L'Adieu à Venise de Thierry Brunello

L'Adieu à Venise de Thierry Brunello

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Mimi62, le 31 décembre 2025 (Plaisance-du-Touch (31), Inscrit le 20 décembre 2013, 72 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 259 

L'apaisement en retrouvant son passé

Après une enfance pauvre mais pas malheureuse, Angelo est un jeune adulte dans l'Italie devenant fasciste. Cette période verra devenir son frère membre fasciste et Angelo ne pourra pas tenter de vivre l'amour qu'il porte à un policier qui ne le repousse pas.
Angelo fuit aux Etats-Unis où il devient cinéaste. Lorsqu'il réalise un film sur sa période de sa vie précédant son départ, il ne s'attend pas que cela le conduira à revenir à Venise et qu'il lui faudra affronter ce qu'il a toujours rejeté depuis des années.

Dans un premier élan, je dirais que je suis mitigé sur cet ouvrage.
A la réflexion, concrètement, j'ai beaucoup aimé ce livre. Pourquoi cette dualité ?

Les personnages évoluent au fil du récit dans leur évolution personnelle et dans leurs relations avec les autres.
La douleur du héros principal, Angelo, se dévoile petit à petit, sa personnalité se construit au fil des pages. On comprend ce qui est à l'origine de cette situation, on comprend l'appréhension d'Angelo de se rendre à Venise quelques dizaines d'années après son départ.

En dehors du factuel, sont évoqués l'importance du vécu de l'enfance, la façon de gérer ses drames personnels, la façon d'affronter ceux-ci, les ruptures affectives et familiales , ce qui est considéré comme une marginalité, la tolérance. sans oublier l'incidence des mouvements d'opinion amenant des changements profonds dans la vie quotidienne)

L'écriture, à l'image de ce que revendique Ken Follett, s'est fait totalement oublier, me laissant pouvoir m'immerger totalement dans le récit.

Il n'en reste pas moins que, malgré tous ces éléments qui m'ont accroché, j'ai refermé le livre avec un sentiment qu'il m'a fallu quelques temps pour identifier : de l'agacement.
Celui-ci provient du fait que les flash back sont nombreux, ce qui est tout à fait légitime et sans lesquels ce récit ne serait pas aussi intéressant.
La raison en est toute simple : l'auteur ne donne aucun signe de changement d'époque, de point de vue. Changement de paragraphe et brutalement on se retrouve des dizaines d'années en arrière ce qui est perturbant car pendant quelques lignes le fil du récit est totalement perdu, obligeant à revenir en arrière pour reprendre le récit en le calant au bon moment. Il aurait pourtant suffit d'un simple signe graphique (un trait, un changement de police ou autre) pour permettre de continuer la fluidité du récit.

Cela pourrait paraître un détail mais il gâche en partie ce roman qui pour le reste est intéressant, riche.
A l'opposé de ce que plusieurs lecteurs ont ressenti, pour ma part, Venise n'est absolument pas le sujet principal du roman, c'est un décor et cela s'arrête là.
Le lieu n'est vraiment qu'anecdotique. Cela aurait pu se passer n'importe où ailleurs où le personnage principal aurait eu à revenir, où l'histoire aurait frappé.
Pour moi le sujet du roman c'est Angelo et, en second, Luca, un policier avec qui ils auraient pu envisager un amour commun, et le frère d'Angelo.

Je conseillerai ce livre.
Si vous lisez cette critique, lisez le... en sachant qu'il vous faut changer d'époque sans indication.

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