Patria
de Olenka Carrasco

critiqué par JPGP, le 14 août 2023
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Oleñka Carrasco : deuils
Du père à la patrie, Oleñka Carrasco livre le récit poignant d’une double disparition oùl’histoire intime devient universelle et politique. Elle a appris la mort de son père, à 7286 kilomètres de distance,En effet la photographe vénézuélienne a quitté son pays pour la France en 2003, à l’âge de 23 ans, n’y est pas retournée depuis 2015. Cette même année, Nicolas Maduro autorise l’utilisation d’armes à feu dans la répression des manifestations dans un pays grevé par une crise politique et économique interminable.

Dans son livre, Oleñka Carrasco crée le récit bouleversant du deuil d’un être cher avec la mort de son pays. D'où cette double démarche qui mêlent pensées personnelles, archives historiques et intime, captures d’écran…

Elle nous plonge dans sa traversée d’un deuil vécu dans la solitude en tentant d'illuster la question "comment photographier l’absence ? comment photographier le vide ? comment photographier la distance ?". La photographe suit l’enterrement à travers la caméra d’un téléphone et les images laissent percevoir voir la situation du pays, où des cimetières sont improvisés pour accueillir tant de morts.

Les questions d’identité et d’appartenance à un pays et le deuil sont racontées. Et son pays n’est plus le sien, elle fait partie des près des 6 millions de Vénézuéliens qui vivent en exil. Quant à son père il devait marcher trois kilomètres pour atteindre le dispensaire pour acheter un inhalateur pour de traiter son asthme.

Jean-Paul Gavard-Perret