En lisant ce roman (mon premier roman d'un auteur brésilien, et même lusitanophone, pour l'anecdote inutile), je me suis immédiatement trouvé emporté dans l'ambiance, assez incomparable, difficile à décrire, typiquement sud-américaine (normal, en même temps). Mais j'ai quand même eu énormément de mal à encaisser le personnage principal, Antonio Balduino, alias Baldo. Je ne sais pas si Jorge Amado voulait faire de lui un personnage aussi antipathique, mais c'est réussi. Certes, il s'amende à la fin, et devient un héros (des classes populaires), mais pendant les, allez, 90% du roman (un roman que j'ai lu d'une traite ou presque, en une journée), ce n'est qu'un mauvais garçon qui prend et jette les filles comme si c'étaient des kleenex, qui se moque ouvertement de tout le monde, n'obéit qu'à sa loi (qui n'est pas une loi d'une grande moralité), souffre d'une profonde prétention... dès l'enfance (le passage des poupées cassées de la petite Jeanne est du genre à briser le coeur) c'est un vrai petit salopard. Alors après, il finit le livre en héros, mais on a l'impression que c'est presque sans le vouloir, limite l'auteur s'en excuserait.
Ce personnage principal vraiment peu sympathique m'empêche de donner plus à ce livre ; mais 4, c'est déjà bien. L'écriture est sobre mais superbe, on ne s'ennuie pas, certains passages, comme ceux du cirque, de la grève, du "loup-garou", des combats de boxe, sont remarquables. Un des meilleurs romans sud-américains avec "Cent ans de solitude" de Garcia Marquez, sans aucun doute. Après, je ne suis pas très connaisseur en littérature sud-américaine (je ne connais que des recueils de nouvelles de Borges et Cortazar, plus un livre de Bioy Casares, celui de Garcia Marquez que je viens de citer, et ce roman d'Amado), je fais donc confiance à Folio pour ça.
Je n'ai pas regretté ma lecture, en tout cas.
Bookivore - MENUCOURT - 42 ans - 8 juillet 2021 |