Locataire
de Pascal Feyaerts

critiqué par Kinbote, le 20 novembre 2022
(Jumet - 64 ans)


La note:  étoiles
Le chercheur de lumière
LOCATAIRE de Pascal FEYAERTS, avec quatre illustrations de Derry TURLA et préfacé par Philippe LEUCKX, est déjà son sixième recueil paru aux Editions LE COUDRIER depuis L’AMOUR EN LETTRE CAPITALE en 2012.

Il est constitué d’une trentaine de poèmes questionnant notre présence au monde, ce qui limite et fait se dépasser, ce qui habite l’Être. Il célèbre subtilement les noces fugitives du jour et de la nuit, du taire et du dire, de la mouche et de l’araignée.

Feyaerts se pose en chercheur de lumière, en attente du rêve d’une fleur aurorale (« Fleurir / Est le seul Présent / Acceptable »), d’un visage accueillant, où loger la nuit immortelle « pour passer l’hiver / entre deux rides », panser ses plaies et éteindre ses doutes.

Il dit l’oiseau qui vole et le corps qui s’envole vers le ciel, seule demeure assurée pour l’éternité. « Par quel étrange transport / Arriverons-nous au ciel », écrit-il, en précisant que « Les chutes véritables / Ne se produisent / Qu’à l’intérieur ».

Les confidences se devinent derrière le masque des mots.

" La pierre célibataire n’a enfanté

Qu’un silence sans montagne

D’où a jailli le verbe "

Le regard seul, porté par la lumière, ne suffit pas pour voir au-delà des apparences.

" L’aveugle le restera

S’il ne regarde pas

Au-délà de ses paumes "

Certains poèmes brefs se lisent et se relisent comme des apophtegmes philosophiques, comme des énigmes à déchiffrer, même s’il est dit que « nous pesons moins qu’une énigme ».

Si le poète avance masqué, avec son lot de paradoxes mais aussi d’images inédites formulées dans une langue poétique inventive, c’est pour provoquer le sens, faire étinceler la vérité contre les murs du néant, occuper lucidement l’espace-temps qui nous est imparti.

" Et si la poussière

Venait à battre des cils

A l’heure où

Dort la vérité ? "