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La Chine m'inquiète
de Jean-Louis Curtis
critiqué par Radetsky, le 26 mars 2025
( - 81 ans)
La note:
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Pastiche 68 |
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Les moins jeunes d'entre nous se souviennent des "évènements" de mai et juin 1968, qu'ils aient vécu à Paris ou ailleurs, sinon ils en ont entendu parler.
On a glosé ad nauseam sur cet épisode de la vie publique française par presse et livres interposés, pas toujours avec talent.
Jean-Louis Curtis, dont je laisse à chacun le soin de trouver la biographie, nous en offre une version inattendue sous la forme d'une succession de pastiches qu'il attribue tour à tour à un écrivain français vivant ou disparu. Ce faisant notre auteur reproduit les styles, le vocabulaire, les tics d'écriture propres à chacun.
En forçant un peu sur les effets du procédé, Curtis offre une galerie hilarante de portraits littéraires ainsi mis en relief et éclairés. Avec bonheur.
Sont ainsi passés en revue Charles de Gaulle, Proust, Céline, Bernanos, Léautaud, Valéry, Claudel, Giraudoux, Giono, Breton, Chardonne, Malraux, Green, Aragon, Beauvoir, Sarraute.
Chaque chronique est précédée d'un titre représentatif de l'auteur supposé du pastiche.
A titre d'exemple, le premier à se manifester (à tout seigneur tout honneur), est le général de Gaulle écrivant l'imaginaire prélude à un tout aussi imaginaire tome 5 de ses Mémoires.
Pour ceux qui ont entendu parler ou lu le Général, sa (re)lecture paraît ici familière, tout y est : la scansion du discours, l'emphase, le côté solennel et prophétique, le ton de la tragédie !
On renouvelle l'expérience pour chaque auteur proposé, c'est à chaque fois bien vu, bien rendu. |
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