliards de dollars (selon certaines estimations). Le livre décortique bien toutes sortes d’affaires peu ragoûtantes comme celles de Licio Gelli, de la loge P2, de la banque Ambrosiano, mais également de la mort très suspecte de Jean-Paul Ier qui fut sans doute empoisonné alors qu’il voulait mettre fin avec la collaboration mafieuse, sans oublier tous les scandales de prêtres ou de prélats pédophiles. L’enquête s’arrête au pontificat de Jean-Paul II dont l’image de « saint » en est un brin écornée (affaire Marcinkus). Et la situation est loin de s’être amendée depuis ! L’auteur ne présente que des faits avérés. Le lecteur pourra même lire en annexes les textes complets des deux Concordats. Aussi intéressant que désolant.

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