Crâne chaud
de Nathalie Quintane

critiqué par JPGP, le 21 mai 2023
( - 77 ans)


La note:  étoiles
Fort-dadirladada : Nathalie Quintane
"Crâne chaud" brouille les cartes de la représentation entre pornographie de l’érotisme, bref ce qui serait le bien et le mal, le bon et le mauvais. Le désir ignore ces frontières. Le livre dans sa "fantaisie réaliste critique", fait de Nathalie Quintane une irrégulière de la langue qu'elle manie avec intelligence et drôlerie pour transformer le langage "classique" de la sexualité.

Les mots de l'auteur ne craignent rien sur le sujet et les postures et figures qu'il induit. Tout en prenant le large par rapport au champs habituel de l'éros. Et ce en certaines dérivations farcesques - mais pas que. Et ce pour revisiter par exemple et à sa main Gertrud Stein et sa poétique du chou-fleur selon une sorte de mise en abîme. Il en va de même avec l'expression "crâne chaud" que l'auteure triture en la faisant déraper ex-abrupto dans sa répétition comme lorsque elle se prononce au moment où le corps se réfléchi' par un miroir de salle de bains. Il se peut alors que l'excitation dans l'emballement des mots glisse du cerveau au sexe (et retour).

Si bien qu'ici tout devient audace et transgression mais en une bel innocence où le bouc devient chèvre à son corps défendant. Cela vaut bien plus qu'une messe là où bien des expressions physiques tordent le cou à une certaine sagesse plus ou moins politique. Car le sexe mène à tout : il suffit qu'on s'en serve et que l'on soit prêt à tout. A savoir les lésions dangereuses qui font la nique aux républiques des savoir. C'est là fort-dada comme aurait pu dire Lacan qui nous aura appris, avant Quintane, ce que parler veut dire.

Jean-Paul Gavard-Perret