Peines perdues de Matz (Scénario), Jean-Christophe Chauzy (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Adultes

Critiqué par Dirlandaise, le 3 octobre 2009 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 66 ans)
La note : 9 étoiles
Visites : 3 302 

Si l'enfer existe...

Cet album regroupe en fait cinq histoires distinctes, cinq histoires mettant chacune en vedette des noirs et des blancs évoluant dans un univers glauque de bars enfumés, de maisons de passe sordides, de quartiers mal famés et dangereux, de mafia, de petite ville raciste dont le passe-temps favori est le lynchage de membres de sa communauté noire. Nous sommes bien entendu aux Etats-Unis, à Chicago et aux environs. Bien qu’aucune indication ne nous soit donnée, je situerais ces histoires dans les années quarante ou cinquante d’après la mentalité et les modèles d’automobiles.

Comme dans tout recueil, j’ai trouvé certaines histoires bonnes mais sans plus et d’autres absolument terribles. Je pense en particulier à celle intitulée « Chacun son heure » dans laquelle un pianiste de bar rêve de s’envoler vers Cuba, d’échapper à son univers sordide afin de continuer à exercer son métier dans un pays où il fait chaud, où les plages sont belles et où les jolies filles abondent. J’ai trouvé touchant le passage où lui et un ami se procurent des lunettes de soleil en prévision du voyage et ils sont aussitôt transportés en imagination dans le pays de leurs rêves. Mais la réalité finit toujours par avoir le dernier mot n’est-ce pas ?

Une autre histoire vraiment terrible est celle intitulée « « Si l’enfer existe ». On y assiste au lynchage d’un noir et de celui qui l’a aidé. Bien que les personnages soient fortement caricaturés, le racisme et la bêtise humaine y sont remarquablement bien dépeints en particulier à la fin.

Certaines histoires, bien que bonnes, présentent un intérêt moindre. Pour les dessins de Jean-Christophe Chauzy, au début je les trouvais d’une laideur repoussante, d’une incroyable grossièreté autant pour les personnages que pour les couleurs et l’environnement mais une fois l’album terminé, je crois que tout cela est voulu et sert à merveille le propos et les thèmes. Cela fait partie d’un tout qui a pour but de faire réfléchir le lecteur sur une époque peu reluisante de l’histoire des Etats-Unis alors que le racisme, le gangstérisme et la corruption régnaient en maîtres. Oui je recommande cet album pour son contenu social et son univers cauchemardesque.

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