Le chouan du Tyrol : Andreas Hofer contre Napoléon
de Jean Sévillia

critiqué par CC.RIDER, le 17 janvier 2026
( - 67 ans)


La note:  étoiles
Un montagnard se dresse contre Napoléon
En 1809, après plusieurs défaites militaires, le Tyrol a été détaché de l'Autriche et placé sous la coupe de la Bavière alors alliée de Napoléon. Il se retrouve écrasé d'impôts, avec toutes ses anciennes institutions anéanties, son clergé persécuté (fermeture des couvents et des monastères, saisie des biens de l'Eglise catholique, prêtres exilés ou jureurs) et mise en place de la conscription obligatoire inconnue jusque là. Depuis fort longtemps, sous l'égide des Habsbourg, le peuple pouvait disposer d'armes pour se défendre, il avait aussi le droit de se constituer en milices paysannes chargées de défendre le territoire mais sans jamais devoir se retrouver engagé à l'étranger. Tout est donc réuni pour une insurrection de type vendéen. Un homme prend la tête du mouvement, un simple aubergiste, Andréas Hofer qui réussit à rassembler suffisamment d'hommes armés pour faire subir plusieurs revers aux soldats bavarois et français chargés de la répression. Hofer se retrouve un temps régent du Tyrol. Il siège même au palais d'Innsbrück et tente d'organiser le pays. Mais Napoléon qui ne supporte pas qu'une poignée de montagnards en culotte de peau résiste aussi vaillamment et le tienne aussi longtemps en échec va mettre les moyens pour écraser dans le sang cette révolte paysanne…
« Le chouan du Tyrol » est un essai historique très intéressant autour de la personnalité d'un héros de l'indépendance du peuple autrichien. Sévillia consacre plus du tiers de son ouvrage à analyser la situation militaire et politique du moment. Il montre ensuite les causes de l'affrontement qui sont les mêmes que celles qui ensanglantèrent la Vendée, la Bretagne, l'Anjou et certains territoires du Midi pendant la Terreur. Il précise que dans le cas français, il s'agissait plus de guerre civile, des Français se battant entre eux, alors que dans le cas du Tyrol, les Franco-Bavarois étaient des envahisseurs et des usurpateurs pour les habitants du Tyrol. Malheureusement pour Hofer, simple montagnard franc et honnête, il finit par se retrouver victime de la double trahison des Habsbourg qui signèrent la paix et l'abandonnèrent à son triste sort alors qu'ils auraient pu lui sauver la mise. Eternelle ingratitude des puissants vis à vis des petites gens… Ouvrage à lire pour découvrir ce pan peu connu et finalement peu reluisant de l'épopée napoléonienne qui se fit dans le sang et la souffrance, et dans le mépris total du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes…