Quand la parole détruit
de Monique Atlan, Roger-Pol Droit

critiqué par Colen8, le 20 mai 2023
( - 83 ans)


La note:  étoiles
La parole, un bien à cultiver
Phénomène connu de tous, la parole mauvaise a trouvé avec l’internet un espace pour se répandre sans frein. Des foules d’anonymes haineux renforcés par des algorithmes biaisés pourrissent la toile sans limites. Peu leur importe d’humilier, de mentir, de diffamer, de briser des réputations, de relayer les propos nauséabonds. Les plates-formes surpuissantes, intouchables tant qu’elles œuvrent hors frontières revendiquent la liberté d’expression comme leur priorité.
Loin d’élever la pensée la parole véhiculée par les réseaux sociaux en sort appauvrie. Le rétrécissement des modes d’expression, le manque de vocabulaire, les velléités de dialogue étouffées, tout ce qui prend le pas sur les échanges entre gens de bonne foi conduit à ces flambées de violence envahissantes. Quand les agents conversationnels et chabots s’approprient à leur tour la parole et entretiennent une discussion sensée que reste-t-il à ce qui a fait le propre de l’esprit humain ?
Les législateurs, à la traîne de la technologie, en sont encore à douter qu’il soit besoin de réguler les échanges tandis que les modérateurs du numérique dont c’est la fonction brillent par leur retard quand ça leur est imposé. Comment faire sans légiférer, sans aggraver la censure, sans multiplier les interdits, comment œuvrer pour conserver un champ ouvert à la créativité illimitée de la parole ? Cultiver ce bien précieux, ce peut être par l’appel à l’éthique et à la responsabilité.
Voir à ce sujet la création du CNPEN en 2021(Comité National Pilote d’Ethique du Numérique) : https://www.ccne-ethique.fr/fr/cnpen