Elisabeth de Belgique : Une reine hors du commun de Evrard Raskin

Elisabeth de Belgique : Une reine hors du commun de Evrard Raskin

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire

Critiqué par VLEROY, le 7 novembre 2006 (Inscrit le 9 janvier 2006, 44 ans)
La note : 10 étoiles
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La troisième reine des Belges

Née en 1876 au château de Possenhofen, Elisabeth est la fille du duc Charles-Théodore en Bavière, ophtalmologue de renom, et de l'infante Marie-José du Portugal. Elle effectue ses études au pensionnat Saint-Joseph à Zandberg, parle l'allemand, le français et l'anglais, et apprend le piano et le violon.
Lors des funérailles de sa tante la duchesse d'Alençon en 1897, Elisabeth rencontre le prince Albert de Belgique, neveu et héritier du roi Léopold II. Le mariage a lieu en 1900 en Bavière. Malgré la naissance de ses trois enfants (Léopold, Charles et Marie-José), la princesse Elisabeth s'ennuie en Belgique dans les premières années de son mariage, supporte mal le climat pluvieux du pays et a des relations très froides avec ses beaux-parents. Elle connaît de nombreux problèmes de santé et fait de fréquents voyages à l'étranger, ce qui alimente les rumeurs de mésentente au sein du couple princier.
En 1909, Léopold II décède. La veille de sa prestation de serment, Albert Ier a des doutes sur ses capacités et ne veut pas monter sur le trône. Son épouse usera de tout son pouvoir d'influence pour le faire changer d'avis. Elisabeth est très fière d'être la troisième reine des Belges et son nouveau statut lui fait aimer la Belgique.
Durant la première guerre mondiale, Albert et Elisabeth choisissent de rester auprès de l'armée belge derrière les tranchées de l'Yser, ce qui les fait entrer dans la légende (le "Roi Chevalier" et la "Reine Infirmière"). Leurs enfants poursuivent leurs études en Grande-Bretagne et en Italie. La reine Elisabeth apporte régulièrement son soutien aux soldats et blessés et fonde l'Orchestre symphonique de l'armée de campagne mais, contrairement à ce que prétend la littérature hagiographique de l'époque, elle ne travaillait pas tous les jours comme infirmière à l'hôpital L'Océan de La Panne. La Reine joue également un rôle politique : sous prétexte d'aller voir ses enfants, elle transmet des messages confidentiels de son époux aux autorités britanniques.
Après la guerre, la Reine multiplie seule ou avec son mari les voyages officiels et privés à travers le monde. Passionnée par l'Egypte ancienne, elle assiste en 1922 à l'ouverture du tombeau de Toutankhamon et soutient la création de la Fondation Egyptologique Reine Elisabeth qui existe encore de nos jours. Elle est aussi à l'origine de la Fondation Médicale Reine Elisabeth et du Fonds Reine Elisabeth pour l'Assistance médicale aux indigènes du Congo belge. Son intérêt pour la médecine lui vaut de se voir attribuer le titre de docteur honoris causa de plusieurs universités et de membre d'honneur de l'Académie Royale de Médecine de Belgique. La Reine convainc les responsables politiques de construire le palais des Beaux-Arts de Bruxelles dû à l'architecte Victor Horta.
Le roi Albert Ier fait une chute mortelle lors d'un après-midi d'escalade en 1934. Elisabeth n'est plus la Première Dame de Belgique et se retire au profit de sa belle-fille. Suite au décès de la reine Astrid en 1935, elle revient à l'avant-plan et reprend toutes ses activités. Elle consacre également plus de temps à ses petits-enfants orphelins qu'elle n'en a accordé à ses propres enfants. A la fin des années 30, elle soutient la création de l'Orchestre National de Belgique, du Concours Musical International Eugène Ysaye (rebaptisé plus tard du prénom de la souveraine) et de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.
Durant la deuxième guerre mondiale, Elisabeth reste au château de Laeken. Elle est surveillée par l'armée allemande mais peut circuler librement en Belgique et à l'étranger. On a souvent écrit que la Reine avait sauvé des prisonniers politiques et des juifs de la déportation, mais les différentes sources consultées par l'auteur se contredisent et ne permettent pas d'affirmer avec certitude que ses protestations atteignaient leur but.
Lors de la Question Royale (1944-1950), elle soutient son fils aîné Léopold III, mais pas publiquement pour ne pas gêner l'action de son fils cadet le prince Charles, régent du royaume, avec qui les relations sont difficiles. En 1951, Elisabeth s'installe au château du Stuyvenbergh jusqu'à sa mort.
Au cours de sa vie, la Reine a été l'amie de nombreux artistes, scientifiques ou écrivains : Jean Cocteau, Yehudi Menuhin, Albert Einstein, Pablo Casals, Albert Schweitzer, Colette, Emile Verhaeren, Eugène Ysaye, etc.
Ayant toujours eu de la sympathie pour les régimes de gauche, elle entreprend à la fin de sa vie des voyages officiels dans des pays communistes, ce qui lui vaut le surnom de "reine rouge" et la colère du gouvernement belge.
Elisabeth décède d'une crise cardiaque en 1965 à l'âge de 89 ans.

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