Le jardin aux lucioles
de Philippe Fiévet

critiqué par Débézed, le 5 janvier 2026
(Besançon - 78 ans)


La note:  étoiles
La passion du jardin
Après avoir raconté sa passion pour les arbres dans un précédent roman, « Le temps des arbres », avec ce nouveau texte, Philippe Fiévet ajoute une suite à celui-ci. Une suite qui commence par le décès du jardinier qui chute dans le jardin qu’il entretient avec passion soin et extrême attention. Après le décès de sa mère dont il a mélangé les cendres avec l’humus de son jardin, il a fait part à ses enfants, Alexis, Anaïs et Julien, de son souhait que ses propres cendres soient elles aussi dispersées au même endroit. De l’autre monde où il réside désormais, il raconte son jardin, toute la passion et l’énergie qu’il a dépensées pour le faire vivre, prospérer et émerveiller tout ceux qui fréquentaient son logis ou ses dépendances.

Il raconte surtout les arbres, leur vie, les plantations, les déboires, les réussites, les catastrophes météorologiques et tout ce qu’il restera de ce jardin après sa mort. Dans ce texte on comprend, que le jardinier préfère les arbres mais qu’il aime bien aussi les arbustes décoratifs comme les rosiers et les rhododendrons mais également toutes les fleurs exceptées certaines qu’ils détestent particulièrement. Il apprécie surtout les fleurs flamboyantes et chatoyantes dont il aime les couleurs rouges ou jaunes. C’est un véritable cours de botanique qu’il propose ainsi qu’une belle leçon d’écologie. Il explique comment vivent les plantes, comment il faut les soigner, les nourrir, les protéger et finalement vivre avec elles en les admirant et les respectant.

Mais ce jardin est aussi habité par ses enfants et des animaux domestiques et sauvages qui ne partagent pas tous, hélas, sa passion pour l’horticulture. Les enfants sont peu intéressés par le jardin, ils préfèrent les jeux vidéo, le rap et tout ce que les nouvelles technologies leur apportent. Une difficile cohabitation familiale s’installe perturbée par le désordre perpétuel régnant dans les chambres des enfants et dans la remise du père. Le décès prématuré de la mère, l’arrivée des petites amies, les visites de Jacques, le voisin et ami, et de son assistant animent le jardin et attisent la passion du jardinier. La vente de la maison à une nouvelle famille qui explose et la quitte après le décès prématuré de l’épouse, la laissant à l’abandon faute d’un nouvel acquéreur. La friche abandonnée à la nature semble celer le sort du jardin jusqu’à ce qu’un héritier en devienne un possible sauveur.

Une famille où l’on se chamaillait souvent mais dont les membres s’aimaient profondément malgré leurs divergences de goûts et d’opinions. Une famille qui a fini par adopter ce jardin comme leur terre d’asile, leur point de rendez-vous, leur lieu de ressourcement et, peut-être, une partie de leur raison de vivre. Ce livre est une ode à la nature cultivée, entretenue, aimée pour tout ce qu’elle fournit : santé, calme, confort, et même passion à ceux qui prennent le temps de s’intéresser à la botanique et de cultiver les plantes horticoles avec passion et respect.

Un jardin qui semble avoir été aux couleurs de la couverture du livre, un camaïeux de rouge et de jaune, flamboyant et chatoyant comme l’auteur a voulu nous le décrire.