Pas grand-chose à ajouter à la belle critique de Fée. J'ai été frappée par la force et la justesse avec lesquelles l'auteur arrive à faire passer ces notions de déracinement et de pertes de repères. On a, par moments, l'impression de ressentir personnellement tout cela.
Un entretien accordé par David Albahari au Nouvel Observateur indique que "Je me suis installé au Canada en 1994. "L'Homme de neige" est le premier livre que j'ai écrit sur place, à partir des sentiments que j'avais moi-même ressentis en quittant mon pays. Je me souviens que personne, au Canada, n'arrivait à imaginer d'où je venais vraiment, ni quel sentiment d'exil et de perte je pouvais éprouver. Je me sentais en paix, ce qui était doux, agréable, mais je sentais aussi que la guerre m'appelait. (...) Lorsque des Canadiens m'en parlaient, c'est comme s'ils débattaient devant moi de ma vie privée. Ils croyaient tout comprendre, mais je continue de penser qu'ils n'y comprenaient rien."
Sahkti - Genève - 50 ans - 15 août 2006 |