Que reviennent ceux qui sont loin
de Pierre Adrian

critiqué par Alma, le 2 novembre 2022
( - - ans)


La note:  étoiles
le charme discret des vacances dans une grande maison de famille
Un joli titre empreint d'une certaine mélancolie pour un roman qui traduit le charme discret des vacances dans une grande maison de famille où chaque été, en Août, trois générations se regroupent autour d'une grand-mère.

Chacun y vient librement quelques jours ou plus longtemps ; puis repart, comme ressourcé par cette plongée en un lieu qui fédère toute le famille « le lieu des épiphanies, là ou nous avions été des enfants heureux ».
Le narrateur est un trentenaire célibataire qui revient, après quelques années d'absence, dans cette demeure du Finistère où il retrouve tous les activités rituelles qui ont marqué ses jeunes années .

Dans le groupe des enfants présents, il remarque un de ses neveux: Jean, un jeune garçon de 6 ans dans lequel il se retrouve enfant. Il s'y 'attache plus particulièrement, l'accompagne, le réconforte « il m'avait enseigné la tendresse , il avait fait de moi un oncle, un petit père lointain » . Jean « qui se doutait de quelque chose et nous ne savions rien » et qui réunira quelques mois plus tard toute la famille pour une autre cérémonie …....

Le roman, profondément ancré dans les paysages et traditions de la Bretagne s'axe autour de la date du 15 août, « moment de bascule » ponctué de festivités traditionnelles : messe, cérémonie du pardon, feu d'artifice, bal.
Avant le 15 août on arrive, on savoure le plaisir des retrouvailles. Après cette date, on compte les jours qui restent « jours en suspension », puis chacun s'en va selon ses obligations « on avait l'impression d'abandonner la scène d'un théâtre ».

Un roman sur le mode mineur, tout en pudeur, en tendresse et en émotion contenue.
Par ses petites phrases brèves, serrées, par petites touches, Pierre Adrian, à la manière impressionniste se fait ici le peintre des moments heureux et des moments suspendus.